Guido Cavalcanti
Guido Cavalcanti
OEuvre décisive du Duecento italien, la poésie de Cavalcanti est assurément, sur le plan littéraire, ce que Baudelaire appelle un «phare» dans le poème qu'il consacre aux peintres et sculpteurs majeurs de l'histoire de l'art. Elle est en effet le réceptacle d'une tradition courtoise et, plus largement, le résultat d'un croisement de courants philosophiques et poétiques au sein desquels elle fait entendre une voix tout à fait singulière, flamboyante, neuve, qui a initié pour plusieurs siècles toute la lyrique occidentale. Aîné de Dante et «premier de ses amis», premier à l'avoir accueilli, alors que celui-ci n'avait que dix-huit ans, dans le cercle exigeant des poètes d'une avant-garde qui allait porter - sous la plume de Dante - le nom de dolce stil novo, Guido Cavalcanti est un poète dont la virtuosité est inséparable d'une charge émotionnelle intense. Danièle Robert offre ici une traduction intégrale des Rime qui prend en compte la subtilité métrique et prosodique constitutive de cette poésie afin de donner à entendre, à l'intérieur même d'un système désormais inscrit dans le passé, la modernité et l'universalité d'une pensée extraordinairement vivante.
The fact that Cavlacanti's friend, Dante Alighieri, was a supremely fine poet ought not blind us to Cavalcanti's own, rather different excellence. Both men were attracted to the dolce stil nuovo, the "sweet new style" that emerged in thirteenth-century Florence. While Dante's poetry was devoted to his childhood sweetheart, Beatrice, Cavalcanti's poetry had more the tang of real-world experience: he struggled against unruly passions and sought instead to overcome love - a source of torment and despair. It is chiefly through the translations of Rossetti and Pound that English-speaking readers have encountered Cavalcanti's work. Pound's famous translation, now viewed by some as antiquated, is remarkably different from the translation provided here in the graceful voice of poet David Slavitt. Working under the significant restraints of Cavalcanti's elaborate formal structures, Slavitt renders an English translation faithful to the original poetry in both rhyme and rhythm.