Jacques Benoist-Méchin
Jacques Benoist-Méchin
Entre 1908 et 1938, la Turquie de Mustafa Kemal Atatürk se transforme radicalement : de l’Empire ottoman moribond naît une république moderne et laïque.
Intellectuel, homme politique, écrivain et historien, Jacques Benoist-Méchin (1901-1983) est l'auteur de mémoires d'une qualité littéraire et d'un intérêt historique exceptionnel.Jeune écrivain, ivre de musique, admirateur de Marcel Proust, Jacques Benoist-Méchin (1901-1983) cède au vertige de son époque. En 1936, les jeux Olympiques de Berlin marqueront le début de sa fascination pour le national-socialisme, à tel point que, cinq ans plus tard, il prendra part au gouvernement de Vichy en tant que secrétaire d'État chargé des rapports franco-allemands. Il relate ensuite sa descente aux enfers durant les années 1943-1947, au terme desquelles il sera condamné à mort par la Haute Cour de justice. Gracié et libéré en 1954, il ne cessera, dès lors, de parcourir le monde arabe, dont le premier il devina l'éveil. Benoist-Méchin est l'un de ces personnages de l'Histoire qui suscitent les controverses les plus passionnées. Mais la valeur de cette confession, d'une écriture magistrale et plus captivante que maints romans, est incontestable et capitale notamment pour comprendre le phénomène totalitaire. L'édition de ces souvenirs publiés après la mort de leur auteur est assurée par Éric Roussel, à qui l'on doit notamment des biographies de Georges Pompidou, Pierre Mendès France, Charles de Gaulle, Pierre Brossolette, François Mitterrand et Valéry Giscard d'Estaing.
Quelle trajectoire fulgurante trace la vie d'Ibn-Séoud ! Tout jeune encore, mais « n'ayant pas une pierre où poser sa tête », le fils d'Abdur-Rahman se jure d'unifier l'Arabie. Frustré de son héritage, le royaume dont il rêve n'est encore qu'une poussière de tribus qui se combattent et s'entre-déchirent pour la possession des oasis et des points d'eau. Voilà des siècles que leur carrousel meurtrier ensanglante l'Arabie centrale. Pourtant, malgré leurs querelles héréditaires et l'état d'anarchie où elles sont encore plongées, ces tribus parlent la même langue, s'enivrent des mêmes poètes, récitent les mêmes prières et adorent le même Dieu. Elles peuvent donc participer à un même avenir. Guidé par un tempérament fougueux et soutenu par une chance dans laquelle il verra le signe d'une prédilection divine, Ibn-Séoud partira à la conquête de son royaume à la tête de quarante compagnons résolus. Patiemment, impatiemment, par la force et par la ruse, faisant alterner des attaques fulgurantes avec de longues périodes d'attente, jamais il ne cessera d'élargir son domaine jusqu'au jour où il atteindra la mer Rouge et le golfe Persique. Au bout d'un demi-siècle, suzerain de la Mecque et détenteur d'un immense empire pétrolier, il aura conquis un royaume splendide, trois fois et demie plus grand que la France, surgi comme par miracle des sables du désert. Quoique étroitement insérée dans la trame du XXe siècle, cette épopée bédouine, chatoyante et haute en couleur, joint le charme d'un conte arabe à l'allure d'une chanson de geste.
C'est au destin, vraiment hors série, du premier président de la Turquie kémalienne - celui que l'on a appelé « le loup gris d'Angora » - qu'est consacré ce volume. Un portrait en pied, qui se détache sur le fond de l'un des phénomènes historiques les plus importants de notre temps : le réveil des peuples du Proche et du Moyen-Orient, vu ici sous son aspect turc. Héritier d'un empire cerné par les armées anglaise, française et russe, ramené aux dimensions d'un petit pays agricole guetté par la misère, Mustapha Kémal déclare peu avant sa prise de pouvoir: « Il faut faire plus qu'une révolution ! » La Turquie n'existe pas encore. Il faut la mettre au monde. oeuvre harassante à laquelle il se consacre jusqu'à son dernier jour et qui lui permit de léguer à ses successeurs une jeune nation, pantelante et exsangue, mais transformée de fond en comble et déjà tressaillante d'une vitalité nouvelle. Tel est le passionnant tableau d'histoire contemporaine, d'une étonnante actualité, qui vous est offert ici, sous la plume d'un l'historien consommé et d'un écrivain de grand talent. La réalité, une fois de plus, on le verra, dépasse tout ce que l'imagination peut concevoir, car l'oeuvre de Mustapha Kémal est véritablement sans précédent dans l'Histoire.
« A voyager - écrit l'auteur - il arrive que l'historien rencontre l'histoire sur sa route. C'est de deux rencontre de ce genre qu'est né le présent ouvrage. » Quelles rencontres ? D'abord, en juin 1967, la Guerre des Six Jours, qu'il a vécue au Caire, dans l'entourage de Gamal Abdel Nasser ; ensuite, en juillet 1971, la tentative de coup de force de Skirat, qu'il a traversée à proximité du roi Hassan II du Maroc, et dont il n'est sorti vivant que par miracle. Ce qu'il a capté ici, sous la forme imagée d'un Journal de voyage, n'est donc pas de l'histoire déjà faite, figée et morte, mais de l'histoire « à l'état naissant », encore effervescente et riche de potentialités inconnues sur lesquelles l'auteur projette quelques clartés intéressantes. Faut-il dire aussi qu'au déroulement des événements politiques viennent s'ajouter une visite au barrage d'Assouan et un pèlerinage aux temples de Nubie, sur lesquels planent les hautes figures d'Akhénaton et de Ramsès II, pour faire deviner l'intérêt peu commun de cet ouvrage ? Livre bouillonnant, fertile en rebondissements et en péripéties de toutes sortes, où défile une suite ininterrompue de portraits et de paysages ; livre brûlant s'il en fut, tant par la température où il se déroule (54º à l'ombre en Haute-Egypte) que par la tension parfois atroce des scènes qui s'y trouvent relatées. Livre saignant aussi. Car ces Deux Étés africains se seraient aussi bien intitulés « deux tragédies », tant la vie et la mort s'y côtoient à chaque page.
Mort en novembre 1922, Marcel Proust n'a pas eu le temps de connaître la gloire universelle qui s'attache désormais à son oeuvre. Seuls quelques critiques, ainsi qu'une petite cohorte d'amateurs éclairés, voyaient déjà dans À la recherche du temps perdu le monument littéraire du siècle. Parmi ces enthousiastes de la première heure, le jeune Jacques Benoist-Méchin. Ce fut à la demande de l'écrivain allemand Ernst Robert Curtius, lui aussi admirateur de Proust, que Benoist-Méchin écrivit à l'auteur des Jeunes Filles en fleurs pour lui demander d'autoriser une traduction, au moins partielle, de ses livres en allemand. Une visite d'ensuivit, extraordinaire rencontre que fit le jeune homme de l'écrivain allongé dans un salon privé du Ritz, auquel une lampe rose donnait l'aspect d'une grotte marine. Et Marcel Proust, au cours de cet entretien, non seulement accepta qu'on effectuât la traduction, non seulement posa mille questions à son interlocuteur ébloui, mais suggéra à celui-ci d'écrire un essai sur La Musique du Temps perdu... Ce que fit Benoist-Méchin l'année suivante d'abord avec incertitude et angoisse, pour finir avec une étonnante maîtrise. Aujourd'hui, c'est cet essai, rédigé voilà cinquante ans et devenu introuvable, qu'il nous livre. Pages à la fois profondes et ferventes, et d'autant plus remarquables si l'on songe à ce qu'elles représentaient d'originalité et de prescience, pour un jeune homme de cet âge. En même temps, Benoist-Méchin cite les lettres inédites que lui adressa Marcel Proust, raconte le détail des circonstances qui marquèrent sa mémorable entrevue avec lui, et enfin nous fait découvrir tout ce qu'il puise encore dans ce souvenir, autant que dans une oeuvre qui n'a cessé de poursuivre son itinéraire à l'intérieur de sa conscience. Une oeuvre, dit-il, « indissolublement liée aux élans, aux émotions et aux enthousiasmes de ma jeunesse ».
De la défaite au désastre dont voici le premier tome a été achevé par Jacques Benoist-Méchin au mois de juin 1944, trois mois avant son arrestation et trois mois avant sa condamnation à mort. Ce manuscrit, qui n'avait pas été publié de son vivant, s'inscrit dans la suite des Soixante jours qui ébranlèrent l'Occident, récit en trois tomes des événements de mai et juin 1940 qui connut un très grand succès auprès du public. Engagé sans réserve dans la politique de "collaboration" dont il affirmait les difficultés et soulignait les exigences, Benoist-Méchin donne des souvenirs qui sont à la mesure de son grand talent et de ses éminentes qualités d'historien. Mieux qu'une histoire globale, cet ouvrage est consacré aux événements auxquels l'auteur a été directement associé et aux personnages politiques qu'il a personnellement connus. Le portrait vivement tracé y côtoie l'analyse minutieuse. La philippique enflammée alterne avec le froid raisonnement. l'art du conteur lui insuffle un intérêt constamment soutenu. Il manquait à la connaissance du régime de Vichy et à la politique de collaboration ce témoignage exceptionnel de l'ancien ministre du maréchal Pétain, de l'amiral Darlan et de Pierre Lavl. Nombre d'événements -tels que l'affaire syrienne, les accords franco-japonais sur l'Indochine et le limogeage du général Weygand - sont pour la première fois vus "de l'intérieur". Le face-à-face avec Hitler, à Berchtesgaden, en est sans conteste l'un des moments les plus forts. Nourri de révélations, cet ouvrage est peut-être plus encore le récit d'un engagement qui confine à la tragédie. D'un destin dont de drame est exemplaire d'une partie de la génération de la guerre.
Cet ouvrage est le second tome des Mémoires de la collaboration que Jacques Benoist-Méchin écrivit de 1942 à 1944 et qu'il acheva peu de temps avant son arrestation. Il englobe la période allant du retour de Pierre Laval au pouvoir jusqu'au débarquement en Afrique du Nord, en novembre 1942. Jacques Benoist-Méchin se limite volontairement aux événements qu'il connut comme acteur et témoin privilégié, en tant que secrétaire d'Etat chargé des relations franco-allemandes. Le second tome ne le cède en rien au premier dont une presse unanime a souligné la rare valeur documentaire et le grand talent d'écriture. La même vision dramatique et passionnée soutient le récit, mais jamais au détriment d'une analyse minutieuse des faits. Notamment sur les conséquences de l'évasion du général Giraud, le débarquement malheureux de Dieppe et le télégramme signé du maréchal Pétain à Hitler, les préparatifs de la "Relève" et du Service du travail obligatoire en Allemagne, sur la formation de la Légion tricolore qui devait remplacer la L.V.F., les relations vichyssoises et allemandes au débarquement allié en Algérie et au Maroc, l'auteur apporte, une fois encore, une contribution décisive à l'histoire. Parfois, comme à propos de l'exposition Breker, fait irruption un aspect plus quotidien de l'occupation. Ecrites au moment où les passions étaient plus que jamais à vif, ces pages ne peuvent que ressentir du contexte d'une époque. Ces circonstances en soulignent l'intérêt, et il convient de se rendre à l'évidence que, loin d'être le fait de quelque visionnaire isolé, de telles conceptions furent prises en charge par une partie de l'élite intellectuelle et de l'opinion françaises...
Le déclenchement des hostilités place les nationalistes tchèques devant un dilemme angoissant. Militairement, la Bohême est dans le camp de l'Allemagne et de l'Autriche. Moralement, ses sympathies vont à la Russie, à la France et aux États-Unis. Que doivent faire ceux qui veulent la mener à l'indépendance ? Lutter aux côtés des Habsbourg qu'ils exècrent, ou prendre parti pour les Alliés ? Avant de se prononcer, il faudrait savoir qui gagnera la guerre. En 1914, il est encore trop tôt pour le dire. Quelles que soient leurs préférences, les dirigeants tchèques doivent tenir compte des réalités. Or, ces réalités sont dures. Comme dans tous les pays belligérants la loi martiale a été proclamée. Tous les hommes de 20 à 45 ans ont été mobilisés. Les éléments les plus jeunes et les plus dynamiques de la nation ont été envoyés sur le front russe. Prague, du point de vue politique, ressemble à un désert.
« Et maintenant, l'Allemagne hitlérienne va-t-elle faire la pause pour digérer les dix-huit millions de sujets nouveaux qu'elle vient de s'incorporer? ... Ou bien, poussée par la vitesse acquise, va-t-elle faire un nouveau bond en avant? » se demande M. Coulondre, le nouvel ambassadeur de France à Berlin. A vrai dire, même si Hitler voulait s'arrêter, il ne le pourrait plus. Il se trouve placé devant une réaction en chaîne dont il est obligé de suivre le mouvement. Le rattachement de l'Autriche a enfiévré les Sudètes ; le rattachement des Sudètes a fait entrer en effervescence les minorités allemandes de Bohême et de Moravie; l'occupation de Prague a provoqué le soulèvement des Allemands de Memel, cette bande de terrain située au-delà du Niémen que Napoléon avait enlevée à la Russie en 1807 pour la remettre à la Prusse et que le Traité de Versailles avait enlevée à la Prusse pour la donner à la Lituanie. Le jour même où les troupes du général Blaskowitz sont entrées à Prague, les Memelois ont hissé des drapeaux à croix gammée sur les toits des mairies et des hôtels de ville. Des cortèges ont parcouru les rues en chantant le Deutschland über alles et en proclamant leur volonté de faire retour au Reich. Le chef du Parti nazi local, le Dr Neumann, s'est rendu aussitôt au Landtag pour conférer avec les députés allemands des autres tendances. Il leur a dépeint les dangers de la situation. Par bonheur, il n'y a encore eu aucun accrochage sérieux. Mais la population est très excitée et le pire serait à craindre si le Gouvernement lituanien décidait de réprimer le soulèvement par les armes. Effrayés, les députés allemands décident de faire bloc derrière M. Neumann et le chargent de prendre en leur nom toutes les mesures qu'il jugera nécessaires.
Complément du Printemps arabe, le Roi Saud, après Mustapha Kémal et Ibn-Séoud, poursuit l'histoire du Moyen-Orient à travers le destin du « Fils du Léopard », fils d'Ibn-Séoud et roi d'Arabie jusqu'en 1964, et l'évolution de toute cette région du monde. Sur une scène élargie qui va de l'Egypte au Pakistan, on voit défiler tour à tour les débuts du nouveau règne, les démêlés du roi Saud avec l'armateur Onassis, le relèvement de l'armée turque, la nationalisation des pétroles iraniens, les péripéties dramatiques qui entourèrent la conclusion du Pacte de Bagdad, la fondation de l'État d'Israël, la révolution égyptienne, la crise de Suez, la création de la Doctrine Eisenhower et la crise jordanienne d'août 1957 qui aboutit à la scission de l'Orient en deux camps antagonistes : « la sainte alliance » des rois contre les républiques progressistes, le tout dominé par la rivalité croissante des États-Unis et de l'U.R.S.S. Décrivant la foule des conflits et des coups d'État entrecroisés qui vont de la fin de la Deuxième Guerre mondiale au mois d'août 1957, cet ouvrage projette une lumière éclatante sur ce que l'auteur appelle « l'Orient à l'heure des relèves ». Contribution capitale à la compréhension de notre époque, ce livre est la suite indispensable de la série inaugurée sous le titre Le Loup et le Léopard. Dans le décor prestigieux du Printemps arabe, la tragédie continue...
Auteur d'une monumentale Histoire de l'armée allemande, Jacques Benoist-Méchin fut aussi un grand spécialiste du monde arabe. Cet ouvrage, publié après Mustapha Kémal ou la mort d'un empire et Ibn-Séoud ou la naissance d'un royaume, est le fruit d'un voyage effectué à travers sept pays du Proche-Orient. Ayant parcouru plus de dix mille kilomètres et vécu au contact de toutes les catégories sociales, depuis les plus humbles fellahs jusqu'aux souverains les plus fastueux, l'auteur nous rapporte ses impressions sur un monde où se côtoient les vestiges des civilisations antiques et les réalisations modernes les plus stupéfiantes. Un Printemps arabe, classique aujourd'hui réédité, tient tout à la fois de la description géographique, de l'essai politique et de l'histoire vécue. Mettant en perspective les événements, explorant les mentalités, observant la vie brute, cet ouvrage contribue à faire comprendre l'islam et les pays arabes qui n'ont cessé d'être le théâtre de bouleversements plus ou moins prévisibles.
« Cet ouvrage », écrit Benoist-Méchin, « est né d'une succession de rencontres : avec des hommes et des villes, avec des temples et des paysages, avec des idées et des dieux. » Car pour le voyageur, pour celui qui n'a d'autre patrie que la route le long de laquelle il avance, les rencontres sont l'aliment essentiel, elles répondent au désir qui l'a fait se mettre en chemin. Alors, du tombeau de Mustapha Kémal aux ruines de l'antique Palmyre, du souvenir des terribles Janissaires à celui d'Antiochus, roi de Commagène, ou à celui du glorieux Tamerlan, de l'Arabie « carrefour des siècles » au golfe Persique, devenu hélas la « Côte des convoitises », le lecteur voit se dessiner un merveilleux itinéraire, à demi rêvé, à demi réel, riche d'évocations, d'anecdotes, de tableaux impressionnants. On ne sait ce qui paraît le plus admirable, chez l'auteur d'Un printemps arabe - dont ce livre constitue en quelque sorte le complément -, de la prodigieuse culture historique, de la connaissance des problèmes les plus actuels et les plus brûlants, en Asie Mineure comme au Porche-Orient, ou de la beauté d'une langue qu'on ne peut s'empêcher de comparer à celle d'un voyageur « romantique » : Chateaubriand. Si, pour Benoist-Méchin, « l'Histoire n'est qu'une suite de destins rompus », il sait mieux que tout autre redonner un éclat, une valeur humaine et une continuité à ces grandes figures antiques, médiévales ou modernes, dont il a retrouvé la trace, écouté le souffle, dans la solennité des pierres ou le silence des sables.
« Alors, à la terreur rouge succède la terreur blanche. Les villages brûlent, les fusillades crépitent, on tue et on massacre soi-disant à titre de représailles, mais en réalité pour assouvir les passions déchaînées. 500 prisonniers sont fusillés à Mitau, 200 à Tukkum, 125 à Dünamünde, sous la seule inculpation d'avoir été favorables à l'occupation soviétique. L'état de siège est proclamé à Riga. Tous les habitants qui détiennent des armes, tous les membres des Comités bolchéviques qui ne se présenteront pas à la police dans les quarante-huit heures, toute personne qui hébergera des réfugiés ou refusera de les dénoncer, tout individu trouvé dans la rue entre 18 heures et 6 heures du matin sans autorisation spéciale, seront punis de mort. Ces mesures draconiennes portent à leur paroxysme la haine mutuelle des Lettons et des Baltes. Les Lettons accusent les "seigneurs étrangers" de vouloir rétablir leur dictature médiévale. Les Baltes accusent les Lettons d'être infectés du virus révolutionnaire. On assiste à des scènes d'une sauvagerie inouïe. Chaque fois que les Lettons peuvent s'emparer d'un Balte isolé, iIs le brûlent vif ou le crucifient à un arbre après lui avoir crevé les yeux. Les champs sont parsemés de cadavres nus et affreusement mutilés. Certains ont le bas-ventre arraché et leurs plaies sont remplies de pierres brûlantes. Les Baltes ripostent par des exécutions en masse. Toutes les passions accumulées au cours des siècles semblent se donner libre cours, sous un ciel ensanglanté par la lueur des incendies.»
La littérature sur les apparitions de la Vierge Marie prolifère, mais aucun ouvrage d'ensemble n'existait jusqu'à présent sur ce sujet. Plus de 2400 apparitions (toutes celles qui ont laissé une trace dans l'histoire) sont ici racontées et analysées. Véritable encyclopédie rédigée avec le concours de spécialistes qualifiés, ce dictionnaire précise l'objet, la méthode, les promesses et l'apport d'une quinzaine de disciplines, de la médecine à la sociologie, de la psychanalyse à l'histoire, de la mystique au droit canon. Phénomène beaucoup plus ancien qu'on ne le croit souvent, les apparitions sont un signe de contradiction entre ceux qui les tiennent pour une pathologie ou un effet de la subjectivité et de multiples voyants qui les prennent comme des messages du ciel. Pour leur part, l'Église et sa hiérarchie les regardent avec une infinie méfiance et considèrent qu'elles ne relèvent ni de la norme ni du dogme. Ce qui est peut-être un excès de prudence les conduit à dissuader voire à réprimer l'adhésion des fidèles, et la multiplication des apparitions au XXe siècle les ont encore raidis sur leurs positions : en deux siècles, quatorze (dont cinq récentes) apparitions seulement ont été formellement reconnues. Certaines, très célèbres - comme celle de la « rue du Bac » avec la Médaille miraculeuse. S'adressant à la fois à ceux qui sont opposés aux apparitions et à ceux qui y sont favorables, ce dictionnaire livre une abondante information objective, factuelle et phénoménologique, et promeut de nouveaux questionnements scientifiques. Ses articles très documentés évaluent le positif et le négatif et font progresser les moyens de discernement : une apparition peut-elle être une communication ? et quelles approches nouvelles permettront de le savoir ?