Henriette de Witt
Henriette de Witt
« Que cet enfant est laid et disgracieux, on dirait Riquet à la Houppe ! - Tout à fait : vous ne savez pas qui c'est ? »Ces mots étaient échangés par deux petites filles sortant d'une pension de demoiselles de la ville de Winchester. Cette pension était dirigée par deux dames françaises, qui avaient quitté leur pays, fuyant les persécutions religieuses qui avaient précédé la révocation de l'Édit de Nantes. Elles égayaient les leçons de leurs élèves par la lecture des contes de la Mère l'Oie.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Bien des années se sont écoulées depuis l'époque où se passèrent les événements que nous entreprenons de raconter. Bien des vieillards, qui s'acheminent aujourd'hui vers la tombe, étaient des enfants alors. La contrée a changé d'aspect ; les bois et les forêts ont été défriches ; des villages ont surgi dans ces lieux naguère solitaires, et les chemins anciens ont fait place à des routes plus commodes et répondant mieux aux besoins du moment. Un chemin de fer traverse actuellement la vallée, réveillant, par le roulement de ses trains et le sifflement de la vapeur, des échos jadis endormis.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
La chambre était grande, tendue de riches tapisseries et réchauffée par un bon feu de bois de pommier brûlant gaiement dans l'âtre, mais, au fond du vaste lit à colonnes, un visage pâle et maigre s'appuyait sur les oreillers, deux petites mains décharnées se croisaient sur les couvertures et une voix faible répétait : « Madame la baillive, je voudrais voir Marie-Jeanne ; ma folle me saurait divertir et me faire oublier mon mal ! » L'enfant suppliait en vain ; la dame Aymée de la Fayette, baillive de Caen, veuve de François de Silly, tué à la bataille de Pavie, était rigide et dure ; n'ayant jamais eu d'enfants, elle avait pris toute sa vie un grand intérêt aux affaires de la politique et elle avait accompagné madame Marguerite, alors duchesse d'Alençon, lorsque celle-ci était allée à Madrid traiter avec l'empereur Charles-Quint la rançon du roi François Ier ; c'était en récompense de ses services que Marguerite, devenue reine de Navarre par son second mariage avec Henri d'Albret, avait chargé la baillive de l'éducation de sa fille unique ; la petite Jeanne n'aimait guère sa gouvernante et son front se rembrunit quand dame Aymée se rapprochant du lit répondit d'une voix mesurée : « Les folies et les rires de Marie-Jeanne ne sauraient à cette heure convenir à la princesse et aggraveraient son mal.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
« Que pourrions-nous faire pour l'anniversaire de papa ? se disaient les enfants de M. de Salviac, par une belle matinée du dimanche. On était au mois de juillet, au temps des longs jours, des belles soirées, des moissons et des fruits. - Je ne sais pas ; est-ce que vous n'avez pas travaillé depuis longtemps, vous autres filles ? dit un écolier de douze ans, appuyé négligemment contre la barrière qui séparait le parc des prairies environnantes.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Bernard Chassériant avait perdu sa mère quand il était encore tout jeune : il n'avait jamais su ce que c'était que d'aimer sa mère et surtout d'être aimé par elle ; il avait en outre une santé assez délicate, et la vie qu'il menait était un peu triste. M. Chassériant, son père, était un savant qui passait toute sa journée dans son cabinet avec des gros livres, des papiers sur toutes les tables et une quantité de cartes de géographie de tous les côtés sur le parquet.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Paris, 1864. À travers le destin de Louise Rambert, Une famille à Paris dépeint avec sensibilité les joies et les peines d’une jeunesse protégée, entre insouciance et devoir.
Découvrez l'univers tendre et nostalgique de La Petite Fille aux grand'mères, un roman du XIXe siècle qui met en lumière les liens familiaux et l'innocence de l'enfance.
« Quel plaisir pouvez-vous trouver à causer avec cette vieille fille, Jeanne ? » demandait à Mlle Savinien son cousin Robert. Il était arrivé de Paris le matin même, rapportant dans la petite ville les nouvelles du monde, et il était jaloux de voir avec quelle attention étaient recueillies les paroles de Mlle Baudin, pauvre personne de quarante ans, sans apparence, sans fortune, et que la jolie Jeanne avait entretenue dans un coin pendant une demi-heure.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Quand on parcourt, pendant la semaine, les villages de pêcheurs situés sur les côtes de Normandie, on ne rencontre presque jamais un homme, à peine un petit garçon au-dessus de huit ou dix ans. Tout le monde est à la mer, les pères et les enfants. Pendant ce temps, les femmes restent à la maison, travaillent, regardent le ciel, et prient Dieu de garder leurs maris et leurs fils. Les petites filles restent avec leurs mères et apprennent à faire de la dentelle.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
« Qui est-ce qui a inventé les vélocipèdes ? » demandait un matin Mme de Luçon à déjeuner, d'un air résigné qui fit rire son mari. « Je n'en sais rien, dit-il, c'est une ancienne invention qu'on a réchauffée depuis peu pour le bonheur des enfants... et le supplice des parents, n'est-ce pas, Caroline ? »Elle riait aussi, regardant l'air confus et les joues rouges de son fils aîné. « Quelquefois je regrette ce progrès de la civilisation quand Adrien m'en rebat les oreilles dix fois par jour, dit-elle.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.