Darius Rochebin
Darius Rochebin
"Un jour, au milieu d'un silence, j'ai entendu la respiration de l'homme qui encourait la mort. Ce son ne m'a plus jamais quitté. Je devenais le dépositaire de la vie qui palpitait derrière moi. Un souffle fragile me reliait à lui." De ses origines familiales au combat pour l'abolition de la peine de mort, Robert Badinter retrace, dans ces entretiens menés à la fin de sa vie par Darius Rochebin, les épisodes marquants de sa trajectoire exceptionnelle : celle qui a mené ce fils d'immigrés juifs d'Europe de l'Est au bureau du garde des Sceaux. En résulte un portrait étonnant de liberté, de vivacité, souvent d'humour, où Robert Badinter raconte avec un égal naturel la lutte pour la survie sous l'Occupation, ses premières amours à New York, sa passion de la littérature et de la politique ou son apprentissage de l'art oratoire. D'un bout à l'autre, cet ouvrage poignant est traversé par la question de son rapport à la France et à une République qui aujourd'hui, avec son entrée au Panthéon, l'honore.
"Un jour, au milieu d'un silence, j'ai entendu la respiration de l'homme qui encourait la mort. Ce son ne m'a plus jamais quitté. Je devenais le dépositaire de la vie qui palpitait derrière moi. Un souffle fragile me reliait à lui." De ses origines familiales au combat pour l'abolition de la peine de mort, Robert Badinter retrace, dans ces entretiens menés à la fin de sa vie par Darius Rochebin, les épisodes marquants de sa trajectoire exceptionnelle : celle qui a mené ce fils d'immigrés juifs d'Europe de l'Est au bureau du garde des Sceaux. En résulte un portrait étonnant de liberté, de vivacité, souvent d'humour, où Robert Badinter raconte avec un égal naturel la lutte pour la survie sous l'Occupation, ses premières amours à New York, sa passion de la littérature et de la politique ou son apprentissage de l'art oratoire. D'un bout à l'autre, cet ouvrage poignant est traversé par la question de son rapport à la France et à une République qui aujourd'hui, avec son entrée au Panthéon, l'honore.
Rien de crépusculaire dans cette conversation inédite, interrompue par la mort d'Hélène Carrère d'Encausse. En confiance avec Darius Rochebin, la première femme élue Secrétaire perpétuel de l'Académie française se livre avec une totale liberté d'esprit. Par la passion du savoir, à force de ténacité, l'enfant sans patrie, née dans la pauvreté, devint une figure de la civilisation française. Méditant sur le destin russe baigné de sang, façonnée dès l'enfance par la lecture de l'Iliade, Hélène Carrère d'Encausse rappelle la loi de fer : la guerre est la règle, la paix l'exception. L'éblouissante leçon d'histoire nous fait comprendre la Russie, la guerre partout rallumée et l'avenir de l'Occident, menacé par la Chine et les nouvelles puissances. Pas question de céder à la fatalité. Hélène Carrère d'Encausse revendique le mot d'ordre de Voltaire : beaucoup de gaieté, beaucoup d'ironie. La culture fut la grâce de sa vie. De même, croyait-elle, la civilisation l'emportera sur les fanatismes. Non violente par le coeur, combative par l'esprit, Hélène Carrère d'Encausse baptisa son épée d'académicienne Joyeuse, en hommage à Charlemagne : joyeuse et altière comme il faut l'être, disait-elle, « surtout quand le sort paraît contraire ». Elle nous transmet cette espérance.
Il est mort mais nous adresse ici un message de vie et d'espérance. Pendant vingt-cinq ans, Mikhaïl Gorbatchev s'est confié à Darius Rochebin comme il ne l'avait jamais fait, pour nous raconter, dans ces pages inédites, le miracle que fut son destin : un sursaut d'humanisme dans un système inhumain. Libéré de la langue de bois, Gorbatchev fait un récit plein de fraîcheur, sans rien cacher de ses erreurs : sa jeunesse paysanne, l'amour de Raïssa, l'ascension d'un communiste apparemment modèle, parvenu à la tête de l'empire, qui précipitera la chute de l'URSS en tentant de la réformer. Il dévoile les coulisses des événements qui ont changé le monde : Tchernobyl, la chute du mur de Berlin, le coup d'arrêt donné à l'escalade nucléaire. Mais il révèle aussi les rancunes qui ont alors germé, et qui explosent depuis lors entre l'Occident et la Russie. Gorbatchev fut l'anti-Staline. Homme de paix - jusqu'à la naïveté selon ses détracteurs -, il fait aujourd'hui figure d'anti-Poutine. Face à la crainte d'une autre guerre mondiale et au coeur de la bataille incertaine pour un nouvel ordre planétaire, cette voix d'outre-tombe a beaucoup à nous enseigner.