François Laplantine
François Laplantine
Découvrez Éloge de l´entre-deux : une exploration poétique et rigoureuse des interstices de la vie, entre raison et émotion, passé et présent.
Les tentatives contemporaines de reconstitution des identités perdues ou de plus en plus problématiques sont des processus qui relèvent pour une part importante des religions. La reconquête - voire la révolte - identitaire et la recherche du sens s'effectuent aujourd'hui dans deux directions principales. L'une, à partir de ce que le groupe capte par ses antennes, qui sont en situation d'interaction planétaire. L'autre, par ce qu'il radicalise à partir de sa mémoire collective et de ses racines. Les religions contemporaines produisent, par syncrétisme, de l'inédit et font réapparaître des formes de spiritualité que l'on croyait abandonnées et surtout qui ne sont plus l'oeuvre des grandes institutions ecclésiales. Ce premier volume du Défi magique - défi qui se présente aujourd'hui comme une insurrection néoromantique contre les ruptures et les dualismes de la modernité - étudie un certain nombre de ces courants de pensée et de ces mouvements : le développement de l'ésotérisme et de l'occultisme en Europe et aux Etats-Unis ; l'évolution du spiritisme en France et au Brésil ; la constitution de certaines spécificités nationales en Russie, aux Pays-Bas, en Israël ; la formation et la diffusion de la nébuleuse du "Nouvel Age".
Les rapports qu'une société ou un groupe social entretient avec la mémoire et l'imaginaire sont sensiblement différents au Brésil et en France. L'une des originalités de la société brésilienne est qu'elle met en question la pensée catégorielle et classificatoire qui présuppose une séparation rigide du passé et du présent, de la mémoire et de l'imaginaire, de la réalité et de la fiction. Ainsi, lorsque l'individu ou le groupe ne s'appréhende plus à partir d'une matrice culturelle exclusive, l'histoire des autres est susceptible de devenir une partie de sa propre histoire, c'est-à-dire une composante de soi. Cet ouvrage, qui représente les actes d'un colloque tenu à Lyon en 2000, s'ouvre par un texte de Jean Duvignaud et s'organise autour de quatre axes : la mémoire, l'imaginaire et le politique ; la mémoire, l'imaginaire et le religieux ; la mémoire, l'imaginaire et la création artistique ; les regards comparés enfin de l'imaginaire brésilien de la France et de l'imaginaire français du Brésil. Il a été préparé par le Centre de Recherches et d'Études Anthropologiques (CREA) de l'université Lumière Lyon 2 et la Pos-graduação em Sociologia da Universidade federal do Ceará (Fortaleza) dans le cadre d'un accord CAPES-COFECUB dirigé par Ismael Pordeus et François Laplantine.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Entre tradition et modernité, Les médecines parallèles explore les pratiques thérapeutiques en marge de la médecine conventionnelle.
Profilers d'élite. Un don hors du commun. Des enquêtes hors de contrôle.
Une lecture très originale des tensions à l'oeuvre dans la culture japonaise.
« Chronotopie » désigne le caractère indissociable des relations que nous entretenons avec le temps et l'espace. Au cours de ses nombreux séjours au Brésil, en Chine et au Japon, François Laplantine se rend compte que ces relations n'ont rien d'universel. Ainsi, au Brésil, pouvons-nous parler d'un espace par excè
Tsunami, pandémie, attentat, guerre, menace nucléaire... Les catastrophes égrenées à longueur de journaux semblent s'emballer. L'oeil se rive, sidéré, sur les mêmes images répétées à l'envi ; les chaînes d'info en continu, comme les fils Twitter qui ressassent les dépêches AFP, en disent à la fois trop et pas assez. Comment appréhender et dire les catastrophes ? Que font-elles au langage ? C'est cette brèche entre les mots et les choses, propre à la violence subie de l'épreuve, intime autant que collective, que François Laplantine tâche ici de circonscrire. Si, selon la conclusion du Tractatus, "ce dont on ne peut parler, il faut le taire", Wittgenstein lui-même a fini par proposer de montrer, précisément, ce dont on ne peut parler. Dans cet essai, François Laplantine le prend au sérieux et explore, du butô à Beckett, des films sur la Shoah à Maguy Marin et Antonin Artaud, comment la création montre ce qui résiste à être dit. Les formes artistiques explorées font apparaître alors des voies permettant d'éviter les écueils du silence mais aussi du catastrophisme tapageur. Ce que peut le langage, mais aussi ce qui l'excède.
L'intime est une expérience de familiarité avec une personne, un animal, un lieu qui progressivement se transforme en lien. Expérience fragile, le plus souvent soustraite au regard, et qui passe presque pour insignifiante face aux tumultes de la passion amoureuse, elle constitue pourtant une part essentielle de nos existences. Or elle peut se révéler déroutante, en venant brouiller les frontières de l'intérieur et de l'extérieur, du sujet et de l'objet, du visible et de l'invisible, du dicible et de l'inexprimable. Si bien que l'intime semble échapper à toute entreprise de connaissance : comment dès lors penser l'intime ? Interrogeant avec acuité et délicatesse cette part équivoque de nous-mêmes et ses évolutions dans des sociétés aussi diverses que le Brésil, le Japon et la France, François Laplantine nous invite à explorer les linéaments multiples mais aussi les ressources de l'imaginaire tant politique qu'artistique de la vie intime.
Une réflexion douce et sensible sur ce que signifie la vie dans toutes ses manifestations.
Si le caractère résolument universel de l'anthropologie doit être réaffirmé, il ne saurait prendre la forme d'un universalisme définitif, arrêté et imposé par l'Occident. Cet universel non comme état, mais comme devenir et comme éthique, n'est pas achevé. Il est en construction permanente. Il cherche davantage à rendre plutôt qu'à prendre. Il consiste à ressentir puis à élaborer ce qui surgit entre nous et les autres. François Laplantine interroge un certain nombre de perspectives théoriques : l'héritage du confucianisme et du taoïsme, la démarche de Claude Lévi-Strauss, les travaux de Michel Foucault. Il se déplace librement entre le Brésil, la Chine et le Japon, en étant à la fois attentif aux questions de traduction et aux phénomènes de migrations. Il nous propose un horizon de pensée permettant de mieux comprendre rapports, échanges et flux qui transforment les hommes.
Pour l'anthropologue François Laplantine, découvrir Tokyo, c'est d'abord se défaire des images et idées préconçues, se laisser surprendre, accueillir les émotions et observer la scène urbaine telle qu'elle se livre et s'expose. Attentif aux transformations du paysage citadin, aux attitudes corporelles des passants, aux modes vestimentaires des adolescents, aux flux et réseaux de circulation, à la signalétique ou aux formes esthétiques, il décrit avec un sens aigu du détail sensible, un lieu perpétuellement changeant. Un espace dans lequel la vie sociale apparaît également fluctuante, ou rien n'est permanent, ni univoque. La nature, qui est à l'état brut un péril menaçant, est apprivoisée et célébrée. L'hyperconsommation, bâtie dans une culture de la méditation, est aussi tempérée par une retenue venue du bouddhisme. Et tandis que le capitalisme affiche sa logique de la performance, les comportements individuels ont souvent quelque chose de flou, de rêveur, d'indécis. D'où cette impression de fluidité, de flottement décontracté. Mais n'y aurait-il pas un envers du décor ? La littérature, et plus encore le cinéma, donnent en effet une autre vision de la ville et de la société japonaises, plus âpre, plus sombre ou plus angoissée, entre l'éclat de la révolte et la hantise de la disparition. Confronter les deux, dans cet étonnant parcours, tout à la fois visuel, émotionnel et réflexif, c'est mettre le regard et la pensée à l'épreuve.
La danse contemporaine, née avec Merce Cunningham d'une rupture avec le ballet classique, est aujourd'hui l'une des formes artistiques les plus surprenantes et les plus vivantes de la création artistique. Sensible à l'état du monde, elle montre souvent le chaos mais préfigure également à travers les relations entre les danseurs de nouvelles formes de lien social. Avec une partie du théâtre actuel dans ce qu'il a de plus vigoureux, elle permet de réintégrer dans la connaissance une dimension du sensible largement méconnue par la pensée occidentale : le souffle. Ces deux activités, à l'instar des traditions artistiques asiatiques, ne consistent pas tant à exprimer des formes qu'à capter des forces. Elles sont animées par une énergie d'incorporation et d'extériorisation qui posent une série d'interrogation : les relations entre le regard et l'écoute, le corps et le langage, les voies du dire et du non-dire, la transformation du temps en espace. À l'heure de la communication à distance, des écrans, des médias, des multimédias, ces arts du spectacle vivant permettent de ne pas nous laisser happer par le virtuel et de revenir au réel tout en nous faisant percevoir d'autres manières d'exister. Ils créent de la pensée. Non pas un mouvement de pensée mais une pensée en mouvement.
De ce livre, né de l'étude de la maladie mentale dans une société de Côte d'Ivoire, jaillit la conviction qu'il existe - en Afrique - des connaissances et des pratiques psychiatriques absolument originales, qui ne doivent rien au « savoir » médical de l'Occident et qui sont - simultanément - la célébration d'un culte. Quelle est la relation de la maladie et du sacré ? Quand et où interviennent les figures, de plus en plus menaçantes aujourd'hui, de la sorcellerie ? Comment s'y prend le féticheur pour conduire un rituel thérapeutique qui consiste, ici, à écraser la maladie, là, à l'écouter et à la domestiquer, mais toujours à la faire circuler dans le but de réconcilier le groupe avec lui-même ? Loin de nous éloigner de notre propre « terrain », ces questions nous ramènent au contraire chez nous, car la « distance » de l'Afrique agit comme un révélateur qui permet d'occulter et de repérer des séquences, des tendances directrices, et aussi des aspects entièrement refoulés - mais pourtant présents - tant dans notre psychiatrie officielle, que dans notre « anti-psychiatrie ». Enfin, par ce même mouvement de va-et-vient, ce livre tente de mettre en évidence les différents systèmes interprétatifs possibles de la maladie, ainsi que les différents modèles implicites de la relation thérapeutique.
La survivance des médecines populaires interpelle la médecine officielle, et l'interroge sur ses manques. Elle est plus qu'une nostalgie du passé, elle atteste la permanence du symbolique ancré au fond de l'homme malgré trois siècles de rationnalité. Comme la médecine officielle, elle comporte des traitements allopathiques ou homéopathiques. La psychanalyse, elle-même, peut s'inscrire parmi ces derniers. Si l'enquête de base porte sur les pratiques du Berri, où il a reçu une initiation de guérisseur, François Laplantine a mené ses investigations bien au-delà, en Bresse, en Corse, en Bretagne, en Moselle..., et ses travaux antérieurs en Afrique Noire lui permettent des rapprochements féconds. Il nous fait pénétrer dans l'univers fascinant de l'imagier populaire de nos campagnes, qui met en scène et mobilise des symboles vécus sous forme de réalités charnelles, palpables et vivantes. À l'heure où le cartésianisme desséchant des villes commence à lorgner vers la sagesse rurale, pour l'interroger et s'interroger, le travail rigoureux de François Laplantine apporte, par son refus de tout manichéisme, des perspectives stimulantes.
Nés en France, dans la seconde moitié du XIXe siècle, sous l'impulsion d'Allan Kardec, le spiritisme et ses médiums connurent une vogue extraordinaire. Non seulement auprès des foules, mais aussi des scientifiques et des esprits progressistes, puisque la doctrine spririte jouera un rôle non négligeable dans la pensée socialiste de l'époque. C'est au Brésil que le spiritisme trouva son épanouissement le plus éclatant, au point de rassembler aujourd'hui près de vingt millions d'adeptes. Introduit et propagé par des hommes comme Francisco Xavier, "le médium-prodige", il a pris les dimensions d'une nouvelle religion, avec ses hôpitaux, ses écoles et ses oeuvres de bienfaisance. C'est la médecine et l'art spirites qui en offrent les manifestations les plus spectaculaires et les plus déconcertantes : guérisons "miraculeuses", toiles "impressionnistes" peintes par des artistes en transe... Marion Aubrée et François Laplantine ont étudié ces phénomènes sur place, avec rigueur et objectivité, et nous en livrent la première étude historique et socio-anthropologique.