G. Le Luhandre
G. Le Luhandre
Mai 1940, la France s’effondre. Pourtant, une poignée de soldats part en mission suicide derrière les lignes allemandes pour exfiltrer un officier nazi qui renseigne secrètement Paris.
Dans les Cévennes, la famille Bédigas avale chaque jour sa part de couleuvres, ces affronts et petites humiliations que la vie impose sans prévenir.
Indochine, 1965. Jacques Savin, surnommé le Mandarin, revient sur les lieux de ses combats dix ans après la guerre.
Le soleil rayonne sur le quai de Seine. Un soleil d'hiver trompeur, réchauffant ceux qui s'en réjouissent derrière leurs fenêtres. Pas mon cas. Trois heures que je suis réveillé. Le temps de pisser contre le mur en évitant de souiller mes boots, et je m'étais remis à trembler. La chaleura ccumulée durant le sommeil s'était volatilisée à la vitesse d'un billet de vingt. Les 13° du palliatif rouge me ravigoteraient... J'avais réajusté mes couvertures dépareillées par-dessus mes fripes et m'étais réinstallé dans mon lit cartonné, à l'écoute de l'alcool qui tapissait de velours mon intérieur. Par nuit sèche, les autres dormaient dans l'escalier, à l'abri du parapet. Moi je préférais ouvrir les yeux sur les dessous du pont de la Tournelle. Son arche libérait le ciel, lentement. Chacun son regain d'espérance du jour. Une certitude, aucun de notre groupe n'avait envie d'essayer les hébergements avec leurs affres du petit matin.