Eric Rommeluère
Eric Rommeluère
" S'asseoir, tout simplement " est une célèbre formule de la tradition zen pour décrire la méditation. Sa limpidité dit pourtant l'exigence d'une transformation de soi. Dans l'assise méditative en effet, le pratiquant est invité non seulement à se désencombrer, mais à se défaire inconditionnellement des peurs et des jugements qui colorent la réalité, pour vivre une expérience d'unité et de simplicité. Cet ouvrage passionnant est le premier à décrire l'expérience subjective de la méditation. Répondant aux nombreuses questions que le néophyte comme le pratiquant avancé peuvent se poser sur la posture physique, l'attitude mentale, les différentes techniques, la relation avec le maître, il décrit minutieusement, comme cela n'avait jamais été fait, les mécanismes psychologiques qui empêchent ou permettent l'expérience méditative. Alors que la méditation bouddhiste suscite un réel engouement, notamment par le développement d'une forme simplifiée et laïcisée de celle-ci, la pleine conscience, l'auteur propose également une réflexion critique sur ce nouveau phénomène de société à partir de sa propre expérience de méditant. Un livre concret et profond, indispensable sur la voie d'une méditation authentique. Éric Rommeluère est enseignant bouddhiste dans la tradition zen. Il a reçu les préceptes bouddhistes du maître zen japonais Taisen Deshimaru, puis pratiqué sous la direction des maîtres Ryôtan Tokuda et Gudô Nishijima. Ses ouvrages explorent les enseignements du Bouddha, leurs interprétations et leurs adaptations en Occident. Merci de prévoir une photo de l'auteur en 4e
Si nul ne peut plus ignorer les crises économiques, sociales et écologiques qui assombrissent notre avenir, que peut signifier être bouddhiste aujourd'hui ? Dans ses formes traditionnelles, le bouddhisme considère la souffrance comme la manifestation d'une angoisse existentielle. Ses enseignements et ses méthodes sont autant de propositions pour en défaire les mécanismes mentaux. Depuis plus d'un siècle cependant, influencés par les conceptions modernes de l'aliénation et de l'émancipation, de nombreux bouddhistes ont élargi leur regard aux mécanismes sociaux de la souffrance : se changer soi-même et changer le monde ne sont plus que deux facettes d'un même projet. Un bouddhiste peut – et même doit – s'engager dans la vie politique, économique ou civile afin de concrétiser un idéal de société juste et équitable, quitte, et c'est une autre nouveauté, à s'opposer aux structures établies. Incarné par des personnalités comme Thich Nhat Hanh, qui forgea l'expression " bouddhisme engagé " dans le contexte de la guerre du Viêt-Nam, ou le XIVe dalaï-lama, qui propose lui aussi un bouddhisme social, humaniste et non violent, ce courant tisse aujourd'hui une invisible toile qui transforme et modèle l'ensemble des traditions bouddhistes d'Orient et d'Occident. Éric Rommeluère présente les enjeux de ce mouvement, ses limites, ses espoirs et s'interroge sur sa signification concrète dans le monde d'aujourd'hui. Éric Rommeluère est un enseignant bouddhiste français. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages où il propose une lecture moderne des enseignements du Bouddha. Ses deux derniers livres, Les bouddhas naissent dans le fe u (2007) et Le bouddhisme n'existe pas (2011) ont été publiés par les Éditions du Seuil.
" La radicalité de l'enseignement du Bouddha, son hétérogénéité à nos modes d'être et de pensée n'ont pas été suffisamment dites. Nous n'y voyons qu'une religion de plus, une nouvelle culture à explorer, quelque peu plaisante, attirante ou intrigante. Mais qui a côtoyé un tant soit peu les maîtres du dharma, écouté leurs propos acides, lu leurs livres incandescents, sait qu'il en va autrement. Ces hommes et ces femmes de la voie nous sourient, emplis de gentillesse, et pourtant ils nous somment, inflexibles, de nous perdre, de tout perdre, y compris les plus excellents des enseignements du Bouddha. " Cet essai nous invite à quitter le sol de nos certitudes pour entreprendre une montée initiatique à la découverte du " bouddhisme ". À chaque palier, celui-ci se révèle plus vaste et plus insaisissable que ce que l'on croit savoir de lui : ni doctrine, ni métaphysique, ni promesse. Jusqu'à atteindre l'ultime station, ce lieu mystique que les disciples du Bouddha appellent la fine pointe du Réel - l'espace de la liberté. Éric Rommeluère livre ici une lecture aiguisée du dharma, au ton moderne, tout en rendant hommage aux textes et aux maîtres qu'il a côtoyés. Éric Rommeluère est enseignant bouddhiste dans la tradition zen. Dernier livre paru : Les Bouddhas naissent dans le feu (Seuil, 2007).
Le Zen s'est développé aux VIe et VIIe siècles grâce à la fusion du bouddhisme Dhyana importé en Chine par Bodhidharma et du taoïsme. La pratique du zen doit mener à la vision de notre propre nature et à l'Eveil parfait, tel que Bouddha l'a vécu sous l'arbre Bodhi après une période intense de méditation. Le chemin pour parvenir à l'Eveil est la pratique du zazen : la méditation assise, en posture dite du "lotus" ou du "demi-lotus". La plupart des grands maîtres du zazen ont témoigné de leur expérience intérieure, et de cette recherche formelle sont nés les {koan}, aphorismes ou dialogues à caractère toujours paradoxal, qui frappent l'esprit du pratiquant et produisent chez lui l'Eveil. Des cinq grandes écoles chinoises, l'école Rinzai (ou "zen de la contemplation des mots") et l'école Soto (ou "zen de l'Illumination silencieuse" et de "la méditation pure") seules ont survécu. Si l'école Rinzai fait de l'étude du koan le centre de la pratique, le zen Soto a privilégié la méditation assise, sans objet, le zazen.