Isabelle Lasserre
Isabelle Lasserre
1938-2025 : et si l’Europe revivait les erreurs de Munich face à Poutine ? Isabelle Lasserre interroge notre capacité à éviter un nouveau déshonneur et à défendre nos valeurs. Un essai percutant sur les choix qui engageront notre avenir.
Et si la solution à la crise économique se trouvait dans les PME et le travail ? Lionel Roques et Isabelle Lasserre dénoncent quarante ans de bureaucratie étouffante et proposent des pistes concrètes pour libérer l’énergie des entreprises.
Le récit palpitant des relations entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine ; et, au-delà, entre la France et la Russie depuis la chute du mur de Berlin. Une partie d'échecs perdue d'avance. « Quelques heures après le déclenchement de l'invasion de l'Ukraine, le 24 février 2022, Emmanuel Macron, "choqué et incrédule" selon un membre de son entourage, appelle le maître du Kremlin et lui demande d'arrêter les combats et d'engager avec Zelensky un processus de négociations... Jusqu'au dernier moment, le président français a donc pensé que Vladimir Poutine était un être rationnel, qui allait faire passer les intérêts de son pays avant ses rancoeurs et son idéologie. Mais la réalité est là : quand tonnent les premiers canons et que les ciels des villes ukrainiennes s'illuminent de feux d'artifice mortels, Macron semble abasourdi alors que se noient ses illusions. À l'autre bout du téléphone, il entend un président empli de haine et de désir de vengeance, comme s'il était habité par le démon. Enfermé dans un monde parallèle, dont les fenêtres sur l'extérieur sont verrouillées à double tour, Vladimir Poutine irradie de colère contre cette Ukraine qui lui tourne le dos et qui regarde amoureusement vers l'Ouest, vers l'horizon interdit. Il éructe : "Je sais que Zelensky est terré dans son bunker comme Hitler. Mais je sais où est son bunker... Soit je rase l'Ukraine, soit je coupe sa tête politique." » Isabelle Lasserre
Après avoir réussi un blitzkrieg à l'élection présidentielle, Emmanuel Macron a voulu renverser les tables de la politique internationale. Il a critiqué l'Otan, en état de « mort cérébrale », s'est violemment opposé au président turc Erdogan, a voulu se rapprocher de la Russie... Sous la Ve République, la politique étrangère est un domaine réservé du Président. Mais Emmanuel Macron a poussé à l'extrême cette particularité française au sein des démocraties en contournant les administrations, notamment le ministère des Affaires étrangères. Adepte du pragmatisme et de l'efficacité, il a souvent agi seul et a multiplié les coups en s'appuyant sur de petites équipes ad-hoc. Les résultats de cette méthode sont mitigés. Il a scellé la réconciliation avec le Rwanda et fait bouger les lignes en Afrique. Il a aussi donné une nouvelle impulsion à l'Europe, malgré les désaccords profonds avec l'Allemagne. Mais la politique de rapprochement avec la Russie a été un échec. La France s'est aliéné une partie des pays d'Europe centrale et orientale, et n'a pas réussi à reprendre la main au Moyen-Orient. La plupart de ces revers sont dus au fait que la France ne peut plus, seule, exercer son influence dans le monde. C'est la principale faiblesse d'Emmanuel Macron : ne pas avoir su s'appuyer sur ses partenaires pour créer du consensus. Alors que le pays prendra la présidence de l'Union européenne en janvier 2022, c'est surtout sur son bilan européen qu'il sera jugé. Et l'histoire n'est pas encore écrite.
Cela fait plusieurs décennies que l'armée n'a pas été aussi populaire. Un sondage de l'été 2018 le confirme : 87% des français ont une bonne image de leur armée. Neuf sondés sur dix pensent que les militaires sont « courageux », « efficaces » et surtout qu'ils défendent bien les « valeurs républicaines » - devant les maires et les enseignants. L'opération sentinelle recueille 77% de suffrages favorables et la coalition anti-Daech 75%. L'antimilitarisme n'existe quasiment plus. L'armée inspire davantage confiance que les hommes politiques, les journalistes ou même que la police ! Bien sûr, les récents attentats expliquent en partie ce nouvel engouement et la « génération bataclan » afflue sur les sites de recrutement et frappe aux portes des écoles militaires. Mais les raisons de ce prestige retrouvé ne sont-elles pas plus profondes ? Isabelle Lasserre a mené une enquête pour comprendre ce renversement profond. Elle en a cherché les raisons dans les nouvelles menaces extérieures et intérieures, dans les nouvelles peurs et les nouveaux espoirs. Alors que l'État et la société offrent une image de délitement, que les services publics sont souvent paralysés, l'armée apparaît pour beaucoup comme le dernier bastion du courage, de la dignité, de l'autorité, de la solidarité et de la rigueur. C'est là aussi le dernier lieu où l'ascenseur social fonctionne. S'agit-il d'une bascule idéologique ou de l'expression d'un nationalisme dangereux ? Ou cela manifeste-il simplement une aspiration de la société française - que l'on semble retrouver dans de nombreux pays - qui part à la recherche de valeurs plus marquées et d'une nouvelle rigueur pour affronter un futur plus que jamais tourmenté.
Le 11 janvier 2013, à la stupéfaction du grand public qui ne s'attendait pas à ce que la France entre en guerre, de surcroît seule, François Hollande déclenchait une opération préparée dans le plus grand secret depuis des mois : il fallait réagir à l'avancée des groupes armés de djihadistes installés depuis le début de l'année 2012 au Sahel, dans le Nord du Mali, avançant en direction de la capitale, Bamako. De la guerre, on ne vit rien ou presque: les islamistes furent mis en déroute. Mais aussitôt le conflit s'est transformé en une guérilla terroriste, du site de In Amenas au nord du Cameroun (avec prises d'otages), en passant par les attentats à Gao. Comment la France est-elle entrée en guerre ? Aurait-on pu faire autrement ? Cette enquête est une plongée dans les coulisses de la guerre d'un président peu porté sur la politique d'ingérence. Elle conduit le lecteur de l'Elysée au ministère de la Défense, de Bamako à Tombouctou, des mines d'uranium d'Aréva au Niger au golfe de Guinée (plaque tournante du traffic de drogue qui transite par le Sahel vers l'Europe). Cette guerre secrète révèle de multiples facettes.