Jacques Bichot
Jacques Bichot
Depuis sa création, la Sécurité sociale française s'est beaucoup développée. Il est plus facile d'empiler les dispositifs que de rationaliser l'organisation et la gestion d'un organisme dont le budget est supérieur à celui de l'État : c'est ce qui a été fait sans interruption, au point de rendre quasi impossible un fonctionnement efficace. La division en silos administratifs, les « régimes » et les « branches », ne correspond pas à la réalité économique. La loi est utilisée indûment comme instrument de gestion de la Sécu, ce qui prive les gestionnaires de véritable responsabilité, et politise des décisions techniques. L'attribution des droits à pension est aberrante. Le projet de réforme des retraites est une tentative louable, mais il n'a pas été au fond des choses. Une restructuration complète de notre Sécu est donc nécessaire.
L'organisation est au coeur de notre société (nationale, européenne, planétaire), comme de toutes celles qui l'ont précédée. Pour une part importante, cette organisation est monétaire et financière. En particulier, le moyen trouvé pour faire en sorte que chacun contribue à peu près autant à la production qu'à la consommation est le compte : crédité lorsque son titulaire travaille, le compte est débité quand des biens et des services lui sont attribués. Le livre de Jacques Bichot nous fait comprendre les principes et les principales techniques de cette organisation monétaire et financière de notre vie en société. Il montre que la monnaie et la finance servent à vivre nombreux ensemble. Il va à l'essentiel, exposant sans complications inutiles la fonction des opérations monétaires et financières, y compris les plus sophistiquées. En le lisant on s'aperçoit que les bases et les principes de l'organisation monétaire et financière de notre société sont finalement assez simples.
Peut-on vaincre le chômage ? Peut-on faire progresser le pouvoir d'achat ? Oui, dit Jacques Bichot, à condition d'employer « les grands moyens ». Dans la morosité ambiante, domine une idée reçue : il n'y aura plus de croissance forte, il faut rationner le travail. Jacques Bichot montre que ce pessimisme n'est pas fondé. Après la crise des années 1930, sont venues les « 30 glorieuses » 1945-1974. Après les 20 « calamiteuses » 1975-1994, une nouvelle ère de plein-emploi et de prospérité croissante est à notre portée. Comment faire ? Nous traversons une période de mutations techniques, économiques et sociales accélérées. Nos institutions et nos mentalités ont pris du retard. Le chômage en est la conséquence. Pour en sortir, il faut procéder à des réformes fondamentales : modifications des modes de rémunération, nous faisant passer à l'ère postsalariale ; reconstruction de la sécurité sociale, qui menace ruine ; formation adaptée à une société du « zéro défaut » ; simplifications juridiques et administratives. Il faut aussi, c'est vital, dynamiser nos exportations, sans quoi la croissance achopperait sur le déficit extérieur. Ce livre est dérangeant. En le lisant, on comprend pourquoi si peu d'emplois sont créés. Jacques Bichot pose les problèmes qui devraient être au coeur des choix politiques. Le débat démocratique avait besoin de cette clarification.
Le projet actuel d'un « choc de simplification » témoigne d'une prise de conscience des effets délétères de la complexité inutile engendrée par les pouvoirs publics. Le Président G. Pompidou, avait été encore plus incisif : « cessez d'emmerder les Français », aurait-il dit à ses ministres trop enclins à multiplier lois et décrets. Pourtant la complication ne cesse de croître : pour une réglementation supprimée ou allégée, deux sont créées ou renforcées ; le pouvoir semble inévitablement sécréter de la complication. Pourquoi cela ? Est-ce une fatalité ? Labyrinthe apporte des réponses à ces questions qui ont pour enjeu notre qualité de vie, notre compétitivité et notre liberté. La lecture de Labyrinthe permet de prendre connaissance d'une quantité de dérives politiques ou commerciales qui génèrent de véritables casse-têtes. Elle permet surtout de comprendre pourquoi ces dérives se produisent, et comment il serait possible de les éviter, d'entreprendre plutôt de grandes réformes simplificatrices. Labyrinthe apporte un regard neuf sur le fonctionnement de nos pouvoirs publics et le comportement d'entreprises ou de particuliers qui nous compliquent la vie. Dans le mythe grec, Thésée est sorti vainqueur du labyrinthe, symbole de la dictature appuyée sur la complication, et a doté Athènes de la première législation démocratique. À nous autres descendants de l'humanisme hellène, il n'est pas interdit de suivre la voie qu'il a tracée.
"Lourdement déficitaire, obèse, inutilement compliqué, traditionaliste, ingérable, l'État providence est à bout de souffle. La pénible agonie de ce géant qui redistribue le tiers du PIB entraîne la stagnation et le chômage ; elle empêche tout retour à l'équilibre des finances publiques. L'acharnement thérapeutique ne fait qu'amplifier le sinistre : la destruction créatrice doit faire son oeuvre. Il nous faut innover hardiment, remplacer l'État providence par de vraies assurances sociales, efficaces, compatibles avec l'économie d'échange : quand un secteur aussi important est fermé à la modernisation, les conséquences sont terribles ! Il nous faut en particulier rompre avec le mensonge qui fait des cotisations vieillesse la cause juridique de nos droits à pension, car payer la retraite de nos aînés ne prépare en rien la nôtre : celle-ci dépend des enfants que nous mettons au monde et que nous éduquons. Le jour où l'enseignement et les prestations familiales ne seront plus financés par des impôts et cotisations qui ne rapportent rien à ceux qui les paient, mais par une prime d'assurance retraite, nous cesserons de crouler sous les prélèvements obligatoires sans contrepartie. Quand l'échange social - un échange non marchand, fortement solidaire - aura remplacé la redistribution sociale, une des conditions les plus importantes pour le retour de la croissance et du plein emploi sera enfin réalisée. "
Comment sortir par le haut de la crise des dettes publiques, comment faire pour renouer avec la croissance et les créations d'emploi ? L'incompétence des dirigeants et le mensonge ont gangrené le monde des finances publiques, des banques et des marchés financiers. Animé par ses convictions d'économiste et de chrétien, l'auteur veut permettre aux citoyens de se forger leur opinion au contact d'analyses. Une réflexion dédiée à ceux qui ne veulent pas voter idiot.
Décryptez les enjeux de la réforme des retraites avec Retraites, le dictionnaire de la réforme de Jacques Bichot. Un guide clair et complet pour comprendre les débats, les solutions et les alternatives.
Les politiques sociales sont plus que jamais d'actualité dans notre pays. Mais cette question a pris naissance dès l'Ancien Régime et affirme son importance au cours du XXe siècle, qui voit l'élaboration très progressive et souvent difficile de mesures qui aboutiront à la création d'une véritable sécurité sociale, jusqu'à la crise que connaît aujourd'hui ce système. Cet ouvrage, articulé chronologiquement, présente aux étudiants une vue globale, appuyée sur une analyse précise et rigoureuse, et illustrée par de nombreuses citations, de ce que les républiques et les gouvernements successifs ont mis en place, au gré des orientations politiques et é
La retraite autrement.1930 : la IIIe République instaure un système obligatoire de retraites par capitalisation. 1941 : une loi de Vichy officialise sa transformation en un régime " par répartition " calqué sur les " chaînes d'argent " de l'escroc Charles Ponzi. La IVe République entérine l'opération et laisse se multiplier les régimes catégoriels, inadaptés aux transformations économiques et sociales. Sous la Ve République, inégalités et rigidités bureaucratiques se durcissent. Aujourd'hui, notre système de retraite doit être non seulement réformé, mais restructuré, pour devenir viable, gouvernable et respectueux des choix individuels. Économiste, disciple d'Alfred Sauvy, spécialiste de la protection sociale, et particulièrement des retraites, le professeur Jacques Bichot collabore avec l'association indépendante Sauvegarde retraites, qui milite pour l'instauration d'un système de retraite financièrement équilibré, à la fois équitable - " à contribution égale, pension égale " - et affranchi de ses complexités inutiles. Elle s'appuie sur ses 133 000 membres pour convaincre les Français comme les responsables politiques de l'urgence d'engager cette réforme structurelle du système de retraites.