Guillaume LACHENAL
Guillaume LACHENAL
Ce livre propose une réflexion collective sur le triage en médecine, du XIXe au XXIe siècle. Il se place au plus près de ses pratiques, dans les salles d'attente des généralistes, au sein des bureaucraties sanitaires, sur les théâtres des catastrophes humanitaires. Le triage y constitue à la fois une promesse et une épreuve, un fondement de l'identité de la profession médicale moderne et une intrusion menaçante de contraintes économiques et politiques dans la décision médicale, une pratique volontiers mise en scène et dont l'expérience reste cependant indicible, une routine des services d'urgence ou d'une médecine de ville pourtant marquée du sceau de l'exception. Enquêter sur le triage mène au coeur même de la médecine et des politiques de santé contemporaines, en mettant à jour les opérations de classement, de sélection, de priorisation et de négligence, qui, en traçant la ligne de partage entre ceux qu'il faut soigner d'abord et ceux qui peuvent attendre, constituent à la fois une condition nécessaire et un envers des relations de soin.
Les grandes épidémies ponctuent l'histoire du monde. En replaçant chaque événement dans son contexte, cet atlas restitue la complexité des interactions et interdépendances entre l'homme et le milieu naturel : o Remonter le temps : des épidémies de rougeole et variole du Néolithique jusqu'à la pandémie de Covid-19 des années 2020. o Représenter : cartes, graphiques et schémas mettent en évidence la propagation de l'épidémie et permettent qu'elle soit comprise, contrôlée, gérée. o Lutter : les mesures de surveillance et les stratégies de lutte mises en place. o Confiner et enfermer : sanatoriums, léproseries... des lieux pensés pour contenir les épidémies, mais où on apprend à côtoyer la maladie. o Localiser : les lieux privilégiés pour le développement des maladies, et les liens entre milieu naturel, virus, plantes, animaux et humains. Près de 100 cartes, infographies et documents, archives ou inédits, offrent des réponses pour la gestion des futures épidémies.
Les grandes épidémies ponctuent l'histoire du monde. En replaçant chaque événement dans son contexte, cet atlas restitue la complexité des interactions et interdépendances entre l'homme et le milieu naturel : o Remonter le temps : des épidémies de rougeole et variole du Néolithique jusqu'à la pandémie de Covid-19 des années 2020. o Représenter : cartes, graphiques et schémas mettent en évidence la propagation de l'épidémie et permettent qu'elle soit comprise, contrôlée, gérée. o Lutter : les mesures de surveillance et les stratégies de lutte mises en place. o Confiner et enfermer : sanatoriums, léproseries... des lieux pensés pour contenir les épidémies, mais où on apprend à côtoyer la maladie. o Localiser : les lieux privilégiés pour le développement des maladies, et les liens entre milieu naturel, virus, plantes, animaux et humains. Près de 100 cartes, infographies et documents, archives ou inédits, offrent des réponses pour la gestion des futures épidémies.
" Un médecin gouvernait seul, pendant la Seconde Guerre mondiale, une région entière du Cameroun. Il tentait d'y réaliser une utopie où la médecine guiderait toute la politique et où la politique deviendrait thérapie sociale... " L'histoire du docteur David ressemble à un rêve exaucé : celui d'un monde réinventé par les médecins. Elle rappelle que les colonies furent, pour les hérauts de la santé publique, des espaces d'exception affranchis des contraintes de la politique ordinaire, propices aux expériences grandeur nature. Celles de cet officier des Troupes coloniales furent totales. Les autorités françaises les présentèrent comme des succès. Les archives et les témoignages en livrent une image plus troublante. Guillaume Lachenal retrace ici le destin d'une utopie, en entrecroisant l'itinéraire de son maître d'oeuvre et le récit captivant d'une enquête de terrain, qui l'a conduit de l'Afrique aux îles du Pacifique. Dans les lieux et les paysages marqués par les aventures impériales du docteur David, dans la végétation, les objets, les chansons, les mémoires ou les ruines, il découvre que cette histoire se conjugue au présent. C'est une histoire toujours vive, faite de promesses impossibles, de violence, de rêves de grandeur, de désir d'échec et de rendez-vous manqués, où l'attente du futur s'abîme dans la comédie tragique du pouvoir. Guillaume Lachenal est maître de conférences en histoire des sciences à l'Université Paris-Diderot. Il a notamment publié Le médicament qui devait sauver l'Afrique. Un scandale pharmaceutique aux colonies (La Découverte, 2014).
L'histoire, volontairement occultée, qui commence dans les années 1940 et continue jusqu'aux années 1970, est celle d'un " remède miracle de la maladie du sommeil " : la lomidine. Avant qu'on ne reconnaisse enfin son inefficacité et sa dangerosité, elle sera injectée des millions de fois en Afrique. L'auteur suit pas à pas son histoire, montrant ainsi combien la médecine a été un outil du pouvoir. Une enquête historique inédite et implacable sur l'envers des politiques coloniales. C'est l'histoire d'une piqûre magique, qui devait débarrasser l'Afrique d'une maladie qui décimait le continent. C'est l'histoire d'un scandale pharmaceutique oublié, enterré par les pouvoirs coloniaux de la fi n des années 1950. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les médecins des colonies font de l'éradication de la maladie du sommeil leur priorité. Un nouveau médicament vient d'être découvert : la Lomidine. Dans l'enthousiasme, de grandes campagnes de " lomidinisation préventive " sont organisées dans toute l'Afrique. La méthode connaît quelques ratés – la molécule se révèle inefficace et dangereuse – mais ils ne freinent pas les médecins, au contraire. Il faut " lomidiniser " l'intégralité des populations, de gré ou de force. Ce livre montre comment les médecins s'obstinèrent à utiliser un médicament pourtant dangereux, au nom du rêve d'une Afrique libérée de la maladie ; comment la médecine a été un outil pour le colonialisme ; comment elle a servi de vitrine à l'" humanisme " européen et de technique de surveillance et de répression. La petite histoire de la Lomidine ouvre une fenêtre sur le quotidien des politiques coloniales de modernisation, révélant leur envers : leurs logiques raciales, leur appareil coercitif, leur inefficacité constitutive, et la part de déraison inscrite au coeur du projet de " mise en ordre " de l'Afrique par la science et la technique. Guillaume Lachenal renouvelle le regard sur le gouvernement des Empires, qu'il saisit dans son arrogance et sa médiocrité, posant les jalons d'une anthropologie de la bêtise coloniale.