Guy Konopnicki
Guy Konopnicki
Depuis plusieurs décennies, les sciences sociales cherchent à mieux comprendre le rôle des groupes d'intérêts et des mouvements sociaux dans le fonctionnement de nos démocraties. De multiples ouvrages ont été écrits sur la question, allant du pluralisme de Robert Dahl aux approches sur la gouvernance, en passant par le néo-corporatisme et les analyses des mouvements sociaux. Dans ce contexte, qu'en est-il du Québec ? Quels sont les groupes et les mouvements qui participent à la vie démocratique québécoise ? Comment fonctionnent-ils et quelles règles régissent leur participation ? Grâce à la participation de chercheurs de différents horizons, ce livre répond à ces questions. Dans un premier temps, cet ouvrage analyse différents courants théoriques portant sur le sujet. Dans un deuxième temps, une série d'études de cas est proposée afin de faire le tour des plus importants groupes et mouvements existant au Québec. Les nombreux apports de ce livre permettent de jeter un regard novateur sur les aspects centraux de la démocratie québécoise et de mieux comprendre les enjeux québécois actuels.
Et si la majorité avait aussi ses complexes ? Réflexions sur la question goy renverse les perspectives avec humour et audace, offrant une lecture libératrice à tous ceux qui ne sont pas juifs.
Décryptage sans concession du Parti communiste français : Guy Konopnicki, ancien militant et journaliste, lève le voile sur les mystères, les contradictions et l’héritage lourd d’un parti qui a marqué la France.
Quand on passe la quarantaine au commissariat d'Argenteuil, on voit les choses en noir. Ce patelin, c'est la mort du métier de flic. Les crimes sont rares. Les beaux crimes qui sortent de l'ordinaire, pas les petites affaires d'Arabes assassinés, ou de gosses abattus en légitime défense. Heureusement pour le commissaire Paoletti et ses fidèles inspecteurs, le rabbin Elie Cohen vient de trouver une tête dans la synagogue. Et la patrouille ramasse un corps qui ne va pas avec. Le tranchant est aussi net qu'à La Roquette dans le temps. L'arme du crime est une guillotine. Une arme d'esthète. Et, c'est bien le plus surprenant, à douze kilomètres de la Porte de Clichy. Et pourtant, il faut peut-être aller jusque-là pour retrouver le climat drôle, émouvant et parfois violent, qui a fait le charme des films de Marcel Carné.
Paris, années 80 : quand les cadavres de poids lourds politiques s’accumulent, l’enquête vire au cauchemar burlesque. Les bouches se ferment mêle polar haletant et satire féroce des milieux gauchistes, où le rire le dispute à l’effroi.
"Un livre d'histoire exemplaire" (New York Times)"Un livre d'histoire exemplaire" (New York Times) "La monarchie prussienne n'est pas un pays doté d'une armée, mais une armée dotée d'un pays". Ce célèbre adage formulé pendant la guerre de Sept Ans a inspiré la vulgate germanophobe d'une nation casquée, nationaliste et impérialiste, inspiratrice de la Weltpolitik de Guillaume II puis du Lebensraum hitlérien. Or, si l'histoire de la Prusse est indissociable de celle de la guerre, elle ne s'y réduit pas, démontre Christopher Clark dans ce maître livre qui embrasse les quatre siècles tumultueux de cet Etat-Nation; né des marches du Brandebourg pour se hisser à la hauteur du grand rival Autrichien grâce à des hommes d'Etat d'exception (le Grand-Electeur Frédéric-Guillaume, Frédéric II, Bismarck...). Ces derniers bâtirent une monarchie militaire et administrative, ouverte et éclairée; qui sut se réformer après chaque grande crise (guerre de Trente Ans, invasion napoléonienne) pour repartir de l'avant. Pionnière puis architecte de l'Unité Allemande, la Prusse se fondit dans l'Empire qu'elle avait créé tout en conservant ses particularismes et sa diversité. Ce qui fait aussi d'elle une composante de l'Allemagne fédérale telle qu'elle existe aujourd'hui. L'ouvrage a sa sortie en Angleterre et aux U.S.A. (2006) puis en France a été unanimement salué par la critique et a reçu plusieurs prix."A coup sûr la meilleure histoire jamais écrite, quelle que soit la langue." (David Johnson, Seven) "Ecrit avec une telle force et une telle clarté que j'en suis restée sidérée." (Antonia Fraser, Guardian Book of the Year)
Timéo, quatre ans, vit avec sa mère, Émilie, et son beau-père, Cédric. Un dessin d'école où il représente leur famille recomposée, d'un trait d'enfant, naïf, sans intention, déclenche la colère de son père, Joachim, qui commet l'irréparable. Un an après le féminicide, Timéo vit chez sa grand-mère, qui l'élève désormais. Le récit déroule les jours qui ont suivi, puis précédé la mort d'Émilie, et dévoile les silences, les tensions, les gestes manqués, les signes ignorés.
Les ouvriers. La culture. On associe ces deux mots-là de toutes les façons, pour repousser le temps des ouvriers cultivés. Et si c'était aujourd'hui ? Ne peut-on trouver, dans le "désert culturel", des usines et des banlieues-dortoirs, ce qui participe de la culture nationale, ce qui donne - dans ce domaine - à la France, d'ores et déjà, ces couleurs qui seront celles du socialisme ? Guy Konopnicki est parti au gré des allées de grands ensembles, et des murs interminables des fabriques : il rapporte ce livre. Interviewant des travailleurs, des animateurs culturels, il présente une image inhabituelle de la culture en milieu ouvrier. Puis, il montre que rien ne se fera vraiment, sans qu'on tienne compte de cette réalité, construite à force de luttes et d'expériences, d'échecs et d'avancées.
La Terre est peuplée de patriotes. Aucun discours, aucune politique ne se passent de frontières sacrées, l'avenir radieux se prépare toujours au nom des glorieux ancêtres. Jadis porteuse d'un message universel, la France se repaît désormais d'un nationalisme semblable à tous les autres. Les problèmes d'aujourd'hui sont pourtant planétaires et, depuis longtemps, les pulsions sociales et les phénomènes culturels sont universels. Pourquoi s'accroche-t-on ainsi à la patrie ? Une frayeur renforcée par la crise, un besoin de protection... Mais le seul bénéficiaire du patriotisme est un appareil nommé État. Guy Konopnicki, contre toute apparence, est né à Paris et même à la Nation. Son identité a été falsifiée avant sa naissance. Abraham l'iconoclaste, et Robespierre le régicide, la Bible et Jules Michelet, il a tout mélangé, il prend Hollywood pour Jérusalem et ne se tourne vers aucune Mecque. Il vendrait tous les folklores du monde pour un fauteuil de cinéma, et la moitié de la NRF pour un polar américain. Il a choisi de tout déballer sur la place de la Nation.
Waldeck-Rochet, secrétaire général du PCF arrive au siège de l'Humanité, boulevard Bonne-Nouvelle, le soir du 27 avril 1969. Les premières estimations des RG donne le référendum perdant. De Gaulle va sans doute démissionner. Mauvaise nouvelle pour Waldeck et son parti qui ont fait campagne pour le Non mais qui ne souhaitent pas que le Général s'en aille. Cet homme-là, Waldeck le connaît depuis la guerre. Libéré du bagne de Maison-Carré, en février 1943, Waldeck Rochet représentait le PCF dans les instances de la France Combattante à Alger, et il soutenait De Gaulle contre Giraud. Il a été ensuite le porte parole de son parti à Londres. Sous la Ve République, il est dans l'opposition, tout en reconnaissant les aspects positifs du gaullisme, décolonisation et indépendance vis-à-vis des Etats-Unis. Or le départ du Général risque de ramener la France dans le giron américain. Les Soviétiques sont également inquiets et l'ont fait savoir. Commence alors une soirée étrange et mélancolique au cours de laquelle Waldeck ira jusqu'à envisager de contacter de Gaulle retiré à Colombey pour lui demander de ne pas quitter le pouvoir. Ce récit est un voyage dans le temps : le Paris de la fin des années 1960 ; Londres et Alger en 1942-43 où de Gaulle et les communistes se côtoient, s'observent et se soutiennent mutuellement ; le Moscou du début des années 1930 où Waldeck Rochet fait ses classes à l'école du Parti et découvre la réalité soviétique. Le départ du Général va provoquer une élection présidentielle avec une campagne de trois semaines qui conduira à des résultats étonnants. C'est aussi une réflexion sur la fin d'une époque, où la politique est encore dominée par des hommes issus de la Résistance et où selon le mot de Malraux "entre les communistes et les gaullistes, il n'y avait rien".
Cet essai est né d'une nausée : celle qui a saisi Guy Konopnicki à la lecture du dernier livre de Renaud Camus. Il y a senti, à l'instinct, tout le fumet d'une France "moisie" et éternellement pétainiste. Dans ce pamphlet corrosif, Guy Konopnicki fustige les tenants d'une France prétendûment ouverte et progressiste, se réclamant à tout instant de la République. Masques glorieux et mensongers que cette idéologie de la res publica, affirme Konopnicki qui dévoile sous ces beaux propos une France figée, conservatrice et xénophobe. L'auteur s'attaque ainsi au mythe toujours persistant de la IIIe République, il rappelle les compromis d'une certaine France, soi-disant de gauche, en réalité patriotique et réactionnaire, qui ne sut offrir au monde qu'un modèle de démocratie bourgeoise bradant ses propres principes humanistes. De Pasqua à Régis Debray, ses cibles ne manquent pas... S'en prenant à la France d'aujourd'hui avec tout autant de virulence, l'auteur met à mal le progrès dont se targue notre pays et stigmatise l'hypocrisie d'une France dont "l'exception" peut inspirer de légitimes inquiétudes.
Voici les tribulations drolatiques et politiques du bon Joseph Kaplan - ainsi prénommé en souvenir de Staline par des parents militants. Après avoir gravi tous les échelons du "Parti" dans les années 50, après avoir ambitionné de devenir "un petit Staline français", Joseph s'éprend soudain, et contre toute sa "culture de classe", d'une jeune fille un peu prostituée de luxe, un peu intello-idéologiquement suspecte. Elle l'entraîne dans des palaces, loin de ses bases militantes, et pour le bon Joseph ce sera une véritable déniaiserie idéologique plus encore que sentimentale ou sexuelle (quoique...) Guy Konopnicki a voulu aborder, sur un mode qui reste toujours celui de la plaisanterie et de l'autodérision, des sujets extrêmement graves comme ceux de la déstalinisation des esprits et de la démarxisation du monde. Au passage ressuscite tout un monde de petites gens pittoresques, immigrés, juifs, anciens résistants, futurs ex-communistes...
Le coq gaulois... Le petit coq français monté sur ses ergots... La vanité nationale... L'impression d'être le centre du monde... Voilà quelques traits français qui ne datent pas d'aujourd'hui... Un livre pour fustiger le chauvinisme français. Un livre pour nous rappeler quelques autres aspects du mal français. Mais l'essentiel de ce livre est ailleurs. C'est une méditation sur le déclin, l'exténuation d'une démocratie. Oui, nous dit Konopnicki, les démocraties peuvent encore finir. La fin du communisme ne les prémunit pas contre la maladie, la mort, ou, en tout cas, le ridicule. De la montée du Front National aux écarts de langage de Mme Cresson, du spectacle pitoyable donné par les politiques à nos réactions frileuses face aux révolutions de l'Est, Guy Konopnicki analyse tous les aspects du très étrange malaise qui s'est emparé de la France et semble miner les bases de l'esprit civique, démocratique et républicain.
Dépolitisation de la jeunesse, rejet de la politique : ces lieux communs volé en éclat en novembre 1986 ; et la levée en masse des étudiants et lycéens a totalement bouleversé la donne. C'est ce bouleversement qu'analyse Guy Konopnicki dans ce livre. Avec, au coeur de son commentaire, ce constat - et cette thèse : parce qu'il entrait en scène alors que les grandes illusions s'étaient effondrées et que les modèles totalitaires avaient enfin perdu de leur pouvoir de fascination, ce mouvement de jeunesse était le premier depuis très longtemps à se situer d'emblée, et de plain-pied, dans le cadre de la pensée démocratique. La vérité, étrangement oubliée, c'est que l'Université est d'abord le lieu de transmission de la culture d'une société ; et que le mouvement de novembre sans mettre en cause les institutions, sans se référer une seule seconde à une utopie despotique, imposait un nouveau type de dialogue entre le pouvoir et les citoyens. La nouvelle contestation ne met plus la démocratie en péril : tend à la régénérer et, peut-être, à la réinventer.
Pourquoi cet étrange discrédit qui frappe, en France, la politique ? Pourquoi ce mépris convenu envers les "politiciens" ou la politique dite "politicienne" ? Pourquoi "le" politique pour faire chic, "la" politique quand on veut signifier l'infamie de la chose ? Cet inquiétant rejet, nous dit l'auteur, qui dirigea l'Union des étudiants communistes, traduit une sourde dénégation de la démocratie elle-même : quand l'art de gouverner est considéré comme une simple affaire de compétence, quand, entre l'Atlantique et le mur des SS 20, la conduite des nations est limitée à la gestion et au commerce, ce sont les droits élémentaires du citoyen que l'on nie. Il nous dit, encore, que la politique, avec sa grandeur et ses misères, avec sa noblesse et ses mesquineries, fait partie de ce qui nous préserve de la tentation totalitaire. Guy Konopnicki nous rappelle, enfin, que la liberté et ses droits n'existent que si l'on s'en sert, c'est-à-dire en faisant de la politique, en revendiquant ce bon et réel plaisir.