Etienne Got
Etienne Got
Ce livre ne veut pas être un livre polémique. Mais face à l'abondance des publications qui ont jeté le discrédit sur l'éducation ces derniers temps, l'auteur a voulu apporter une vision différente. Les jeunes, affirme-t-il, ont plus besoin d'éducateurs que de censeurs. C'est déjà un projet courageux et original. Originale aussi est sa démarche. Au lieu de se baser sur des rouages toujours un peu suspects, pourquoi ne pas lire au deuxième degré les travaux des élèves lorsque ces travaux portent sur l'éducation ? Cette méthode permet de voir à quel point les jeunes sont conscients non seulement des limites mais aussi des dangers de l'éducation. Mais elle permet aussi de voir combien ils sont lucides sur ce qu'elle apporte, et révèle incidemment comment ils en ont profité. On comprend que ces jeunes mobilisent encore l'intérêt de l'auteur, et celui-ci nous confie que son but en écrivant son ouvrage sera atteint si les lecteurs, parents et enseignants, voient autrement les jeunes et l'éducation.
À notre époque, où les sciences exactes, jusqu'ici essentiellement réductionnistes, commencent à s'ouvrir à des points de vue plus globaux, le problème des inter-relations entre les divers niveaux des systèmes que l'on étudie, se pose avec plus d'acuité que jamais. Les sciences humaines, depuis longtemps confrontées à ce genre de questions, ont ici beaucoup à dire, et Étienne Got apporte, dans cette optique, une contribution originale. Pour l'auteur, la question « Qu'est-ce qu'un pays adulte ? » est scientifiquement pertinente. Pour prouver qu'on n'a pas affaire là à une simple analogie, il met en parallèle, d'une part la séquence des étapes par lesquelles, dans la famille, l'individu passe pour devenir adulte et, d'autre part, la séquence des étapes grâce auxquelles, en une durée plus ou moins longue, s'établit, dans un pays, la démocratie. Il met en lumière un schéma évolutif commun aux deux évolutions : la statique de ce schéma est assurée par une structure triangulaire - deux instances et une base (pour le pays : exécutif, parlement et peuple ; pour la famille : homme, femme, fratrie) - et sa dynamique par le jeu complexe des rapports de l'animus et de l'anima, dans le sens qu'a donné à ces termes la Théorie de la bisexualité.