Gérard Simon
Gérard Simon
L'Optique des Anciens pose un problème singulier. C'est que - en particulier chez les deux auteurs qui marquent sa naissance et son apogée, Euclide et Ptolémée - elle se développe comme un ensemble de propositions à base expérimentale et de contenu géométrique ; mais qu'on se tromperait complètement si l'on tentait d'y voir une amorce de notre science, de notre Optique. Et cela pour la plus forte des raisons : le système de concepts sur lequel elle se fonde est totalement différent du nôtre, appartient à un monde de savoir caduc. De quoi s'agit-il ? Du rayon visuel émis par l'oeil, non de la lumière ; des règles régissant la vision et la visibilité, non d'une physique ; d'un contact direct de la vue avec les choses mêmes, en sorte que toute image apparue par réflexion ou réfraction est un leurre, faisant prendre du non-être pour de l'être. Repérer cette différence radicale des concepts - ce que Michel Foucault eût désigné comme une différence d'épistèmè - conduit ainsi à entreprendre une archéologie du regard.
Diplomate de carrière, l'auteur s'emploie à mettre en exergue certaines pesanteurs et insuffisances organisationnelles passées dont la survivance routinière serait susceptible, de perpétuer les failles constatées en matière de protection du secret. Mais, il n'a aucunement l'intention de ternir l'aura du Quai d'Orsay. Homme de terrain au caractère bien trempé, il a connu des expériences peu communes au cours de sa carrière. Le contenu et la forme de ce livre tranchent, singulièrement, sur les nombreux ouvrages consacrés, jusqu'ici, aux coulisses de la diplomatie de notre pays.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.