Francois Missen
Francois Missen
Marseille, 1971. Un commissaire isolé et un journaliste intrépide unissent leurs forces pour démanteler les réseaux de la French Connection.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Le 9 septembre 1980, François Missen est arrêté à Kandahar par la Sécurité afghane, qui l'avait repéré et suivi depuis son entrée clandestine dans le pays, quelques semaines auparavant. Avec ses compagnons Antoine Darnaud, le cameraman, et Osman Baraï, le guide, il effectuait une enquête au sein de la Résistance. Avec eux il pourrira en prison pendant deux mois, soupçonné d'espionnage au profit de la CIA, ni inculpé, ni jugé, ni condamné. En attente. Alors commence la découverte de l'emprisonnement, le compte des heures en barreaux de cellule, la peur de la torture, de l'oubli, surtout de l'oubli. Aucune commission internationale n'entre jamais ici. Après deux mois d'interrogatoire, deux mois de vide, François Missen et Antoine Darnaud ont été libérés. Auparavant, ils auront dû avouer leurs fautes au cours d'une conférence de presse télévisée où questions et réponses étaient préparées. Rien n'a donc changé depuis L'aveu et Artur London. Quant à Osman Baraï, il n'a pas été libéré. C'était un Afghan, lui.
Héroïne, cocaïne, haschisch, le supermarché de la drogue est à ciel ouvert à Marseille. Pour tenir cette boutique aux bénéfices exorbitants, les armes crachent le plomb. Hier on ciblait le concurrent au Colt 11.43. Aujourd'hui on arrose - dégâts collatéraux involontaires - à la kalashnikov. Autour du Vieux Port, l'histoire du grand banditisme s'enrichit d'une chronique nécrologique quotidienne. Hier on tuait pour l'héroïne, aujourd'hui pour le haschisch et la cocaïne. Le marché de la came que l'on croyait relégué dans le passé sanguinaire du siècle dernier renaît avec la réapparition des papys flingueurs de la French Connection. Comme François Girard, commanditaire de l'assassinat du Juge Pierre Michel en 1981, libéré pour raison médicale et plongé à nouveau dans le business. D'autres collègues de la " blanche marseillaise " sont déjà au cimetière ou pour certains d'entre eux se sont retirés des affaires aux Etats Unis et vivent une retraite tranquille et discrète après avoir conclu le marché dit du repenti avec la justice américaine : Balancez et nous ferons le reste. C'est à dire , " Vous êtes libres ". Ils se racontent aujourd'hui auprès de François Missen.Et pendant ce temps, Marseille reste fidèle à sa légende du trafic de drogue. C'est le phénix de la came.