Denis Jacqmin
Denis Jacqmin
Depuis sa création, l'industrie ukrainienne de défense a été fortement imbriquée dans le complexe industriel russe. L'annexion de la Crimée et le soutien russe aux séparatistes dans l'Est a forcé un découplage brutal des deux complexes industriels. UkrOboronProm, le consortium qui supervise les industries publiques de défense ukrainiennes s'est donné plusieurs objectifs : fournir l'armée ukrainienne en équipements modernes, remplacer la Russie dans les fournitures de l'industrie de défense ukrainienne et trouver de nouveaux débouchés, réformer les industries de défense pour les rendre compétitives, trouver de nouveaux marchés et adopter les standards occidentaux. L'industrie de défense ukrainienne passe également d'un système calqué sur le modèle russe à un système d'inspiration occidentale qui repose davantage sur l'initiative privée. Pour réussir cette transition, l'appareil industriel de défense ukrainien aura besoin de soutien politique interne et externe dans les réformes, de collaborations avec des partenaires occidentaux et de la mise en place d'un contrôle scrupuleux de la qualité pour faire oublier la mauvaise réputation de l'Ukraine des années Ianoukovitch.
Achetés au milieu des années 1970, les 160 F-16 belges ont été intensivement utilisés, notamment dans les Balkans, en Afghanistan, ou plus récemment en Libye et en Irak. Facilement déployables, l'engagement de chasseursbombardiers s'avère également moins risqué que l'emploi des forces terrestres dans les conflits actuels et a joué un rôle de premier plan dans les opérations militaires belges de ces vingt dernières années. Les 54 derniers F-16 belges en activité se rapprochant de leur fin de vie, annoncée entre 2023 et 2028, le gouvernement a décidé fin 2015 de les remplacer par 34 nouveaux avions de combat, dont le choix reste à déterminer entre trois candidats : l'Eurofighter, le F-35 ou le Rafale. Ce rapport met en lumière le processus de sélection du remplaçant du F-16, depuis les analyses de prospection menées par la Défense jusqu'à l'évaluation des différents candidats en vue de la décision finale. Il apporte un éclairage sur une série d'enjeux qui structurent le débat sur cet achat militaire majeur. La question des bombes nucléaires et leur transport éventuel par des pilotes belges, le volume des retombées économiques, les enjeux budgétaires et stratégiques, ou encore l'impartialité du processus de sélection, sont autant de volets d'un dossier éminemment complexe qui a déjà provoqué un grand nombre de prises de positions dans l'espace public. Ce rapport présente également un tour d'horizon des positionnements des différents partis politiques belges ainsi que les principaux arguments des opposants au remplacement.