Ivan Gros
Ivan Gros
Le monde animal fascine les hommes, toutes civilisations confondues, depuis les origines de l'humanité. Cette fascination s'accompagne bien souvent d'une réinterprétation suivant les époques, voire d'une récupération et d'une instrumentalisation en fonction d'enjeux propres à chaque moment historique.
Cette histoire de la métaphore du jeu d'échecs n'a aucune vocation à l'éloge. Il n'y a donc ni « roi des jeux » ni « jeu des rois » dans cette histoire sinon pour discuter les formulations laudatives et jeter le doute sur le fantasme de maîtrise qui caractérise l'emploi de l'image du jeu d'échecs. Nous partons d'une curiosité : cette métaphore, tombée en désuétude après la Renaissance, trouve un regain de vitalité à la fin des Lumières, grâce à l'apparition de la figure du joueur d'échecs, variation particulière du mythe du génie. Comment comprendre cette disparition momentanée puis la recrudescence et la prolifération de la métaphore du jeu d'échecs ces cinquante dernières années ?
Une vue conventionnelle oppose souvent la pensée occidentale où prédominerait la rationalité, le logos, à la pensée orientale qui serait le royaume du symbolisme, de l'analogie. Les textes rassemblés ici donnent un aperçu beaucoup plus nuancé de la question. Analogie et raisonnement analytique sont présents tant en Orient qu'en Occident et la frontière entre les deux formes de pensée est moins tranchée qu'on a pu le dire...