Henri Amouroux
Henri Amouroux
Cet ouvrage, Quarante millions de pétainistes, est le deuxième livre d'une série de onze ouvrages d'Henri Amouroux, dédiés à La Grande Histoire des Français sous l'Occupation. Les événements relatés dans ce livre couvrent une période allant de juillet 1940 à juillet 1941. L'État français se met en place. À la ferveur quasi religieuse suscitée par le Maréchal au moment de l'armistice succédera rapidement, une période de doutes puis de désillusions alors que se met en place la politique de collaboration avec l'ennemi. Comment l'image du vainqueur de Verdun a-t-elle pu se dégrader aussi rapidement ? Aussi étonnant que cela puisse paraître aujourd'hui, Philippe Pétain passait pourtant pour un « maréchal de gauche » de par son passé de fantassin pauvre issu d'une famille modeste. Il n'incarnait pas, selon l'expression consacrée, « l'alliance du sabre et du goupillon ». L'un des plus beaux éloges qui lui sera consacré, fut rédigé par Léon Blum, à l'occasion de son élection à l'Académie française : « Si je disais qu'entre tous les chefs de la guerre le maréchal Pétain est celui dont la modestie, la gravité, le scrupule réfléchi et sensible imposent le respect, si je rappelais le rôle qu'il tint et que seul il pouvait tenir entre l'échec des offensives françaises d'avril 1917 et les grandes offensives allemandes du printemps 1918, je ne pourrais que le gêner par mon compliment, je n'aurai pas ce mauvais goût. » Durant la Grande Guerre, il symbolisa l'homme providentiel. En mai-juin 1940, il incarnait le sauveur de la France. Au crépuscule de sa vie, il allait donner l'image d'un vieillard indigne atteint de déchéance physique et mentale ayant entraîné la patrie des droits de l'homme dans les pires compromissions. Après un parcours sans faute, Vichy a certainement été pour Pétain, le combat de trop. Les choses n'étant pas simples, on sait que suite à la débâcle de 1940, la quasi-totalité des Français et du monde politique le considérait alors comme l'ultime recours face à une situation aussi inattendue que désespérée. On ne peut leur en faire le reproche car rien ne pouvait laisser présager la suite des événements. Grâce à son talent de journaliste et d'historien Henri Amouroux, membre de l'Académie des sciences morales et politiques, sait mieux que quiconque nous faire partager l'intensité dramatique de cette période où l'héroïsme le plus pur côtoya la veulerie la plus sordide. Dans ses analyses minutieuses, le facteur humain reste toujours omniprésent et facilite la compréhension de cette terrible période d'où émergera la France moderne, mais aussi l'Europe en tant qu'entité économique et politique en devenir.
Les passions que suscite Philippe Pétain ne se sont toujours pas apaisées. Il n'y a qu'à se référer au vocabulaire politique actuel et à ses invectives, les accusations de pétainiste ou de vichyste figurent parmi les injures les plus graves que l'on puisse porter à un adversaire politique lorsque l'on veut le couvrir d'opprobre. Comment l'image du vainqueur de Verdun a-t-elle pu se dégrader de manière aussi extrême ? Durant la Grande Guerre, il symbolisa l'homme providentiel. Au crépuscule de sa vie, il allait donner pour certains l'image du vieillard indigne atteint de déchéance physique et mentale. Il est facile de dire aujourd'hui que Vichy a été, pour Philippe Pétain, le combat de trop après un parcours sans fautes, car cela ne nous renseigne en rien sur la dégradation de son image. Les choses ne sont vraiment pas simples quand on sait que suite à la débâcle de 1940, la quasi-totalité du monde politique français le considérait alors comme l'ultime recours face à une situation aussi inattendue que désespérée. La défaite de 1940 a été et reste un véritable traumatisme pour beaucoup de Français et cela jusqu'à aujourd'hui. Les blessures peuvent mettre très longtemps à cicatriser surtout lorsqu'il en va de l'honneur d'une nation. Il a toujours été tentant et humain de vouloir faire coller l'Histoire à ses propres convictions, c'est moralement confortable. Mais si vous voulez comprendre en profondeur et sans a priori l'enchaînement de ce qui fut une tragédie française, cet ouvrage est parfait pour vous. Ce livre n'est ni un réquisitoire ni un plaidoyer ni une tentative de réhabilitation en faveur de Philippe Pétain mais tout simplement un sérieux travail d'historien qui vous donnera les moyens de vous forger une opinion en toute connaissance de cause.
Trois hommes. Trois présidents de la République : Charles de Gaulle, François Mitterrand, Jacques Chirac, les seuls à avoir été réélus et à avoir « régné » sur la France respectivement onze, quatorze et douze ans. Trois chefs d'État très différents par leurs origines, leur caractère, leur vision de l'Histoire, leurs principes. Mais comment ont-ils terminé leur mandat ? Quelles ont été ces trois fins de règne ? Charles de Gaulle, l'honneur bafoué, claquant la porte sans un mot en 1969 après la victoire du « non » au référendum. François Mitterrand, rongé par le cancer, affaibli par les affaires, mais tenant bon jusqu'au dernier jour et finalement salué pour son courage, au-delà de ses profondes ambiguïtés. Jacques Chirac - quel grand président il aurait pu être ! - à force d'abandons, d'affaires, n'a-t-il pas gâché sa chance ? Son dernier message empreint d'émotion, d'amour pour la France et les Français, aura-t-il été suffisant pour nous faire oublier son bilan ? Trois destins que restitue Henri Amouroux avec son regard passionné et précis de chroniqueur, d'historien. Les cheminements et les chaos du parcours de ces hommes dessinent la dramaturgie des derniers jours de leur règne. Henri Amouroux est membre de l'Institut. Sa Grande Histoire des Français sous l'Occupation a été lue par des millions de Français, il est également chroniqueur au Figaro et au Figaro Magazine.
Vichy obsédera-t-il toujours la conscience française ? Quels rapports la France entretiendra-t-elle alors avec de très anciennes blessures ? Saura-t-on encore que Vichy est né de la plus cruelle et de la plus totale défaite de toute l'histoire de France, que l'on ne peut l'imaginer détaché des brutales exigences de l'occupant et de la quotidienne inquisition des « collaborateurs » parisiens ? Ces interrogations - et quelques autres - sont à l'origine de ce livre, que j'ai voulu presque testamentaire. Quarante années de travail, les témoignages écrits de milliers de lecteurs, m'ont donné le droit, et peut-être le devoir, de l'écrire. J'ai voulu insister sur des points trop négligés et dont la connaissance permettrait un jugement moins manichéen, ce qui ne veut pas dire indulgent. Car sur Vichy, je tiens pour valable ce que Germaine de Staël, se souvenant de la Terreur, écrivait en 1810 : « Se permettre de mauvais moyens pour un but que l'on croit bon, c'est une maxime de conduite singulièrement vicieuse dans son principe... » Je sais d'autant mieux ce que l'on peut reprocher à Vichy - les compromissions, les complicités, les initiatives - que je conserve, avec les photos de mes enfants, la photo de Régine Adjelson, petite juive de huit ans, déportée vers Auschwitz dans le convoi du 17 août 1942... En finir avec Vichy... En finira-t-on jamais ? Mais comprendre les évolutions des sentiments, dissiper les confusions, se protéger des télescopages des dates et des événements (1940 n'est pas 1941, qui n'est pas 1942...), faire oeuvre d'explication pour réparer les « oublis de la mémoire » - telle est l'ambition de ce livre.
Ce Printemps de mort et d'espoir, c'est le moment où, si rien n'est fini encore, les Français devinent que bientôt tout va finir. Se sachant condamnés, les Allemands - à travers le Service du Travail Obligatoire, la chasse aux maquis, les exécutions d'otages et les déportations - accentuent leur pression. Vichy n'est plus qu'un État satellite dont le chef nominal, Philippe Pétain, doit accepter l'entrée au gouvernement des plus fanatiques partisans de la Collaboration : Henriot, Darnand, Déat. Cependant que pâlit l'étoile du Maréchal (même si Paris, en avril 1944, lui réserve une ovation), celle du général de Gaulle monte et grandit. Si rien en Histoire n'est jamais définitif, l'oeuvre d'Henri Amouroux non seulement obtient les faveurs du plus grand nombre de lecteurs, mais elle est assurée de la plus longue vie car, autant que de la France, elle parle des Français, qui font bénéficier l'auteur de témoignages et de confidences. Membre de l'Institut (Académie des sciences morales et politiques) où il a été élu en 1978, président du jury du prix Albert-Londres, Henri Amouroux, qui a notamment dirigé de 1968 à 1982 les quotidiens Sud-Ouest, France-Soir et Rhône-Alpes, est également l'auteur `une vingtaine d'ouvrages dont deux romans, et d'émissions de radio et de télévision.
1943 sera l'année du durcissement. Vaincus à Stalingrad, chassés bientôt de toute l'Afrique, les Allemands ont des exigencessans cesse accrues à l'égard de la France, comme de tous les pays occupés. Pour leurs usines, ils veulent des hommes et cela donnera le Service du Travail obligatoire. Pour maintenir l'ordre alors que les Français - qui devinent que le sort de l'occupant est scellé - renforcent la résistance, multiplient les attentats, créent les premiers maquis, les Allemands bénéficient, avec la Milice, d'une force supplétive qui mène le combat contre les communistes et les gaullistes dont l'importance grandit depuis que de Gaulle a éliminé Giraud à Alger. Le durcissement constaté au cours de l'année 1943, n'affecta pas uniquement les protagonistes du conflit mais se fit également sentir entre les personnalités se cotoyant dans un même camp. L'illustration parfaite est la très grave altercation - de nature idéologique - qui opposa Jean Moulin à Pierre Brossolette quant à l'unification des mouvements de résistance. À l'aide de documents irréfutables, Henri Amouroux reconstitue avec émotion et précision une « impitoyable guerre civile ». Membre de l'Institut (Académie des sciences morales et politiques) où il a été élu en 1978, président du jury du prix Albert-Londres, Henri Amouroux, qui a notamment dirigé de 1968 à 1982 les quotidiens Sud-Ouest, France-Soir et Rhône-Alpes, est également l'auteur `une vingtaine d'ouvrages dont deux romans, et d'émissions de radio et de télévision.
Dans Les Passions et les haines Henri Amouroux aborde les événements les plus tragiques des quatre années de l'occupation allemande. Il dévoile les passions antisémites qui conduisirent aux rafles de juillet et d'août 1942 en zone occupée et au départ d'hommes, de femmes et d'enfants depuis Drancy en direction du camp d'extermination d'Auschwitz. Les témoignages donnés dans ce livre sont bouleversants. La France était-elle pour autant un pays foncièrement antisémite ? La question mérite d'être posée ! Si l'on considère que la France légitime est celle de la République, la réponse est non ! En ces temps troublés, et si fragile qu'elle fut, cette France était incarnée par de Gaulle. Il existait bien un antisémitisme culturel dans certains milieux intellectuels d'avant-guerre ainsi qu'un antisémitisme religieux traditionnel. Ce qu'il y avait de nouveau avec l'État français et la mise en place du Statut des Juifs, c'est que l'antisémitisme devenait légal du fait de son institutionnalisation. Il était désormais possible de s'approprier les biens d'autrui en toute légalité du simple fait que ces biens étaient juifs, à l'instar de ce qui s'était passé dans les années trente en Allemagne. La défaite de 40 a renforcé momentanément un sentiment antisémite auprès d'une population en manque de repères et à la recherche de responsables. L'infamie qu'a représentée le Statut des Juifs fut dénoncée par les instances religieuses, catholiques et protestantes, qui rappelèrent que de telles idées étaient incompatibles avec la foi chrétienne. Année sombre, 1942 s'achèvera par l'espoir offert par le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord le 8 novembre, mais aussi sur les tristesses de l'invasion de la zone libre, puis sur le sabordage de la flotte française à Toulon, flotte qui échappera aux Allemands, mais dont on se demandera toujours si - par une décision rapide - elle n'aurait pas pu rejoindre les Alliés. La fin de l'année 1942 et le début de l'année 1943 vont constituer un tournant dans le conflit mondial, notamment pour l'Allemagne qui subira un grave revers à Stalingrad qui mettra le mythe de l'invincibilité de la Wehrmacht à mal.
Cet ouvrage, Les beaux jours des collabos, est le troisième livre d'une série de onze ouvrages dédiés à La Grande Histoire des Français sous l'Occupation. Ce titre n'apparaîtra pas provocateur à ceux qui connaissent toute l'importance de cette année charnière qu'est 1941, à la fois pour la Collaboration et la Résistance. Lorsque, le 21 juin 1941, les Allemands attaquent l'Union soviétique, le collaborationnisme français, qui se nourrissait jusqu'alors d'anglophobie et d'antisémitisme, trouve une raison d'être supplémentaire : l'antibolchevisme. La Collaboration d'État, telle qu'envisagée à Montoire lors de la rencontre Pétain-Hitler, se trouve dépassée. Le combat de l'Allemagne revêt alors, pour certains Français, l'allure d'une croisade. Ce fut le cas pour Jacques Doriot, qui après un engagement au Parti communiste, se tournera vers le fascisme en 1936 en prenant la direction du Parti populaire français. Doriot sera un partisan inconditionnel de la Collaboration avec le IIIe Reich, il participera à la création de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme et combattra sur le front de l'Est, sous l'uniforme allemand avec le grade de lieutenant dans la Waffen SS. Marcel Déat fut une autre figure de la collaboration idéologique, à l'instar de Jacques Doriot, il était aussi issu de la gauche. Proche de Pierre Laval, il fondera le Rassemblement national populaire, parti fasciste et ouvertement collaborationniste. À côté de la collaboration idéologique, politique et intellectuelle, naquit une collaboration économique pouvant être considérée, en partie, comme technique, car imposée par le vainqueur. Elle se manifesta bien souvent par la spoliation et le pillage du territoire national. Lors de l'épuration, elle sera beaucoup moins sévèrement sanctionnée que les autres formes de collaboration. Parallèlement, une collaboration de circonstance vit le jour dont les motivations étaient très diverses. Elles allaient des simples relations amicales ou amoureuses entretenues avec les soldats ennemis, en passant par les dénonciations à la police ou à la Gestapo en vue de régler des comptes personnels de nature autant politique qu'économique. Cette forme de collaboration, loin d'être anodine, fut le reflet du climat de guerre civile qui régnait en France durant cette tragique période. Henri Amouroux, membre de l'Académie des sciences morales et politiques, sait mieux que quiconque donner une incarnation à l'Histoire en analysant au plus profond les ressorts de l'âme humaine.
Cet ouvrage, Le peuple du désastre, est le premier livre d'une série de onze ouvrages dédiés à La Grande Histoire des Français sous l'Occupation. Du 3 septembre 1939, date de la déclaration de la guerre à l'Allemagne, au 22 juin 1940, date de la signature de l'Armistice avec le IIIe Reich, la France allait entrer dans l'une des plus sombres périodes de son Histoire. Jusqu'au 10 mai 1940, tout se passa comme si les responsables militaires français s'étaient installés « confortablement » dans une Drôle de Guerre pour laquelle il semblait urgent de ne rien faire. Drôle, cette guerre l'a été par certains de ses aspects lorsque l'on songe au cas du lieutenant Lacombe, un pilote français de Morane 406, qui écopa d'un blâme sévère pour avoir attaqué l'aérodrome de Sarrebruck, détruit un Messerschmitt 109 ainsi qu'un hangar. Ce ne fut malheureusement pas un isolé. Ce manque de combativité (à quelques exceptions près) laisse-t-il supposer que les responsables militaires français étaient en attente d'un règlement pacifique du conflit ? Le 10 mai 1940, lorsque l'armée allemande passe à l'offensive en envahissant la Belgique et les Pays-Bas, on réalise qu'au manque d'initiative s'ajoute un manque de réactivité. Il est impossible de contrer la ruée des panzers conjuguée aux bombardements des Stukas de la Luftwaffe qui sèment la terreur chez les militaires comme chez les civils. La Blitzkrieg élaborée par le général von Manstein et validée par Hitler donne alors un avantage décisif aux forces allemandes. La mise en oeuvre de cette audacieuse stratégie n'avait pu être imaginée par les stratèges français. Cette carence dans l'anticipation fit que l'armée française ne sut profiter des quelques périodes de faiblesse que traversa la Wehrmacht lors de sa rapide progression et qui auraient pu entraîner un retournement de situation. Seule la volonté d'Hitler d'en découdre militairement donna la victoire à l'Allemagne. Cette même volonté belliqueuse allait l'amener plus tard à sa perte. Pour les civils, c'est l'exode. Pour les militaires, c'est la débâcle. Pour les politiques c'est la fuite vers Bordeaux. C'est un désastre dans lequel la France et ses élites se trouvèrent complétement dépassées par les événements. Grâce à son talent de journaliste et d'historien Henri Amouroux, membre de l'Académie des sciences morales et politiques, sait mieux que quiconque nous faire partager l'intensité dramatique de cette période où l'héroïsme le plus pur côtoya la veulerie la plus sordide. Dans ses analyses minutieuses, le facteur humain reste toujours omniprésent et facilite la compréhension de cette terrible période d'où émergera la France moderne, mais aussi l'Europe en tant qu'entité économique et politique en devenir.
Le 18 juin 40, l'appel à la résistance lancé par le général de Gaulle depuis Londres promet la victoire. Peu de personnes sont à l'écoute ce jour-là, car en France c'est la débâcle militaire qui entraîne l'exode des civils sur les routes. À cette date, peu de gens peuvent imaginer le destin que va connaître Charles de Gaulle. Il se retrouve presque seul à Londres mais avec cette formidable détermination qui fera toute la différence. Il n'y a chez lui ni doute ni atermoiements quant à sa décision de poursuivre le combat. Il en va de l'honneur et de cette « certaine idée » qu'il se fait de la France. C'est cet homme considéré comme un renégat et condamné à mort par l'État français qui finira par incarner à l'issue de la guerre la légitimité politique du pays. Le romantisme du personnage ne l'empêche pas d'avoir une vision réaliste sur les enjeux du conflit, conflit qui pour le Général, loin de se cantonner à l'Europe, sera d'envergure mondiale. De Gaulle sait que malgré les apparences trompeuses, les dictatures sont des régimes faibles. Leurs faiblesses ne vont pas tarder à apparaître au fur et à mesure de l'évolution des hostilités. Il sait aussi qu'un jour les États-Unis entreront en guerre et qu'à partir de ce moment-là les jeux seront faits. La fierté de cet homme, certains diront son orgueil, ne facilitèrent pas toujours les relations avec ses alliés, avec Churchill tout d'abord, mais plus particulièrement avec Roosevelt qui le considérait comme un dictateur en puissance ce que l'avenir démentira. Mais le Général a les qualités de ses défauts, ce n'est pas un diplomate mais un militaire peu enclin au compromis. L'époque se prêtait-elle d'ailleurs aux compromis ? C'est grâce à son intransigeance et à sa volonté sans failles qu'il évite à la France de se retrouver dans le camp des vaincus. Au lendemain du 18 juin, un tel exploit était loin d'être imaginable tellement l'avenir était sombre. À ce titre, la France lui doit reconnaissance car son action et sa clairvoyance purent contrebalancer le fourvoiement dans lequel s'était empêtré le régime de Vichy avec la collaboration. Elle doit aussi avoir une pensée pour ces Français qui surent résister et se sacrifier dans les réseaux de résistance quelle que soit leur obédience.
Les Français ? Ils sont plus de 40 millions en juin 1940 lorsque les Allemands occupent la France. Et ce livre raconte leur vie quotidienne. Au moment d'entamer de longues recherches, Henri Amouroux s'est aperçu lorsqu'il évoquait les années d'occupation, que ceux-là mêmes qui doutaient de l'opportunité d'un tel travail étaient très vite emportés par leurs souvenirs et qu'ils multipliaient alors les anecdotes. L'entreprise valait donc d'être tentée. Ce que les historiens ont fait pour les humbles contemporains de Jules César, de Louis XIV ou de Napoléon, pour ce peuple anonyme dont l'histoire, tout attachée aux rois et généraux, oublie souvent l'existence, Henri Amouroux l'a réalisé pour les acteurs encore vivants de l'une des périodes les plus dramatiques qui puisse s'imaginer. En effet, la tentation était grande de se faire l'historien de ces millions d'anonymes. Pourquoi ne pas raconter non seulement les aventures sanglantes des Français sur les routes de l'exode, mais aussi leurs difficultés à se procurer leur pain quotidien, leurs ruses, leurs expéditions et leurs batailles dans les campagnes nourricières ? Pourquoi ne pas dire les ersatz, le faux tabac, le faux café, le faux savon, les faux témoins, les divertissements d'une époque, qui n'a pas été « noire » pour tout le monde, mais aussi les souffrances des femmes des prisonniers de guerre, le martyre de tous ceux que la Gestapo traquait et attaquait ? Pourquoi ne pas évoquer les nuits d'alerte, les lendemains de bombardements, le climat de ces villes dont les rafles, le couvre-feu dépeuplent les rues, l'écoute de la radio anglaise dans l'odeur des rutabagas, la vie des maquisards, pour qui le combat n'est qu'une brève lumière dans la suite des jours ternes et dangereux ? Le livre d'Henri Amouroux est un livre neuf, car jamais pareil travail n'avait été mené avec autant d'application dans la recherche, autant d'aisance journalistique dans le récit. Très différent de tous les livres qui ont paru sur les années 1940-1944, La vie des Français sous l'Occupation complète les meilleurs et se révèle d'un intérêt passionnant pour ceux et celles qui vécurent sous l'Occupation... comme aussi pour leurs fils et leur petits fils.
Un garçon et une fille s'aiment dans l'Israël admirable et irritant des pionniers et des adolescents orgueilleux, des arbres de cinq ans, des frontières trop étroites. Mais, entre Jacques qui n'est pas Juif et vient de France et Ohra l'Israélienne, la guerre se glisse qui entraînera la Fille de Tel-Aviv jusqu'aux rives de Charm el Cheik, plus loin, encore plus loin, à la recherche d'une patrie que les difficultés de la vie quotidienne lui avaient fait oublier. Roman d'un journaliste et d'un historien qui a connu Israël où il se trouvait en 1956 au moment de la guerre israélo-égyptienne, Une Fille de Tel-Aviv passionnera ceux qui aiment les faiblesses du coeur et la vérité de l'Histoire. Une Histoire qui reste plus que jamais d'actualité !
La guerre d'Indochine est terminée, mais l'Indochine n'a pas, pour autant, retrouvé la paix et la tranquillité. Coupée en deux, occupée dans le Nord par les Viets vainqueurs des dernières batailles, dans le Sud par un gouvernement encore faible qui doit partager le pouvoir avec des sectes audacieuses et turbulentes, l'Indochine oscille entre le communisme et la démocratie. Dans un an, son sort sera peut-être scellé, soit par des élections dont les Viets sont presque assurés de sortir vainqueurs, soit par la reprise de la guerre. Henri Amouroux, qui était en Indochine au moment de Na San comme de Dien Bien Phu, a voulu vivre le dernier acte du drame, lorsque, rassemblés pour le dénouement, tous les acteurs apparaissent en scène : Français et Américains menant, à Saïgon, une politique contradictoire, chefs de bandes que la paix réduit au chômage, gouvernement vietnamien incertain du lendemain, réfugiés misérables mais qui sont l'honneur du Vietnam, armée française démoralisée et mal remise du choc de Dien Bien Phu, Viets enfin qui ont étendu sur Hanoï et tout le Delta l'emprise de leur propagande. Croix sur l'Indochine, reportage capital sur les dernières heures de la présence française en Indochine, et bilan, à la fois politique, économique et humain, qui permettra sans doute à ceux qui auront lu le livre de suivre plus facilement le déroulement des événements des cinq années à venir, au Vietnam.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Solidement installé en Algérie, enfin accepté par les Américains longtemps réticents, ayant passé avec les communistes un accord qui camoufle les méfiances réciproques, de Gaulle est prêt pour ces trois mois essentiels (6 juin-1er septembre 1944) qu'Henri Amouroux raconte dans Joies et douleurs du peuple libéré. Brève période, mais sur la France passe sur le souffle brûlant de la Libération, avec ses drames (les souffrances des Français pris dans la bataille et sous les bombardements, le martyre des déportés, Tulle et Oradour, les exécutions sommaires de collaborateurs), mais aussi avec ses joies (la délivrance de Paris par les FFI et l'armée Leclerc, le Débarquement de Provence, la fuite des occupants de bien des départements dans lesquels dès le 6 juin les maquis ont pris l'initiative). Si rien en Histoire n'est jamais définitif, l'oeuvre d'Henri Amouroux non seulement obtient les faveurs du plus grand nombre de lecteurs, mais elle est assurée de la plus longue vie car, autant que de la France, elle parle des Français, qui font bénéficier l'auteur de témoignages et de confidences. Membre de l'Institut (Académie des sciences morales et politiques) où il a été élu en 1978, président du jury du prix Albert-Londres, Henri Amouroux, qui a notamment dirigé de 1968 à 1982 les quotidiens Sud-Ouest, France-Soir et Rhône-Alpes, est également l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages dont deux romans, et d'émissions de radio et de télévision.
Une fois passé le traumatisme causé par l'effondrement militaire de mai-juin 1940, les Français commencent à se ressaisir au cours de l'année 1941. Nombreux sont ceux qui, préoccupés par leur simple survie quotidienne, placent leur confiance dans la personne du maréchal Pétain. D'autres pourtant, encore relativement peu nombreux, considèrent qu'il est de leur devoir de résister à l'envahisseur. Le tout premier représentant de cette tendance sera le général de Gaulle qui lance depuis Londres, son appel à la résistance le 18 juin 1940 à la BBC. Peu de personnes sont à l'écoute ce jour-là, car en France c'est la débâcle militaire et l'exode des civils sur les routes. Il n'empêche que l'homme, habité par une formidable volonté politique, finira par s'imposer à tous, malgré les nombreuses rivalités affectant les diverses composantes de la France résistante. À cette époque, peu de gens peuvent imaginer l'extraordinaire destin que va connaître ce quasi inconnu, condamné à mort par l'État français qui le considère comme un renégat mais qui finira par incarner, à l'issue de la guerre, la légitimité politique de la France. Une seconde composante, et non des moindres, va voir le jour après que le IIIe Reich ait déclenché l'Opération Barbarossa d'invasion de l'Union soviétique le 22 juin 1941. Une nouvelle phase de la Seconde Guerre mondiale débute. Le Parti communiste français était jusqu'alors dans l'expectative quant à l'attitude à adopter vis-à-vis de l'occupant depuis la conclusion du pacte germano-soviétique signé le 23 août 1939 à Moscou par Molotov et Joachim von Ribbentrop. Barbarossa va constituer pour le Parti une véritable « libération ». Les choses étant claires, l'heure est dorénavant à l'action. En cela, le Parti des fusillés se révélera une organisation d'une redoutable efficacité. Ses militants, très disciplinés et parfaitement organisés, sont animés de la croyance et de la force morale que leur confère l'idéologie communiste. Cette force morale, assez comparable à la foi religieuse, les mènera souvent jusqu'au sacrifice de leur vie qu'ils soient simples militants ou responsables politiques. Cette montée des mouvements de résistance, ne doit pas faire oublier qu'allait se mener en France, une impitoyable guerre civile. Avec le talent qu'on lui connaît, Henri Amouroux, membre de l'Académie des sciences morales et politiques, sait mieux que quiconque nous faire vivre ces événements tragiques.
"Raymond Barre ou le plus mal connu des hommes connus." Tel aurait pu, également, être le titre de ce livre. De l'homme qui, pendant près de cinq ans, fut Premier ministre, les Français ne savent presque rien. Ils n'en ont qu'une image partielle : celle du chef du gouvernement nommé, en août 1976, au plus fort des difficultés économiques et sociales, appelant à l'effort, au retour à la compétitivité, à la défense du franc, à l'adaptation des entreprises et, plus encore, à la transformation des mentalités face au monde dans lequel nous vivons, celui des fulgurantes évolutions. Mais il existe un autre Raymond Barre que l'homme politique. Pudique, discret, secret, Raymond Barre, qui n'est entré que très tard et par hasard en politique il a cinquante-deux ans en 1976 -, a toujours refusé de se livrer. Il n'aime ni les potins, ni les cancans, ni les "échos", ni les petites phrases ni les petites histoires. Aussi Henri Amouroux, auteur de "La grande histoire des Français sous l'occupation", a-t-il voulu écrire ce livre comme il le fallait, en historien qui va aux sources et retrouve l'écolier Raymond Barre, premier de sa classe, à la Réunion; l'étudiant, qui, en 1946, suit à Paris les cours de François Perroux et de Raymond Aron; l'agrégé, professeur en Tunisie, où il rencontrera celle qui deviendra sa femme; l'homme à qui le général de Gaulle demandera d'aller à Bruxelles pour y être vice-président de la commission unique des Communautés européennes avant d'expliquer l'action du ministre du Commerce extérieur, du Premier ministre et du député de Lyon. Historien, Henri Amouroux a également, depuis dix ans, noué des rapports privilégiés de journaliste et d'homme avec Raymond Barre. C'est grâce à ces rapports qu'il peut, le premier, faire prendre conscience au lecteur de la variété et de l'ampleur des connaissances de Raymond Barre. Qu'il s'agisse de peinture, de musique, de cinéma, de philosophie, d'histoire et, bien entendu, d'économie, Raymond Barre est un homme aux goûts éclectiques, aux compétences multiples, à la simplicité totale, dès lors qu'il ne se trouve plus en présence du "microcosme", mais de ces Françaises et de ces Français qui, par leur travail quotidien, font la France. Au-delà de l'homme et de son action, le livre d'Henri Amouroux éclaire vingt ans d'histoire récente. Il nous aide aussi à mieux comprendre le présent et à saisir les enjeux du proche avenir. Cet ouvrage a été préfacé par Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre français.
Soixante-dix ans de scène : les mémoires du plus célèbre des artistes du music-hall du XXe siècle dont les succès tels que Prosper yop-la-boum, Ma pomme ou Fleur de Paris sont encore sur toutes les lèvres. Maurice Chevalier, c'est soixante-dix ans d'une carrière exceptionnelle, des caf' conc' d'avant la Première Guerre mondiale aux plus vastes scènes du monde entier. C'est une silhouette surmontée d'un canotier, une gouaille, un sourire et des refrains que l'on fredonne encore aujourd'hui, " Ma pomme ", " Prosper yop-la-boum ", " Valentine "… C'est aussi un pionnier, qui invente en 1948 le one-man-show, qui a su triompher des modes et garder intacte sa popularité par-delà les époques et les frontières. C'est encore l'artiste français par excellence, une vedette internationale qui, avec son accent de Ménilmontant, a charmé Hollywood et tourné avec les plus grands, tels Ernst Lubitsch, Billy Wilder ou Vincente Minnelli. Ce sont enfin ces mémoires pittoresques, tendres et chaleureux, parfois cocasses, au final un document historique inestimable sur le monde du spectacle du XXe siècle. Préface, notices et chronologie de Jacques Pessis
Il s'écoule presque autant de temps entre la convocation des états généraux et la chute de Robespierre qu'entre celle-ci et la prise de pouvoir par Bonaparte. Objet d'innombrables travaux d'historiens, la première partie de la Révolution est plus et mieux connue que la seconde - Convention thermidorienne et Directoire. Ce sont pourtant les Thermidoriens qui ont enraciné le régime, et il n'est pas excessif d'affirmer qu'ils ont à peu près tout inventé de ce que pérenniseront le Consulat et l'Empire : l'Institut, l'Ecole polytechnique, la conscription, le franc, le système métrique, le style Directoire, et même Napoléon, sans oublier d'audacieuses anticipations comme la séparation de l'Eglise et de l'Etat ou... la fête des mères. De la mort de Louis XVII à l'affaire du courrier de Lyon, les énigmes jalonnent une période où Sade écrit en toute liberté, tandis que se multiplient coups d'Etat et fêtes somptueuses. Jamais les femmes n'ont été aussi belles, la mode ayant libéré leur corps, et jamais l'argent n'a joué un tel rôle dans la vie publique comme dans la vie privée. Le livre de Jean Tulard répare une forme de négligence historique en nous présentant l'une des périodes les plus intenses de notre histoire, ainsi que des hommes aux dimensions vraiment peu communes.