Françoise Coblence
Françoise Coblence
« Survivre à quelqu'un » : tel est le sens le plus ancien du mot « survivre ». Il s'oppose moins à la mort qu'il n'en dit la proximité, le décès d'un proche étant la seule expérience de la mort que nous puissions vivre au présent. La survie psychique évoque un « appareil de l'âme » atteint dans ses possibilités créatrices, qui ne fonctionne plus qu'au minimum de ses capacités productives. L'histoire du sujet permet rarement de relier cette menace de l'effondrement à un moment tragique, car la temporalité humaine diffracte le trauma et impose la réalité psychique de l'après-coup à l'existence. Cet appareil de liaison, qui permet de symboliser et transformer, est-il simplement en panne ou à reconstruire ? L'attraction du transfert peut-elle substituer « vivre » à « survivre », pour que le monde apparaisse sous un nouveau jour ? À l'heure des canots de sauvetage en Méditerranée, quand l'auto-conservation règne en seul maître, « survivre » perd tout sens métaphorique. Quand « toutes les valeurs de la culture s'inclinent devant la survie » (Imre Kertész) car la terreur ne permet rien d'autre, d'où peut surgir l'espoir, celui de l'histoire et de sa transformation de la catastrophe en expérience ?
Depuis trois décennies, les réformes successives des retraites n'ont apporté qu'une réponse partielle au vieillissement démographique massif de la population française. Les dépenses de retraite restent parmi les plus élevées d'Europe, et l'âge de départ parmi les plus bas. Le système français de retraite a trois défauts majeurs. De nombreux dispositifs récompensent les assurés pour leur comportement, en plus de ce qu'ils ont réellement contribué , cette logique rétributive offre de très bonnes pensions à des retraités souvent aisés, pour un âge de départ encore très bas. Ensuite, la fragmentation en plusieurs régimes freine la mobilité professionnelle, nourrit le ressentiment et complexifie toute réforme. Enfin, le système est devenu trop dépendant des subventions de l'État, qui finance des dépenses dites de solidarité devant relever des régimes, et absorbe les déficits des caisses de retraite quand elles sont en perte. Cet ouvrage propose trois axes de réforme : une unification partielle des régimes, à droits quasi constants pour éviter une longue et coûteuse harmonisation par le haut , une remise à plat des subventions de solidarité de l'État et du pilotage du système , une rationalisation des dispositifs rétributifs et un effort demandé aux générations actuelles de retraités. Derrière les aspects techniques, il s'agit bien d'une révolution culturelle de notre rapport au travail.
« Quelle est la consistance d'un personnage que la mode fait et défait ? » interroge d'emblée Françoise Coblence, au commencement de sa minutieuse enquête sur le dandysme. Le terme lui-même est déjà une énigme étymologique : anglais ou français d'origine, nul ne le sait avec certitude. Et l'incertitude demeure à propos du personnage inventé par le « beau Brummell » à la fin du XVIIIe siècle. Ce « monarque de la mode » tant célébré, à la fois adulé et craint à l'époque de sa superbe, mondain superficiel et prétentieux, littéralement inimitable, se réduit-il à cet « androgyne de l'histoire » décrit par Barbey d'Aurevilly ? Ou bien faut-il le hausser au rang de « héros des temps modernes » comme le veut, en connaisseur, Charles Baudelaire, tout prêt, au demeurant, à le qualifier aussi d'« Hercule sans emploi » ? Toutefois, cet élégant, insolent et impertinent, affecté dans son maintien et son esprit, fashionable fascinant et personnalité indéfinissable, est autre chose qu'un simple gandin ou un muscadin ridicule. Au fil des portraits esquissés avec minutie par Françoise Coblence, émergent, après Brummell, d'autres types caractéristiques, ainsi ceux du dandy mondain, littéraire, ou politique. Mais il n'est pas certain que de telles figures, en apparence plus consistantes, parviennent à effacer totalement l'image confuse et mouvante de ces personnages dont la principale qualité est justement de n'en avoir aucune.
Entre le séjour de Freud à Paris où il rencontre Charcot et 1897, année du renoncement à la théorie de la séduction comme explication générale de l'hystérie, se situe le parcours qui va faire d'un jeune neurologue et neurophysiologiste, engagé dans une carrière scientifique, le créateur de la psychanalyse. La leçon de Charcot, les échanges avec Josef Breuer à propos d'Anna O, l'amitié avec Fliess et son extrême capacité à s'identifier aux patients névrosés vont amener Freud à délaisser ses premiers objets de recherche, comme les aphasies, pour l'étude de l'hystérie. Abandonnat l'hypnose il en arrivera au protocole qui constitue toujours le cadre de la technique analytique et à ses découvertes princeps : le rôle de l'inconscient et de la sexualité infantile dans l'organisation du psychisme. Les temps essentiels de cette élaboration, en particulier la correspondance de Freud avec Fliess, l'expérience de l'autoanalyse et la constatation de l'universalité des sentiments oedipiens, constituent autant de moments exemplaires d'une véritable conquête.
Construire un livre rassemblant les articles les plus représentatifs de la pensée de Françoise Coblence était plus qu'un hommage : une évidence, du fait de la profondeur et de la diversité de ses textes, jamais réunis jusque-là. Les thèmes qu'elle a examinés sous un prisme psychanalytique (rêve, pensée en séance, pulsions, affects...) sont aussi nombreux que les outils conceptuels auxquels elle a eu recours pour discuter et éclairer l'épistémologie psychanalytique, qu'ils relèvent de l'esthétique (littérature et poésie, image, musique, question de la forme en général) ou d'autres domaines de la philosophie (phénoménologie, politique, éthique...), sans oublier la perspective historique toujours présente. Ainsi, plutôt que de les regrouper en fonction d'une proximité thématique, les directeurs ont pris le parti de les faire se succéder par ordre chronologique de publication, de 1993 à 2020.
Le dandy, être élégant et narcissique, est absorbé dans la transformation de sa vie en oeuvre d'art. « Copyright Electre »
Le rôle de S. Lebovici a été considérable dans le développement de l'approche psychanalytique du très jeune enfant. Sa passion de l'enseignement s'est traduite dans de multiples publications, en particulier dans la revue La Psychiatrie de l'enfant, fondée avec J. de Ajuriaguerra, R. Diatkine, R. Crémieux.
Horza, l'un des derniers métamorphes, peut modifier sa forme à sa guise, ce qui en fait une redoutable machine de guerre. Il s'est engagé, aux côtés des Idirans, dans une croisade personnelle contre la Culture, cette immense société galactique anarchiste, tolérante, éthique et cynique. Mais son combat n'est qu'une escarmouche insignifiante dans la grande guerre qui embrase la Galaxie, entre la Culture et les Idirans fanatiques. Une guerre anachronique : une guerre de religion. Après L'Homme des jeux et L'Usage des armes, voici le troisième volume de la série de la Culture, la plus grande épopée galactique depuis Fondation, Dune et Hypérion.