Guillaume Lavallée
Guillaume Lavallée
Le matin du 7 octobre 2023, Gaza a débordé. Le Hamas a taillé une brèche dans la muraille qui le coupait du monde pour attaquer Israël, pour tuer des hommes, des femmes, des enfants, des grands-pères, des grand-mères, des survivants de l'horreur des nazis, vivant jusque-là dans un État créé pour que le peuple juif ne puisse « plus jamais » subir une telle violence.Dans les heures qui ont suivi, l'armée israélienne s'est lancée à l'assaut de Gaza pour y « anéantir » le Hamas. À présent, les cadavres s'empilent. Les morts se comptent en dizaines de milliers. Et demain, il ne restera plus rien de Gaza comme on l'a connue.Peut-on être nostalgique de ce qui était intenable? Est-ce là un privilège de celui qui peut entrer et sortir? Déjà, étrangement, vivre à Gaza tenait du privilège. Les Israéliens n'y ont pas accès. Les Palestiniens eux-mêmes, sauf s'ils ont grandi sur place, doivent ferrailler pour obtenir les laissez-passer pour y accéder. Les rares étrangers qui ont le droit d'y entrer sont les journalistes, les travailleurs humanitaires et de très rares diplomates. La question de la prison se joue peut-être là, d'ailleurs.Guillaume Lavallée nous emmène avec lui au coeur de Gaza - la Gaza d'avant ces images d'hommes extirpant des enfants des gravats sous les sanglots de leurs mères -, au coeur de cette enclave qui multiplie les guerres, les subit, de surcroît depuis que l'étau du blocus s'est resserré sur elle. Dans ces entre-guerres, il n'y a jamais eu de temps de paix. Seule une vie en sursis. Un quotidien bringuebalant, prodigieusement humain mais toujours chevillé à un conflit devenu la mère nourricière des enfants grandissants. Ces enfants qui rêvaient de sauter, de bondir, de jaillir, par-dessus les murs comme Spider-Man.
Telle une idole, étrange et hiératique, une Vierge noire trône au choeur d'une chapelle encombrée d'ex votos, accumulés autour d'elle au cours des siècles. À Meymac en Limousin, à Orcival en Auvergne, à Rocamadour en Quercy ou encore à Manosque en Provence, elle semble nous inviter à un mystérieux voyage dans le temps et l'imaginaire. Parmi les innombrables figurations de Marie, la Vierge noire tranche par son abstraction et sa pureté d'idole ; elle appartient à un temps où le dialogue avec l'autre monde, celui de l'au-delà, était encore possible et même quotidien. L'image dont il est question est bien sûr celle de la statue de bois trônant en Majesté, portant l'Enfant sur ses genoux, qui trouve une de ses expressions les plus emblématiques dans la statue de la Vierge noire de Rocamadour.
Le journaliste Guillaume Lavallée, correspondant de l'AFP à Islamabad de 2012 à 2015, propose un road-trip de la frontière afghane à la bouillonnante mégalopole Karachi pour illustrer les transformations de ce géant musulman aux pieds d'argile. Les mutations d'un peuple qui se retrouve sur la ligne de feu de cette guerre qui ne dit pas son nom, où l'armée ennemie n'est pas composée d'êtres humains, de semblables, mais de robots qui sillonnent le ciel, télécommandés depuis l'étranger, emplissant les nuits de leur bourdonnement obsédant. Des mutations qui vont bien au-delà du seul bilan humain et transforment le quotidien de millions de Pakistanais, qui ne connaissaient rien des attentats-suicides avant le 11 Septembre. Mais qui depuis en tremblent chaque semaine. Psychiatres débordés par les victimes collatérales des drones, chefs tribaux ahuris, poètes pachtounes au verbe musclé, habitants des nouveaux quartiers sécurisés, jeunes désespérés qui abandonnent leur pays sur les eaux mortelles de l'espoir, gangsters de Karachi tirés de films de Coppola, soirées folles et secrètes d'une élite blindée... Drone de guerre raconte ce Pakistan bien réel, celui des habitants de cet autre ground zero, celui que nous ne connaissons pas.
Le Soudan n'existe plus. Le divorce a été prononcé, le pays séparé en deux. Et ces deux Soudans font partie de ces pays coincés entre la géographie de la guerre et de la faim. Si les médias nous ont appris un ensemble de mots comme séparation du Sud-Soudan, crimes de guerre, crimes contre l'humanité, génocide au Darfour, nous sommes encore loin de comprendre ces réalités complexes. Pour l'histoire, Guillaume Lavallée propose ce témoignage éclairant sur les derniers jours de ce géant d'Afrique.
En janvier 2017, un jeune homme tue six hommes priant à la grande mosquée de Québec. Journaliste au Moyen-Orient, l'auteur Guillaume Lavallée s'interroge sur les raisons et origines de cette haine. Voyages en Afghani est le livre qu'il aurait voulu écrire ou lire sur les musulmans pour mieux comprendre et développer une relation avec l'autre. Guillaume Lavallée suit les pérégrinations de Djemal ed-Din al-Afghani, l'un des penseurs les plus énigmatiques du monde arabo-musulman au 19e siècle. Nous suivons les pas de Djemal ed-Din à travers l'Iran, l'Inde, l'Égypte, la Syrie, la Turquie, l'Afghanistan. Entre le récit de voyage, l'essai et le polar, Voyages en Afghani nous met aux premières loges de la complexe histoire du monde musulman, ses traditions, ses pensées, les débats, les intrigues et les élans de liberté.