Francesco Masala
Francesco Masala
Comme la nature ne l'a pas répartie équitablement, l'eau a toujours été un enjeu de pouvoir. Ce bien, qui devrait être commun, qui devrait être une eau libre, a de tout temps constitué une occasion de conflits entre les hommes. L'exemple de la Sardaigne nous montre que depuis la nuit des temps des hommes se sont déclarés les « maîtres » de cette eau, qu'ils l'aient sacralisée ou tout simplement privatisée. Ce n'est que par une gestion rationnelle et démocratique qu'elle pourra servir à étancher la soif des hommes et des champs.
Sans doute la plus ancienne terre émergée du bassin méditerranéen, la Sardaigne a connu, près de deux mille ans avant notre ère, une civilisation qui fonctionne aujourd'hui à l'instar d'une mythologie. Une coutume était l'élimination des anciens par les jeunes qui se contraignaient à feindre un rire qui était un rictus obtenu à partir de l'euphorbe, dite "herbe sardonique". C'est le fil rouge de ce "rire sardonique" que l'auteur déroule dans une évocation de la nature, des hommes, des idées, des mythes, des tabous, des grandeurs et misères de l'identité sarde.