Denis Muzet
Denis Muzet
Avant d'être éprouvée à travers les maux qu'elle produit, la crise est d'abord éprouvée par les Français à travers ses mots. Faute de pouvoir être représentée dans les médias sous forme d'images, son récit comme sa perception s'ancrent dans un vocabulaire qui s'abat sur nos concitoyens en un déluge continu : éclatement de la zone euro, faillite financière, spreads... Comment la crise est-elle parlée et racontée ? Quels effets ses mots produisent-ils sur nos concitoyens ? C'est l'objet de ce livre qui, de Grèce à FMI et à BCE, en passant par coût du travail, flexibilité et choc de compétitivité, ausculte les mille et une manières de dire la crise. L'auteur nous aide, dans cet ouvrage issu d'une enquête sociologique auprès d'un échantillon représentatif de Français, à mieux comprendre la crise, ou du moins la profonde mutation économique et sociale dans laquelle nous sommes engagés.
Pour les Français, 2012 s'est imposée comme l'année des illusions. La victoire d'un Président de la République qui se brise contre le mur de la crise. Des entreprises qu'on croyait créatrices de richesses qui font des pertes et détruisent des emplois. Des sportifs érigés en modèles qu'on découvre indélicats. Des fonctionnaires dont on apprend qu'ils n'étaient que des « ripoux ». Comment, dans ces conditions, aborder 2013 ?Ce livre-enquête, réalisé en partenariat avec Le Monde, décrypte, grâce à la célèbre méthode des mots-clés employée par l'institut Médiascopie, les perceptions qu'ont nos concitoyens de l'actualité telle qu'elle s'écrit au quotidien à travers ses drames, ses succès, ses débats, ses héros et ses traîtres. Une analyse complétée par le regard aiguisé de personnalités.
Le "pouvoir médiatique" dont on traite ici s'est appuyé sur une conception très particulière du temps : non seulement les médias d'aujourd'hui prétendent couvrir tous les événements du globe, mais ils le font en temps réel. Nicolas Sarkozy a tenté de transposer ce rythme à la politique, en réagissant à chaud, en parcourant la France en tous sens, en mettant en place une gouvernance du "temps réel", principe importé de la télé-réalité.