Hammour Ziada
Hammour Ziada
Mai 1969, dans un petit village soudanais au bord du Nil. Le roman commence par la découverte dans le Nil du corps d'une adolescente que personne ne semble reconnaître. Les palabres autour de l'événement nous conduisent chez le maire, descendant d'une famille de notables en conflit ouvert sur le pouvoir local avec un autre clan du village, aussi riche et puissant. La femme du maire, Radiyya, se pose en gardienne des traditions, dont l'excision des filles, et maintient en esclavages ses domestiques en principe affranchis. C`est le cas de Fayet Niddo, mère de la belle `Abîr qui a été interdite de fréquenter l'école et qui, à treize ans, offre ses charmes sans renâcler à tous les hommes qui le lui demandent. Y compris le frère du maire qui lui promet sa protection...
L'ancien "dircab" d'un ministre du gouvernement islamiste sanguinaire d'El-Béchir (1989-2019) raconte son séjour dans sa ville natale après la chute du régime qu'il a longtemps servi avec zèle. Il s'adresse au chauffeur du taxi qui le ramène à la capitale, deux ans plus tard, dès la reconquête du pouvoir par des généraux véreux. Défilent alors une foule de personnages hauts en couleur impliqués dans des histoires souvent tragicomiques, dont celle de la querelle entre des soeurs jumelles à propos d'une recette de pain perdu, ou celle de la tante grabataire qui attend d'être enlevée par Alain Delon. Toutes les invectives de cet anti-héros hargneux et vindicatif se retournent contre lui, et on assiste, dès les premières lignes, à une déconstruction hilarante de l'idéologie islamiste. Un roman politique au vitriol, d'une brûlante actualité.