Enrico Rhôna
Enrico Rhôna
« Dernier laïus sur le virus » met un terme au « journal viral » d'Enrico Rhôna ouvert au début de la pandémie avec sa « Chronique égocentrique d'un vieux gugusse épargné par le virus ». Si ce premier tome relatait sa vision décalée du confinement initial, le second « De vaccins douteux en variants vicieux, l'adieu piteux aux jours heureux ? » décrivait la triste suite. L'effroyable année qui, de juillet 2020 à juillet 2021, nous épuisa mentalement et physiquement avant que l'avènement des vaccins nous laisse espérer la délivrance. Malheureusement, dès l'automne, les variants Delta et Omicron amenèrent la quatrième et la cinquième vague des contaminations. Il fallut les combattre en multipliant les contraintes sanitaires dans une ambiance angoissante quand elle n'était pas franchement hostile. Avec notamment les manifestations virulentes et répétitives des opposants aux mesures gouvernementales. Mais malgré ces rebonds et ces entraves, une nouvelle lueur d'espoir peu à peu s'intensifia. À tel point qu'en janvier 2022 les autorités médicales et politiques purent considérer que « l'ennemi » était en passe d'être maîtrisé. Du stade pandémique nous passions au stade endémique. Subtile mais inspirante nuance pour un dernier laïus sur le virus...
Une suite à la « Chronique égocentrique d'un vieux gugusse épargné par le virus », publiée à l'été 2020, s'imposait-elle ? Pas fatalement... Mais rien n'est plus frustrant pour un « résistant » que de ne pas raconter sa guerre. Surtout s'il croit l'avoir gagnée. Au sortir du 1er confinement je considérais en effet qu'Emmanuel Macron s'était adressé à moi seul quand il s'était félicité « d'une première victoire sur le virus » ! Nous étions alors à la mi-2020 et « la vie d'après » s'annonçait radieuse... Impardonnable naïveté ! Le relâchement redouté par les autorités s'est vite produit malgré les campagnes de prévention. Et ce laxisme contagieux a logiquement incité le Coronavirus à prendre ses quartiers d'été. Avec les funestes conséquences que l'on sait : répétition des confinements, instauration des couvre-feux, saturation des hôpitaux et augmentation vertigineuse des décès ! L'arrivée des vaccins, début 2021, apporta une lueur d'espoir. Mais n'empêcha pas les contagions de flamber alors que nous pensions le virus à son terminus. D'où l'obligation d'ajouter à ma « Chronique » un second tome pour la période juillet 2020-juillet 2021. En me gardant bien de prédire, au vu de la « quatrième vague » amorcée, qu'il serait le dernier...
La « chronique égocentrique » d'Enrico Rhôna n'a aucune prétention scientifique ! Plus modestement son récit reflète la vision de cet événement historique que fut le confinement par un retraité curieux et espiègle, vissé à sa radio et collé à sa télévision ou à son smartphone quand il n'était pas plongé dans la lecture des journaux quotidiens ou des magazines. Jour après jour jusqu'au 11 mai, terme officiel de « l'épreuve », il a donc rédigé son bulletin de santé mentale entre deux promenades dûment autorisées par le Gouvernement. L'expérience fut d'autant moins pénible qu'il réside en bord de Méditerranée et qu'il a eu la chance d'être épargné par l'horrible « détresse respiratoire ». C'est toujours le cas et c'est pourquoi en mettant le point final provisoire à son journal, rigoureux sur les faits et malicieux dans leur interprétation, il a pensé qu'il pourrait être partagé. Que des lecteurs s'y retrouveraient au fil des pages et que, d'indignations légitimes en digressions surréalistes, ils en apprécieraient autant le bon sens que le non-sens...
« La bêtise consiste à vouloir conclure », a écrit Flaubert. Pour ne pas avoir tenu compte de ce précieux conseil Enrico Rhôna avait cru pertinent d'intituler, au printemps 2022, le troisième tome de son journal viral « Dernier laïus sur le virus ». Les faits lui donnèrent malheureusement tort et les vagues épidémiologiques qui se succédèrent par la suite l'obligèrent à ajouter une ultime « greffe » mémorielle à sa chronique égocentrique. Ce n'est que le 31 janvier 2023, quand le gouvernement français décréta la fin de « l'exception Covid », qu'il se sentit autorisé à ne plus suivre à la trace l'effroyable virus et à ne plus prêter une attention obsessionnelle à tout ce qui se disait ou s'écrivait sur le SARS-Cov-2. Une authentique délivrance après trois années de « guerre sanitaire » vécue étrangement mais intensément...