Guy Di méo
Guy Di méo
L'identité sous ses innombrables facettes, concerne toute personne, en tout moment et en tout lieu. Indissociable des individus, des groupes sociaux, des espaces qu'elle qualifie, elle s'inscrit dans un cheminement entre ces trois polarités. Or, chaque étape de ce parcours chaotique comporte des risques de désarroi : qui suis-je ? À quels groupes et à quels lieux appartenons-nous ? Privilégiés dans cet essai, les concepts de la géographie sociale autorisent une réflexion novatrice sur la refondation d'un vivre-ensemble qui doit désormais composer avec des identités plurielles, hybrides et fluides.
Quelle place les femmes occupent-elles réellement dans la ville ? Comment pratiquent-elles et se représentent-elles les espaces urbains au quotidien ? À travers l'étude de deux thèmes majeurs, ceux des rapports aux notions d'intérieur (résidentiel) et d'extérieur (espace public), ceux des espaces attractifs et des espaces répulsifs, cet ouvrage propose, à partir d'un échantillon représentatif d'une soixantaine de femmes domiciliées à Bordeaux, à la fois une lecture et une interprétation de leurs représentations et de leurs pratiques de la ville. Il en ressort, par-delà les idées reçues, la grande variété des comportements des femmes dans la ville et les effets libérateurs de l'espace urbain. Mais aussi, a contrario, les réticences et les craintes éprouvées dans la fréquentation de certains espaces urbains, et surtout le poids du contrôle social. Autant de circonstances constitutives de « murs invisibles » au sein de la ville, qui bornent la libre circulation des femmes à des espaces limités et brident leur pleine capacité à bénéficier de la totalité de la ressource urbaine.
La géographie sociale, qui s'inscrit dans l'organisation politique, idéologique et économique des territoires, établit l'unité du vécu spatial de chaque individu, entre ses représentations et ses pratiques. Cette introduction présente les concepts et les outils de la discipline ; elle les applique aux principaux modèles spatiaux (localité, région, aire urbaine ou métropolitaine, pays et campagne, géosystème, réseau, paysage...) auxquels se réfèrent les géographes. L'accent mis sur l'étude des spatialités du social permet ainsi d'investir de nouvelles questions (événements, conflits, crises, postures et pratiques sociales, etc.) et d'aborder les thèmes de la justice sociospatiale, de la mixité, du genre et du corps, du vivre-ensemble, de la ségrégation et de l'exclusion...