Henrik Rehr
Henrik Rehr
1910. Iasnaïa Poliana, le vaste domaine des Tolstoï dans la campagne au sud de Moscou. Une femme dâge mûr, Sofia Tolstoï, traverse en coup de vent une enfilade de pièces, serrant dans son poing un document. Dans sa course, elle tombe sur un cercle de pénitents en train de se flageller. Dehors, elle sétrangle en découvrant un groupe dhommes et de femmes nus qui savance, les bras levés en incantation vers le ciel. Dans une dépendance du domaine, un colosse à longue barbe blanche coud lui-même ses bottes. Sofia surgit. Imperturbable, Léon Nikolaïevitch Tolstoï écoute la longue diatribe de sa femme qui laccuse de la déshériter. Ainsi donc il a cédé tous ses droits dauteur au peuple russe! Elle qui a porté leurs 13 enfants! Elle qui a recopié des milliers de pages de manuscrits pour lui! Tolstoï sempare dun marteau et le lève vers elle alors quelle lui reproche dêtre excommunié par la sainte Mère lEglise orthodoxe, jetant lopprobre sur toute la famille, parce quil vénère des idoles païennes comme Krishna, Bouddha, ainsi quun Christ qui ne serait pas le fils de Dieu! Sofia sempare alors dune lettre sur son bureau : 'Et ce Gandhi qui técrit. Encore un de tes adeptes de la théorie de la non-violence !?' Bouleversé, Tolstoi tombe à genoux et lui demande pardon. Il dit quil va sen aller, il laime mais il veut quitter cet enfer à deux
1910. Iasnaïa Poliana, le vaste domaine des Tolstoï dans la campagne au sud de Moscou. Une femme dâge mûr, Sofia Tolstoï, traverse en coup de vent une enfilade de pièces, serrant dans son poing un document. Dans sa course, elle tombe sur un cercle de pénitents en train de se flageller. Dehors, elle sétrangle en découvrant un groupe dhommes et de femmes nus qui savance, les bras levés en incantation vers le ciel. Dans une dépendance du domaine, un colosse à longue barbe blanche coud lui-même ses bottes. Sofia surgit. Imperturbable, Léon Nikolaïevitch Tolstoï écoute la longue diatribe de sa femme qui laccuse de la déshériter. Ainsi donc il a cédé tous ses droits dauteur au peuple russe! Elle qui a porté leurs 13 enfants! Elle qui a recopié des milliers de pages de manuscrits pour lui! Tolstoï sempare dun marteau et le lève vers elle alors quelle lui reproche dêtre excommunié par la sainte Mère lEglise orthodoxe, jetant lopprobre sur toute la famille, parce quil vénère des idoles païennes comme Krishna, Bouddha, ainsi quun Christ qui ne serait pas le fils de Dieu! Sofia sempare alors dune lettre sur son bureau : 'Et ce Gandhi qui técrit. Encore un de tes adeptes de la théorie de la non-violence !?' Bouleversé, Tolstoi tombe à genoux et lui demande pardon. Il dit quil va sen aller, il laime mais il veut quitter cet enfer à deux
Derrière la trilogie du Seigneur des anneaux, vendue à plus de 150 millions d'exemplaires dans le monde et qui ne cesse d'être redécouverte de génération en génération, il y a un homme, un très sérieux professeur d'université, philologue et poète : Tolkien. Alternant les moments biographiques intimes de sa vie et les scènes tirées de ses romans, les auteurs nous montrent comment ces événements personnels sont à la source de la mythologie que Tolkien a créé. 1967, la contestation fait rage aux USA. Interprétant le Seigneur des anneaux comme une oeuvre dénonçant le capitalisme, des hippies vont à la rencontre de celui qu'ils imaginent être un des leurs, John Ronald Reuel Tolkien, honorable professeur à l'université d'Oxford. Refusant toute visite, le vieux professeur, né en 1892, en profite pour refuser également aux Beatles la possibilité d'en produire un film. En 1908, Tolkien, 16 ans, rencontre Edith. Il l'épousera en 1916, peu de temps avant de se rendre sur le front de la Somme. De juillet à novembre 1916, la bataille de la Somme fait 420 000 morts côté britannique. Cette expérience traumatisante sera la source du Retour du roi, troisième volume du Seigneur des anneaux. À son retour de la guerre, encouragé par son ami et collègue C. S. Lewis (futur auteur du Monde de Narnia), Tolkien se lance dans une oeuvre épique, créant une nouvelle mythologie, des langues, qui se retrouveront dès 1937 dans le Hobbit...
Ce livre emprunte son titre à Ernst Wigforss, théoricien et réformateur du parti social-démocrate suédois et ministre des Finances de 1932 à 1949. Wigforss parlait « d'utopies provisoires » pour désigner un horizon social-démocrate qui serait à portée de main et réalisable politiquement, mais suffisamment audacieux et cohérent pour susciter l'enthousiasme, mobiliser les citoyens et guider l'action gouvernementale. Les utopies provisoires de Wigforss ne promettaient pas de « grand soir » révolutionnaire, mais elles faisaient tout de même porter le regard au-delà du simple pragmatisme. Il s'agissait de concevoir des réformes qui répondaient, pour un temps, à des problèmes concrets, mais qui permettaient aussi d'avancer résolument dans la direction d'une société plus juste. Il s'agissait bien d'utopies, mais pour le temps présent. C'est sur ce terrain, celui du politique au sens large, que se situe cet ouvrage sur les politiques sociales, qui fait un tour du monde pour voir comment des actions collectives guidées par une vision, par des principes et par une compréhension juste et mesurée de la réalité peuvent transformer nos vies.