Fabienne Juhel
Fabienne Juhel
Dans le district d'Esil, au nord du Kazakhstan, Kalachi est un village de petits paysans et de braconniers. De rares voyageurs viennent y observer la faune sauvage, d'une singulière richesse, et chevaucher dans la steppe. Un matin, Masha Felk, une fermière, est retrouvée sans connaissance auprès de sa vache Melissa. Ne pouvant être tirée de son sommeil, elle est conduite à l'hôpital où son cas intrigue la neurologue de service, Irina Pushakova. Très vite, d'autres patients laissent penser à une épidémie. Or, les antilopes saïgas qui peuplent la contrée sont frappées à leur tour d'un mal étrange. Tandis que certains dorment, d'autres au contraire en profitent pour donner un cours inattendu à leur existence. Quitte à provoquer la foudre. En s'inspirant d'une histoire vraie, Fabienne Juhel nous emporte dans un roman empreint de merveilleux où nos attachements avec les autres êtres vivants, humains ou non-humains, dessinent les lignes de nos existences.
Au Malawi, le «Kusasa fumbi» désigne une tradition suivant laquelle les vierges sont déflorées par des hommes que l'on appelle les hyènes. Dans ce roman qui questionne la figure du paria autant que l'oppression sexuelle subie par les femmes, Fabienne Juhel suit successivement une jeune fille nubile, Elia, et un homme-hyène, Ladarius, qui se découvre malade du Sida.
Fabienne Juhel met en scène une étrange fillette, mythomane et cruelle, reine d'une vaste propriété bretonne, dont le monde imaginaire est soudain perturbé par l'arrivée de "L'Indien", engagé pour s'occuper du parc. Un étonnant jeu de miroirs porté par un personnage inventif et audacieux.
"Tu n'es pas venu ici pour te battre. C'est l'affaire des soldats, des gens du métier, des patriotes, des républicains. Toi, c'est autre chose qui t'amène.D'abord, il te faut ramener Aimé à la maison ; ensuite, tenir un feuilleton sur Conlie. Raconter l'enlisement de plus cinquante milles Mobiles bretons dans l'attente d'une hypothétique bataille du Mans.Pour l'instant, il te faut étudier le terrain, parler avec les soldats. Collecter leurs paroles, leurs mots, surtout ne pas les trahir - la trahison, les hommes n'en peuvent plus ! (...)Tu voudrais, toi, le poète, que l'on sente la vermine grouiller entre les syllabes. Que l'ont voie l'ergot de mort fleurir dans les bouches, la mâle-mort entre les dents. Tu voudrais des mots qu'ont de la gueule.Mots crus, vécus, poussés vent debout.Paroles de soldats dans leur trou de boue. Paroles d'indigènes bretons. Borborygmes de soudards d'une République qui ne leur fait pas confiance." Il a fallu de l'audace à Fabienne Juhel, grande spécialiste de Tristan Corbière, pour oser placer le poète au coeur du camp de Conlie, alors même qu'il n'y est allé qu'en imagination. Mais le génie de la romancière est là : elle qui tricote souvent ses livres avec le fil de l'Histoire, et adore les personnages écorchés par la vie - comme dans La Chaise numéro 14, ou La femme murée (Le Rouergue) - sait nous faire ressentir la pulsation du poète au souffle de son indignation devant le massacre.
Elle fut longtemps appelée « la folle de Saint-Lunaire ». Mais Jeanne Devidal (1908-2008) est aujourd'hui reconnue comme un Facteur Cheval au féminin, avec sa maison-forteresse, faite de bric et de broc, qui finit par s'inscrire sur les circuits touristiques de la côte d'Opale, en Bretagne. Fabienne Juhel dédie ce tombeau littéraire à cette femme en marge, aux nombreuses zones d'ombre, entre folie et art brut, qui fut torturée par les Allemands lors de la Seconde guerre mondiale.
À la fin de la Seconde guerre mondiale, dans un petite ville bretonne, une jeune fille est tondue par son ami d'enfance, pour avoir vécu une histoire d'amour avec un officier allemand. Devant la communauté villageoise, elle se présente pieds nus, dans une robe de mousseline blanche, sa flamboyante chevelure rousse déployée. Après cette humiliation publique, elle décide de se venger. Six noms sont sur sa liste... Un magnifique portrait de jeune femme libre, par Fabienne Juhel, auteur notamment de « A l'angle du renard », prix Ouest-France/Étonnants voyageurs.
Un homme, Antoine, quitte femme et enfant et se met en marche, pour un long périple à pied au travers de la France. De quoi cherche-t-il à se libérer ? Issu d'une histoire complexe, adopté par un couple de "Ténébreux" victime des camps nazis, on comprend qu'il a lui-même accompli un acte barbare. Roman de libération, "Les Hommes sirènes" nous emporte par l'intelligence de sa réflexion sur la condition humaine et sa richesse narrative. Le précédent roman de Fabienne Juhel, "A l'angle du renard", a reçu le prix Ouest-France/Etonnants Voyageurs.
Arsène Le Rigoleur est un paysan breton, madré et attaché à sa terre comme un renard. Des urbains s'installent dans la ferme voisine, avec leurs deux enfants, et viennent empiéter sur son territoire. Mais Arsène n'est pas le simplet que l'on pourrait croire. C'est un assassin, une bête enragée, dont le territoire de chasse s'est toujours limité au village et à la forêt voisine. Fabienne Juhel explore un territoire aux franges du naturalisme et de l'onirisme, un même imaginaire autour de la forêt et des bêtes sauvages avec un parler populaire, une langue pleine de verdeur, parfois drôle et souvent violente. La touche plus noire et la tension dramatique pourraient apparenter ce texte à un polar.
Dans un village sans nom, dissimulé au creux d'une lande sauvage, vit une communauté de vingt-neuf personnes d'un genre spécial : ici la mort a été abolie et chacun des habitants s'est réfugié pour une raison avouable ou pas. Mais des événements inexplicables se succèdent, qui font éclater leur vie éternellement répétitive : un homme est retrouvé mort aux grilles du village, des animaux sont dépecés et crucifiés... La communauté a-t-elle perdu son immunité ? Cache-t-elle en son sein un meurtrier ? Dans son cinquième roman, sorte de polar métaphysique d'une très grande maîtrise, Fabienne Juhel nous tient en haleine et nous livre une belle réflexion sur le sens de la vie. Prix Ouest France/Etonnants voyageurs pour A l'angle du renard, elle donne là un roman à la fois populaire et exigeant.