Giulia Fabbiano
Giulia Fabbiano
Plus d'un demi-siècle après la fin de la « guerre d'Algérie », les descendants d'immigrés et de harkis sont légataires de la fracture créée au moment de l'indépendance, en 1962. Ils sont présentés comme appartenant à deux mondes tenus pour distincts, porteurs de mémoires conflictuelles. Or, en dépit d'une rivalité trop souvent exploitée sur la scène publique, ils partagent des références et des imaginaires culturels, des espaces, des moments, des interstices du quotidien. Ils se fréquentent, se lient d'amitié, nouent des relations amoureuses, fondent des familles. L'auteure souhaite rompre avec une représentation stéréotypée des Français d'origine algérienne et en historiciser le devenir identitaire. En posant, comme hypothèse initiale que l'altérité algérienne a connu au moment de la décolonisation une mutation profonde, elle mène une ethnographie située de l'« effet 1962 ». Ainsi est-il question de dénouer les fils d'une appartenance éclatée afin d'en comprendre les sources et les lieux d'inscription, d'en appréhender les narrations et d'en évaluer les retentissements au quotidien. Cet ouvrage apporte un éclaircissement empirique important sur les zones d'ombre qui hantent l'universalisme républicain et, plus généralement, les sociétés postmodernes : la saillance de l'ethnicité, la nature et la place des frontières entre groupes, les dynamiques et les imaginaires postcoloniaux.
La mobilité interpelle les sciences sociales autant du point de vue théorique que de celui des défis méthodologiques qu'elle pose, mais est à ce jour très peu explorée quant à ses potentialités éducatives. Les apprentissages, les expériences subjectives, les transformations du regard, et par conséquent du positionnement social, que les pratiques mobilitaires produisent et rendent possible, demeurent des champs marginaux de l'investigation en sciences de l'éducation et plus largement en sciences sociales. Que nous apporte concrètement la mobilité ? Quels changements produit-elle au niveau individuel et collectif ? Quelles dynamiques éducatives la traversent et quels apprentissages contribue-t-elle à développer ? Ce sont autant des questions auxquelles cet ouvrage collectif souhaite répondre en se focalisant sur une expérience de mobilité spécifique le tourisme, et pour la majorité des chapitres, le tourisme associatif, en ce qu'il articule, dès son apparition, temps de loisirs et temps éducatifs. Les contributions ici rassemblées s'attachent à historiciser et à cerner, avec une approche ethnographique, les pratiques touristiques en les posant comme des espaces d'interactions et de socialisation, aussi bien du point de vue des organisations touristiques , que de celui des des touristes. L'ambition est de mieux saisir les différentes modalités d'apprentissage en dehors des espaces sociaux qui leur sont dédiés, thématique principale d'EXPERICE.
Après une violente bousculade lors d'un mouvement de foule, Zisk, jeune homme de 16 ans qui étudie la musique dans une ville de Biélorussie, tombe dans le coma. La plupart de ses proches l'abandonnent : sa petite amie trouve un autre copain, sa mère refait sa vie avec son médecin et fonde une nouvelle famille. Seule sa grand-mère Elvira prend soin de lui, lui rend visite chaque jour et veille à ce qu'il soit bien soigné. Après dix ans de coma, Zisk se réveille. On lui annonce que sa grand-mère est décédée. Il comprend alors que ses proches ont changé de vie. Mais dans le pays, tout est comme avant : un président très autoritaire est toujours au pouvoir ; les jeunes quittent la Biélorussie, et la police réprime toute tentative de contestation. Le jeune homme trouvera-t-il sa place dans ce pays figé ? Un roman annonciateur de la situation politique en Biélorussie aujourd'hui : dans son avant-propos, Filipenko écrit : « La seule chose que j'espère sincèrement, c'est qu'un jour, dans mon pays, ce livre cessera d'être actuel... »