Florian Michel
Florian Michel
À l'heure où la religion est accusée d'inspirer tous les radicalismes, d'être un ferment de discorde entre les nations et les communautés, cet ouvrage s'interroge sur le rôle de la religion au service de la diplomatie et de l'entente entre les États. Le fait religieux est en effet depuis longtemps, part intégrante de la « trousse à outils » des diplomates. Tout l'enjeu de cet ouvrage, qui rassemble plusieurs textes émanant de spécialistes universitaires ainsi que d'acteurs de la diplomatie, est d'évaluer, sur le long terme (XIXe-XXIe siècles) la nature de cet outil et son poids dans les relations internationales comme dans les conceptions des diplomates. L'attention est particulièrement portée sur les rapports qui se tissent entre les Églises et la France « laïque », celle de la Séparation des Églises et de l'État, tant la laïcité française, exclusive, demeure singulière et, comme le rappelait plaisamment Gambetta, ne constitue pas « un article d'exportation ». À travers divers exemples, l'ouvrage s'attache à montrer l'influence persistante et renouvelée du fait religieux dans la politique extérieure française, et à explorer cette dimension particulière de l'action culturelle.
Dans la première moitié du XXe siècle, la réputation des catholiques américains n'est pas bonne. La romancière Flannery O'Connor n'écrit-elle pas que leur souci principal est d'" installer le chauffage central dans les lieux saints " ? Ce livre dévoile une page méconnue de l'histoire culturelle du catholicisme américain et montre un autre visage des relations transatlantiques : " C'est dans l'ordre de l'esprit et de la culture que la communauté atlantique revêt sa plus fondamentale importance historique ", comme le notait Jacques Maritain. Avant que maints intellectuels français ne se retrouvent en exil à New York entre 1940 et 1945, avant l'influence de la French Theory aux États-Unis, Jacques Maritain, Étienne Gilson, Marie-Dominique Chenu, Jacques de Monléon, Charles De Koninck, Yves Simon ont enseigné en Amérique du Nord dans l'entre-deux-guerres et y ont fondé des instituts d'études destinés à occuper une place déterminante dans les mutations culturelles de l'espace nord-américain. Pour retracer l'histoire de ces philosophes au Nouveau Monde, Florian Michel a eu accès à des archives en France, en Italie, aux États-Unis et au Canada.