Frédéric OHLEN
Frédéric OHLEN
Nous étions dimanche. Le 19. Je déambulais par les rues, soûle de bonheur. Bêtement, j'essayais d'assortir ma tenue à la couleur de rigueur. Le rouge, bien sûr. Le rouge aux fenêtres, dans les cheveux, à la boutonnière, sur les toits. Même si aucun vêtement, aucune teinte n'aurait su dire ce que mon coeur chantait. Tout le monde parlait à tout le monde. Des inconnus vous prenaient par le bras. Tant de félicité nous engourdissait. Des gens hurlaient : « Vive la Commune ! » Moi, je ne disais rien. Je n'avais plus de voix. 1921. Nathalie Lemel, figure méconnue de la Commune de Paris, amie de Louise Michel, va mourir, dans l'indifférence générale. À moins que son jeune aide-soignant, un sansgrade promu secrétaire à qui elle a dicté ses mémoires, ne se lance dans une quête éperdue pour retrouver ces pages. Du petit peuple de Paris aux grandes icônes de l'insurrection, de Brest à Montparnasse, de Quimper à la Nouvelle-Calédonie, au fil de ce roman flamboyant, Frédéric Ohlen questionne les limites, le courage et la pureté de l'engagement. Frederic Ohlen est un auteur bien ancre dans le Pacifique. Homme de coeur et d'action, de musiques et de rythme, il cree plusieurs prix littéraires et fonde une maison d'edition : L'Herbier de Feu. Officier des Arts et Lettres, écrivain engagé, Frédéric Ohlen devient le president de la Maison du Livre. Invite par des villes, des iles, et même a la Comedie-Francaise, il a été laureat du prix Popai pour ses poèmes, La Lumiere du monde (2005), et pour Quintet (2014), son premier roman.
Tous les hommes, on le sait, sont hantés par le Temps. Odi quod facit, sed facit quod sum. "'Je hais ce qu'il fait, mais il fait ce que je suis", écrivait déjà Frédéric Ohlen dans La Peau qui marche (1999). Dans la ruée ou à mi-voix, de Vanuatu jusqu'à Rome, sur les collines de Sendai ou dans les rues de Raiatea, la Mort est là, en filigrane ou triomphante. Hymne à la vie qui va et demeure, les quarante-deux poèmes du livre se présentent comme le moyen ultime de la prédire et de la saisir, de la deviner - puis de s'en défaire. Car le poète avance "un lotus dans les carotides". On ne naît pas, on ne s'éveille pas par accident, assure-t-il. Nos vies ont un sens, en dépit des séismes. Écrire, donc, mais a fresco, sur le vif. Rassembler les fragments épars. Recoller au corps. Pour retrouver, loin des "pluies de colères", sang et chair sur les restes de notre humanité, "obscène dans le feu de son évidence", la beauté.
Tous les hommes, on le sait, sont hantés par le Temps. Odi quod facit, sed facit quod sum. "'Je hais ce qu'il fait, mais il fait ce que je suis", écrivait déjà Frédéric Ohlen dans La Peau qui marche (1999). Dans la ruée ou à mi-voix, de Vanuatu jusqu'à Rome, sur les collines de Sendai ou dans les rues de Raiatea, la Mort est là, en filigrane ou triomphante. Hymne à la vie qui va et demeure, les quarante-deux poèmes du livre se présentent comme le moyen ultime de la prédire et de la saisir, de la deviner - puis de s'en défaire. Car le poète avance "un lotus dans les carotides". On ne naît pas, on ne s'éveille pas par accident, assure-t-il. Nos vies ont un sens, en dépit des séismes. Écrire, donc, mais a fresco, sur le vif. Rassembler les fragments épars. Recoller au corps. Pour retrouver, loin des "pluies de colères", sang et chair sur les restes de notre humanité, "obscène dans le feu de son évidence", la beauté.