Danielle Cohen-Lévinas
Danielle Cohen-Lévinas
Rassembler le phénomène artistique dans un concept global participe davantage d'une volonté de confrontations singulières que d'une évaluation objective des catégories qui fondent aujourd'hui les relations création et transmission. Nul doute que le débat risque à tout moment de détourner, à dessein, la question initiale, métaphore du geste symbolique de celui qui lance une bouteille à la mer. Et pourquoi pas ? Dans L'art : créer, transmettre, il ne faut pas nécessairement saisir une volonté de fusion, mais plutôt la tentative d'exprimer des trajectoires virtuelles, où le pas à pas est aussi important que la globalité. Gestes fragmentaires ou accidentés, les chemins qui mènent vers la création sont soumis à une logique du chaos, du détournement, de la perte et de l'interprétation. Pourquoi alors prendre le risque de réserver un espace de réflexion privilégié à un sujet aussi complexe et protéiforme ? Par désir et conviction que la monotonie des discours théoriques ayant pour vocation de spéculer sur ou autour de l'oeuvre d'art ont besoin, à leur tour, d'être accidentés par des témoignages qui sont comme autant d'empiries à transmettre, ou du moins, à exprimer dans un territoire commun, où l'auteur engage son expérience et le lecteur sa curiosité. Danielle Cohen-Lévinas
Découvrez Omaggio a Luciano Berio, un hommage vibrant à l’un des plus grands compositeurs du XXe siècle, dont l’œuvre a révolutionné la musique moderne.
Qu'est ce qui fonde les relations entre philosophie et musique? Qu'est-ce qui légitime leur proximité et leur désaccord? Peut-on parler d'une esthétique musicale en vigueur dans l'histoire de la philosophie antique, classique, moderne et contemporaine? Ce recueil a pour vocation d'interroger les modalités de réflexions et de représentations de ces deux disciplines unies depuis l'Antiquité par ce que l'on pourrait appeler une intimité résonnante et absolument singulière.
Jean-Luc Nancy nous a quittés avant la publication de ce livre d'entretiens auquel il tenait. Il porte sur l'antisémitisme et le rejet des Juifs. Pourquoi hait-on les Juifs ? Comment le judaïsme a-t-il survécu à la pulsion d'extermination ? Comment vivre avec l'antisémitisme quand on est juif ?Autant de questions, et bien d'autres, que ces entretiens soulèvent : les origines de l'antisémitisme, sa singularité irréductible, le rôle du christianisme dans sa constitution, la distinction entre antijudaïsme et antisémitisme, l'impensé que l'exclusion des Juifs représente dans l'histoire de la philosophie, le cas Heidegger depuis la sortie des Cahiers noirs, le phénomène de banalisation, les questions théologico-politiques, ou encore le renouveau de l'antisémitisme. La haine des Juifs semble être un fait civilisationnel avéré, que Jean-Luc Nancy analyse ici sous la forme d'un dialogue sans concession avec Danielle Cohen-Levinas.Jean-Luc Nancy, figure majeure de la philosophie contemporaine, est décédé le 23 août 2021. Professeur émérite de philosophie à l'Université de Strasbourg, invité dans les universités étrangères, il est l'auteur d'une oeuvre foisonnante et d'une grande fécondité de pensée. Danielle Cohen-Levinas est philosophe et musicologue, elle a publié récemment, au Cerf, L'Impardonnable. Elle est aussi spécialiste des études juives, et plus particulièrement du domaine judéo-germanique.
Comment s'appelle Dieu, quel est son nom ? Et d'abord, NOMS DE DIEU ! Dieu a-t-il un nom et, si oui, lequel ? Quant au mot Dieu, s'il peut sembler en soi éloquent, est-il pour autant suffisant ? Comment dès lors élaborer une cartographie des Noms de Dieu ? De l'Antiquité à aujourd'hui, les penseurs grecs, juifs, chrétiens n'ont cessé d'interroger, de traduire et de commenter le Nom de Dieu. Qu'ils l'aient dit essence, idée, existence ou présence, ils ont abouti au même constat d'irréductibilité. Treize savants et penseurs nous disent pourquoi et comment. En reprenant, en éclairant et en élucidant les principales approches qu'ont retenues l'hellénisme, le judaïsme et le christianisme, c'est tout l'enjeu de cet ouvrage que de tenter de répondre à cette unique question, source d'infinies interrogations. Ont contribué à cet ouvrage : Jean-Christophe Attias, Henri Atlan, Jérôme Benarroch, Philippe Capelle-Dumont, Jacopo Ceccon, Danielle Cohen-Levinas, Silvano Facioni, David Hamidovic, David Lemler, Gaetano Lettieri, Alice de Rochechouart, Jacob Rogozinski et Anca Vasiliu.
Ville carrefour, grand centre européen du commerce, Lyon est aux premières loges de toutes les évolutions de la société. Mais alors que les frères Montgolfier s'élèveront en ballon, la misère poussera les canuts à la révolte Sous la Renaissance, Lyon retrouve le rôle de ville carrefour qui avait fait sa fortune et sa gloire à l'époque romaine. Elle devient un des grands centres européens du commerce, de la banque et de l'édition. Tous les plus grands écrivains du XVIe siècle s'y pressent. Parmi les idées nouvelles véhiculées par les livres, il y a notamment celles prêchées par la Réforme. Les guerres de religions qui s'ensuivent frappent durement Lyon, ravagée par le baron des Adrets. Paradoxalement, ce triste épisode désenclave la ville, le sinistre baron n'hésitant pas à percer des rues pour faciliter le passage de ses troupes stationnées place « Belle Cour ». Cette place sera d'ailleurs toujours aimée des rois. Henri IV puis Louis XIV tombent sous son charme et lui offrent des statues. Cependant, le développement démographique est freiné par la situation géographique de la ville coincée entre les collines de Fourvière et de la Croix-Rousse et barrée par la Saône et surtout le Rhône pratiquement infranchissable. Deux hommes proposent des solutions à la fin du XVIIIe siècle : Perrache qui tente de relier les terres d'Ainay à l'île Mogniat afin d'accroître la superficie de la presqu'île, et Morand qui lance un deuxième pont sur le Rhône dans l'espoir de conquérir la rive gauche du fleuve alors constituée de vastes terrains en friche et inondables. Le premier échoue mais le second réussit. Lyon peut envisager son avenir avec optimisme. Jouffroy d'Abbans traverse Lyon en remontant la Saône avec le premier bateau fonctionnant à la vapeur. Les Montgolfier organisent des démonstrations d'ascension en ballon Mais dans le même temps, la misère ronge les ouvriers inhumainement exploités. La colère des canuts éclate et est réprimée par l'armée. Les prémices de la Révolution sont en marche
Le christianisme a-t-il une signification politique ? La controverse qui opposa le théologien Erik Peterson au juriste et politiste Carl Schmitt est bien connue. Pour la première fois, leurs pensées se confrontent dans un seul ouvrage pour une mise en lumière inédite. Ainsi placés en confrontation par un spécialiste de la question théologico-politique, Le monothéisme comme problème politique de Peterson (1935) et Catholicisme romain et forme politique de Schmitt (1923-1925) apportent des éléments de réponse à un enjeu plus qu'actuel.Pour le théologien, démonstration savante est faite que le christianisme n'a pas vocation à justifier par sa théologie quelque ordre politique que ce soit, et à plus forte raison le nazisme. Pour le juriste et politiste, il s'agit de démontrer que le catholicisme est la meilleure voie pour proposer une conception ferme de la souveraineté politique.Le christianisme peut-il se passer d'une institution forte qui recourt aux moyens du monde politique afin d'être libre par rapport aux puissances de ce monde ?Une controverse théologico-politique passionnante, loin d'être révolue.Erik Peterson (1890-1960), de confession luthérienne, se convertit en 1930 au catholicisme. Son opposition à toute théologie politique dans Le monothéisme comme problème politique est la conséquence logique de sa conception catholique de la visibilité de l'Église.Carl Schmitt (1888-1985), juriste de formation, oriente dès la fin des années 1910 sa pensée juridique vers les questions politiques et théologiques. Catholicisme romain et forme politique est un des ouvrages majeurs dans lequel il articule droit, politique et théologie.Professeur à l'Institut catholique de Paris, Bernard Bourdin est philosophe et spécialiste de la question théologico-politique. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages et d'articles publiés aux États-Unis, en Russie, en Italie et au Japon. Son dernier ouvrage a paru aux Éditions du Cerf en 2015 : Le christianisme et la question du théologico-politique.
Passée le seuil du xxie siècle, la question juive n'est toujours pas réglée. L'antisémitisme est une question qui perdure, comme si, à l'échelle européenne et mondiale, on ne savait que faire des Juifs et du judaïsme. Entre haine, rejet, conversion, exclusion, persécution, extermination, l'antisémitisme revêt à travers l'histoire des formes d'une extraordinaire plasticité. La figure du Juif hante notre civilisation au point de contaminer tous les registres de l'existence. Chacun y va de sa réponse, alors même qu'aucun argument rationnel n'est jamais parvenu à combler la haine de l'autre homme. Ne pas être « dupe de la morale », comme l'écrit Emmanuel Levinas dans la préface de Totalité et Infini, cela ne signifie rien de moins que de suspendre la conscience morale, afin d'admettre que là où réside l'antisémitisme, il n'y a pas d'eschatologie de la paix et de la justice qui tienne. Dans un contexte historique marqué par l'expérience de la Shoah, a surgi après la Seconde Guerre mondiale une autre question : le pardon, comme un défi lancé à l'impardonnable et à l'irréparable.Danielle Cohen-Levinas opère dans son essai un retournement. Au travers de quelques figures majeures de la philosophie contemporaine et de la pensée juive, elle passe au crible la question de l'impardonnable, à savoir comme limitation aux multiples apories du pardon.Danielle Cohen-Levinas est philosophe et musicologue, professeure à la faculté des Lettres de l'université Paris-Sorbonne, fondatrice et responsable du « Collège des études juives et de philosophie contemporaine » (Centre Emmanuel-Levinas).
Sous la direction de Danielle Cohen-Levinas Dan Arbib, Paul Audi, Élie Barnavi, Jean-François Bensahel, Gérard Bensussan, Yann Boissière, Astrid von Busekist, Monique Canto-Sperber, Philippe Capelle-Dumont, Denis Charbit, Danièle Cohn, Antoine Compagnon, Marc Crépon, Sylvie Germain, Tamar Gerstenhaber, Ariel Goldmann, Antoine Guggenheim, Stéphane Habib, David Hamidovic, Nathalie Heinich, Monique Jutrin, Francine Kaufmann, Haïm Korcia, Marc Knobel, Marc de Launay, Frédérique Leichter-Flack, Carlos Lévy, Sonia Sarah Lipsyc, Jean Mouttapa, François Nordmann, Christine Pedotti, Jacob Rogozinski, Marc Sadoun, Paul Salmona, Pierre Savy, Dominique Schnapper, Perrine Simon-Nahum, Antoine Strobel-Dahan, Raphael Zagury-Orly. Le 7 octobre 2023, le fil de l'histoire s'est à nouveau rompu. La barbarie innommable que l'on croyait révolue est réapparue. Terrifiante. Quel monde d'après ? Non seulement pour Israël mais aussi pour l'entière humanité ? Quarante écrivains, savants, intellectuels répondent. Polyphoniquement, ils nous somment de résister.
Peut-on imaginer un dialogue entre un musicien contemporain et Beethoven ? La scène se passe dans l'atelier de Michaël Levinas, là où le pianiste travaille et explore depuis plusieurs décennies l'oeuvre de cet immense compositeur. Son incessante interprétation des Trente-deux Sonates, qu'il a jouées plusieurs fois en concert et auxquelles il a consacré une partie de son enseignement au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, est ancrée dans une tradition dont il remonte le temps et dans un avenir qui est encore à écrire. Ces entretiens sont l'occasion pour le lecteur, musicien ou mélomane, de suivre en temps réel le mouvement d'une lecture/relecture infinie. Michaël Levinas est un pianiste-concertiste et compositeur français internationalement reconnu. Il est Professeur émérite au Conservatoire national supérieur de musique de Paris et membre de l'Institut de France, l'Académie des Beaux-Arts. En France, il est le premier pianiste-interprète de sa génération après Yves Nat à avoir enregistré l'intégrale des Trente-deux Sonates de Beethoven entre 1988 et 1991. Danielle Cohen-Levinas est philosophe et musicologue, Professeure à la faculté des Lettres de l'université Paris-Sorbonne.
La relation entre les deux traditions du judaïsme et du christianisme a fait l'objet, depuis le début du xxe siècle, d'approches philosophiques fondamentales que le présent ouvrage s'efforce de réunir et de ressaisir. De Rosenzweig à Levinas, de Bergson à Maritain, de Péguy à Sartre et de Simone Weil à Ricoeur, c'est une constellation théorique singulièrement contrastée qui s'y manifeste, mettant en lumière une histoire philosophique inspiratrice de notre espace religieux et politique. Il ne s'agit cependant pas ici de rejouer philosophiquement les antagonismes historiques. Les textes rassemblés dans ce volume posent en effet de manière irréductible la question : qui est l'autre ? À quels types d'altérations et de complémentarités la pensée est-elle ici confrontée ? Il ne saurait donc être question d'autre chose que de trouver une orientation et une signification là où les déterminations historiques ont parfois recouvert ce qu'il est permis d'appeler l'exception judéo-chrétienne. Philippe Capelle-Dumont est professeur à l'université de Strasbourg, doyen honoraire de la Faculté de philosophie de l'Institut catholique de Paris, chercheur associé à l'université Paris-Sorbonne, directeur de la Revue des sciences religieuses, auteur d'une quarantaine d'ouvrages dont certains sont traduits en plusieurs langues. Danielle Cohen-Levinas est professeur à l'université Paris-Sorbonne, fondatrice et responsable du « Collège des études juives et de philosophie contemporaine - Centre Emmanuel Levinas », chercheure associée aux Archives Husserl de l'ENS-CNRS de Paris et directrice de collections aux éditions Hermann.
Le souci de l'art tel que Levinas nous invite précisément à le penser dans ses formes héritières du chaos, à peine pensables, à peine avouables, représente un moment décisif de la réflexion esthétique de la seconde moitié du XXe siècle. À la fois témoignage, philosophie critique et horizon de vérité qui viendraient comme dissimulés sous les oripeaux de l'intériorité. Les textes réunis dans ce volume tentent chacun une incursion dans une région de la pensée de Levinas qui ne se laisse pas réduire à des figures ou à une théorie critique. Nous avons tenu à ce que figurent des textes portant autant sur la littérature et la poésie que sur la peinture, voire la musique, tant deux de ces domaines - la littérature et la poésie - échappent pour Levinas au jugement sévère et à la méfiance éthique qu'il affiche dès lors qu'il est question d'art, comme objet qui s'érige en vrai sans le recours au verbe et à la parole.
1991, l'URSS n'est plus. L'empire rouge s'est décomposé en une multitude d'états. Néanmoins, à l'exception des pays de l'Europe de l'Est, tous ces états devenus « indépendants » restent sous l'influence bienveillante de Moscou. Cet éclatement a conduit l'ancien bloc de l'Est dans un état de crise quasi permanent et le phénomène Mafia envahit la société russe. Youri Vladimir a une quarantaine d'années. Physicien hautement qualifié, grand sportif ayant effectué son service militaire dans une unité spéciale de l'armée soviétique, il a quitté l'Union soviétique pour l'Europe à la fin des années 80. Il a vite été recruté par un bureau de contrôle sur l'armement nucléaire dépendant de l'OTAN. Ses origines et son zèle motivé par la disparition prématurée de sa femme et de sa fille, mortes de leucémie, conséquence de Tchernobyl, l'ont conduit à devenir un inspecteur à l'impartialité reconnue, spécialisé pour la Russie. Mandaté pour contrôler le démantèlement d'armes nucléaires, il est régulièrement envoyé sur place. Lors de l'un de ces séjours, il est le témoin fortuit d'un complot, et devient un homme à abattre... Jean-Yves Delitte, l'homme qui dessine plus vite que son ombre (quatre albums en 2004) revient avec une nouvelle et excellente série qui lève le rideau sur la société russe devenue une caricature du libéralisme sauvage, une société en totale décrépitude en prise avec la mafia et la corruption, dont les conséquences sociales, économiques et écologiques sont effroyables