Desbiens Patrice
Desbiens Patrice
Dès sa parution en 1981, L'homme invisible / The Invisible Man consacre Patrice Desbiens comme une des voix majeures de l'Ontario français, et l'homme invisible comme métaphore du «minoritaire francophone dans la réalité canadienne» : d'un côté il est Franco-Ontarien alors que, en miroir, he is French-Canadian. L'incertitude identitaire est au coeur de ce récit / story dans lequel l'homme invisible quitte sa ville natale en quête d'amour, d'appartenance. «Il a besoin d'une femme. Il a besoin d'un pays.» Or, «[l]es deux le laissent tomber.» L'homme invisible restera emmuré dans un stéréo verbal, ses deux langues maternelles en chicane, incapable de réunir les composantes de son identité culturelle et de trouver l'amour. Dans Les cascadeurs de l'amour, deux êtres s'aiment dangereusement. «Patrice Desbiens, [...] cascadeur de l'écriture, travaille [...] sans filet ; son écriture est risque : d'un côté le sublime, de l'autre le ridicule. La force du poète, ici, réside dans sa capacité d'allier les deux, à tel point qu'on ne sait plus si c'est le sublime qui devient ridicule ou le ridicule qui devient sublime.» - Jean Dumont La réédition en BCF de ces deux recueils à la poésie grinçante et drôle «[rassemble] dans ses prises à partie et contradictions les éléments de la question identitaire franco-ontarienne». - Elizabeth Lasserre
JE RÊVE AU POÈME Je rêve au poème qui rêve à moi et quand je me réveille le lit est vide et encore chaud Dans son nouveau recueil «Sous un ciel couleur cayenne», le poète Patrice Desbiens poursuit son exploration, avec la concision qui caractérise son oeuvre de maturité, des tonalités que revêtent les grands et petits moments de l'existence.
Ici un coin de table et le grand bleu du firmament couché sur ses hanches sur ma page blanche c'est tout ce dont j'ai besoin Bleus comme le ciel ou gris comme la neige, les mots du poète se déposent à la surface des jours et en dévoilent le grain, la lumière, la pulsation. Desbiens évoque avec simplicité les rencontres et rituels qui rythment sa vie montréalaise dans ce nouveau recueil, une oeuvre de maturité qui pose un regard à la fois serein et lucide sur un monde qui ne s'arrête jamais pour souffler. «Le quotidien du poète» marque le retour de Desbiens chez Prise de parole, maison avec laquelle il est fortement associé.
Les poèmes épurés de «Rouleaux de printemps» fouillent l'épaisseur du quotidien pour témoigner du sentiment de dépossession des êtres devant le réel et le temps qui passe. Étrangement, si une profonde mélancolie traverse l'ensemble du recueil, l'amour et la tendresse, et même parfois une pointe de légèreté, ne sont jamais très loin. C'est que le poète navigue continuellement entre l'éphémère et l'éternité, entre la laideur du vivant et des choses et leur inexplicable beauté... Rien n'échappe à celui qui vit sur la corde raide.
« Désâmé », c'est du Desbiens typique et classique. Un lecteur familier y retrouvera des effets vus ailleurs, assonances, comparaisons, constructions syntaxiques en parallèle, mots fétiches même. L'originalité de ce recueil réside dans la nuance nouvelle des thèmes et images obsédants. Une originalité troublante de vérité. Mine de rien, parmi d'autres thèmes, celui de la mort qui s'y profile, et la sienne entrevue de bien plus près qu'avant. À ce thème s'allie, un peu plus appuyée, sa pratique de la poésie : rapports entre le poète et la poésie, entre le poème et la gangue de vie dont il s'extrait. « Ce titre, Désâmé, indique en tous cas assez clairement que l'expérience de désenchantement et de désoeuvrement (de déréliction ?) qui suscite le poème touche aux fibres de l'être. Peut-être davantage, ici, que dans ses précédents opus, cette expérience en est une d'écriture, Desbiens élaborant dans la première partie de son livre, judicieusement intitulée « Italiques », un art poétique aussi humble que malicieux, aussi désarmé que désarmant : J'écris à la main j'écris sur du pain sans savoir de quelle encre le beurrer. Je ne sais pas de quel poème vient le poème. » « Voix et Images », no.7
Toujours fidèle à sa manière bien à lui et à ses préoccupations thématiques, Patrice Desbiens offre, dans «Décalage», des regards rétrospectifs sur son passé partagé entre le Québec et l'Ontario français. La première partie est inspirée par la grande rencontre internationale Jack Kérouac tenue à Québec en 1987 et évoque des lieux de cette ville. La deuxième est un court mémento tandis que la troisième renoue avec le passé de Desbiens. Le recueil réunit des poèmes qui ont été publiés dans les revues Estuaire, Lettres québécoises et Steak haché. Avis aux collectionneurs qui veulent posséder le « tout Desbiens ».
Réédition en un volume de trois oeuvres de Patrice Desbiens : «Poèmes anglais», «Le pays de personne» et «La fissure de la fiction». Ces trois titres marquants retracent l'évolution du poète au tournant décisif des années 80 et 90. «Poème anglais», paru en 1988, marque la fin de la période où Desbiens vivait et écrivait à Sudbury. Ce recueil marque un point de rupture dans sa relation aigre-douce avec le milieu où s'étaient définitivement révélées sa vocation et sa problématique de poète. Il y intériorise on ne peut plus profondément la condition du francophone minoritaire et la solitude de poète dans une société banalement marchande qui n'a que faire de lui. «Le pays de personne», paru en 1995, a été écrit à Québec, où Desbiens a vécu de 1988 à 1991 et aussi au début des années 70. Parue à l'origine dans Un pépin de pomme sur un poêle à bois (où elle côtoyait ce dernier recueil ainsi que Grosse guitare rouge), cette oeuvre est celle où son malaise personnel rejoint le malaise collectif québécois tout aussi étroitement que le malaise franco-ontarien. L'amour, l'espoir, la poésie n'y ont pas plus facilement droit de cité. «La fissure de la fiction», parue en 1997, peut être considérée comme la première grande oeuvre de sa période montréalaise. Sa voix devient plus narrative pour relater une aliénation toujours aussi terriblement familière, incarnée dans le réalisme hallucinatoire d'une quotidienneté cauchemardesque. Le poète aspire au roman, mais se heurte contre l'inéluctabilité de la poésie qui le voue à la solitude, sans pays, sans amour, sans amarre. L'ouvrage est précédé d'une préface de Jean Marc Larivière, cinéaste et ami de l'auteur, qui fournit une synthèse fort adroite de l'ensemble de son parcours et de ses publications. Riche en balises interprétatives, cette préface est une excellente introduction à l'oeuvre de Desbiens. En postface, on trouvera des extraits de la critique et une biobibliographie détaillée.
Trois recueils donnent toute la mesure du grand Desbiens qui continue d'articuler sa vision déroutante et décapante de notre fin de siècle. Trois recueils où le passé et le présent, l'Ontario natal et le Québec adoptif se heurtent, se répercutent dans une poésie où la tendresse se cherche un abri. C'est un hommage émouvant à la mère, un regard porté sur elle qui chavire. Avec « Un pépin de pomme sur un poêle à bois », Patrice Desbiens a remporté le prix Champlain en 1997.
Grâce au chant et à la Psychophonie, cette thérapie sonore, tous ces obstacles à l'harmonie d'une vie vont tout d'abord être exprimés puis solutionnés. Notre crainte de la vie s'estompera et notre créativité se libérera. Nous nous verticaliserons, ferons le lien entre ciel et terre et deviendrons des êtres spirituels incarnés, avec une relation à l'autre totalement transformée et pleine d'humour et d'amour. Broché 14 x 22 - 70 pages