Daniel-Odon Hurel
Daniel-Odon Hurel
Cluny, c'est à la fois une abbaye, l'une des plus somptueuses qui fut, avec la plus vaste église de la Chrétienté médiévale, et un ordre monastique, l'ordre clunisien, d'un éclat et d'une puissance sans pareils. Moins de deux siècles après sa fondation en 909 ou 910, Cluny commande un réseau de plus d'un millier de prieurés disséminés dans toute l'Europe occidentale et fait de son abbé l'un des personnages les plus éminents de la Chrétienté. Mais toute médaille a son revers : le système clunisien tarde à se structurer. Concurrencé par de nouvelles formes de vie religieuse, en proie à des diffi cultés économiques, Cluny perd sa prééminence. Au xiie siècle, renouant avec l'austérité bénédictine, l'ordre commence à décliner jusqu'à sa disparition dans la tourmente révolutionnaire. L'une des forces du présent livre est de rendre justice au Cluny d'après la période des grands fastes, longtemps négligé par les historiens. Un livre au carrefour des disciplines, histoire, littérature, histoire de l'art, architecture, mais aussi liturgie et spiritualité : c'est une formidable synthèse des travaux les plus récents sur ce monument incomparable de notre histoire nationale et européenne.
La biographie de référence de Benoît de Nursie, fondateur de l'ordre des bénédictins au VIe siècle, patriarche des moines d'Occident qui a été désigné par le Saint Siège, en 1964, patron de toute l'Europe. " Messager de paix, artisan d'union, maître de civilisation, et, avant tout, héraut de la religion du Christ et fondateur de la vie monastique en Occident, tels sont les titres qui justifient la glorification de saint Benoît, abbé " : ainsi le pape Paul VI débute-t-il son bref par lequel, en octobre 1964, il proclame ce dernier " patron principal de toute l'Europe ". De Benoît de Nursie, pourtant, né vers 480 en Italie centrale, souvent représentée vêtu d'une coule noire, tenant dans une main une crosse abbatiale et dans l'autre un livre, celui de la Règle dite " de saint Benoît ", nous ne savons que peu de choses. Si depuis le VIe siècle des centaines de milliers d'hommes et de femmes, moines et moniales, ont vécu et vivent encore en suivant les principes émis dans ce texte qu'il a rédigé pour guider ses disciples dans la vie monastique communautaire, s'il a réformé le monachisme occidental et fondé plusieurs monastères bénédictins dont celui du Mont-Cassin, ce personnage clé du christianisme occidental demeure une figure mal connue. Odon Hurel, puisant aux meilleures sources et démêlant mythes et réalités, retrace l'histoire de cet homme couramment qualifié de " patriarche des moines d'Occident " et s'attache avec brio à cerner l'originalité de sa Règle et du modèle bénédictin.
Les neuf textes publiés dans ce recueil témoignent de la vitalité des recherches menées autour de l'art épistolaire depuis plusieurs années. Les historiens et littéraires qui en sont les auteurs présentent des corpus très divers dans le souci d'évoquer le long terme historique, selon la tradition des travaux du GRHIS (URA CNRS 1274). Ce volume permet aussi de montrer la place réelle de l'étude de l'épistolarité médiévale dans l'historiographie actuelle. Derrière ces « Regards sur la Correspondance », se profile le thème de la « Naissance et de la fin de l'échange épistolaire », sous-titre donné à cette journée d'étude tenue à Rouen le 10 décembre 1994 : les lettres de Cicéron (E. Deniaux), st. Augustin (I. Holtz), Gerbert d'Aurillac (P. Riché), Lambert, év. d'Arras (L. Morelle), Érasme (A. Godin), l'abbé Galiani (A. Chamayou) et A. Barbès (J. Y Mollier) sont tour à tour abordées sans oublier des correspondances plus « administratives » en milieu ecclésiastique à l'époque moderne (P. Goujard et D. O. Hurel).