Claude Briand-Ponsart
Claude Briand-Ponsart
De la prise du pouvoir par Auguste (31 a.C.) à la mort de Domitien (96 p.C.), l'histoire de Rome a connu de profonds bouleversements, marqués par l'avènement des Julio-Claudiens, puis des Flaviens, et par une grande extension de son Empire. À travers la transformation de la République romaine en une monarchie impériale, ce manuel de synthèse retrace l'histoire politique de Rome et ses mutations économiques, sociales et religieuses. Composé d'une multitude de cités, encadré par une administration hiérarchisée, le monde provincial est étudié, tant du point de vue des gouvernants que de celui des gouvernés.
Ces quinze dernières années, les historiens du monde romain ont passé au crible de la critique le concept de romanisation. Toutefois, cette notion demeure, malgré ses limites, un outil d'analyse indispensable pour comprendre le fonctionnement et la durée de l'Empire romain. Les auteurs ont cherché à décrire comment ce concept peut être appliqué à l'Afrique du Nord, de la chute de Carthage à l'époque vandale et byzantine.Les Romains d'Afrique possédèrent leurs propres spécificités, différentes de celles des autres provinces, occidentales ou orientales. Cette diversité s'explique par le fait que le pouvoir impérial, après avoir conquis ces régions et mené une politique de colonisation au sens moderne de ce terme, s'appuya sur les élites locales. Mettant en oeuvre une politique de participation de ces élites, il permit aux Africains, du moins à une partie d'entre eux, de trouver une place au sein de ce système et de s'enrichir. Ces notables exprimèrent leur réussite sociale dans les cadres de la société romaine et contribuèrent à la « romanisation » du mode de vie de leurs compatriotes. Très tôt, la romanisation devint donc le fait des Africains eux-mêmes.Une autre composante de ce processus fut le christianisme. Les conversions nombreuses et la forte personnalité des Pères de l'Église africains firent de ces provinces les plus christianisées de l'Occident. Au IVe siècle, la schisme donatiste obligea l'Église d'Afrique à s'interroger. De ce fait, le christianisme, à l'origine hostile au polythéisme de l'Empire et de la vie civique, s'inséra dans la civilisation romano-africaine et fit office, lui-aussi, de vecteur de la romanité.Claude Briand-Ponsart est maître de conférences à l'Université de Caen. Auteur de plusieurs articles sur l'Afrique, elle a publié, avec Frédéric Hurlet, L'Empire romain d'Auguste à Domitien (Armand Colin, 2001) et a été responsable de l'édition des colloques L'Afrique du Nord antique et médiévale. Mémoire, identité et imaginaire (PUR, 2002) (en collaboration avec S. Crogiez) et Identités et cultures dans l'Algérie antique (PUR, 2005).Christophe Hugoniot est maître de conférences à l'Université François Rabelais de Tours. Ses travaux de recherche portent sur essentiellement sur l'Afrique romaine. Il a publié Rome en Afrique (Flammarion, 2000), et a coordonné, avec Silvia Milanezi et Frédéric Hurlet, la publication du colloque L'acteur dans l'Antiquité grecque et romaine (Presses universitaires François-Rabelais, 2004). Rome « à pas lents » : la province d'Afrique et les royaumes indigènes (146-44 av. J.-C.). Contrôler et administrer : l'Afrique romaine de la mort de César à la mort de Sévère Alexandre (44 av. J.-C.-235 apr. J.-C.). Les cités et la vie civique du Ier s. au IIIe s. Continuité et mutation des croyances : la religion en Afrique. L'économie africaine. Le IIIe s. entre apogée et réformes. Le contrôle de l'Afrique du Nord au IVe siècle. Les cités et la vie municipale tardive. Le christianisme africain au IVe siècle. Population, société et culture : une identité romano-africaine ? L'Afrique vandale.
Cette collection propose une bibliographie critique courante des travaux sur le Maghreb antique.
La présente chronique fait suite aux bibliographies parues sous les signatures de J. Desanges et S. Lancel, d'abord dans le Bulletin d'Archéologie Algérienne (I, 1962-1965, à III, 1968, pour les publications des années 1961 à 1966), et ensuite en fascicules séparés (de IV, 1970, pour 1967, à XIX, 1989, pour les années 1984 et 1985). Cette entreprise a été poursuivie, à la demande de J. Desanges et de S. Lancel, par Y. Le Bohec, avec la collaboration de J.-M. Lassère, à partir du fasc. XX, 1991, pour les publications de l'année 1986, jusqu'à XXX, 2001, pour 1996. J.-M. Lassère et Y. Le Bohec ont également publié, en 1998, à l'ÉFR, un volume indépendant, Bibliographie analytique de l'Afrique antique, Index des fascicules I (1962-1963) à XXVII (1993). Puis J. Debergh a rejoint Y. Le Bohec à partir de XXXII, 1998, en 2003 jusqu'à XXXVIII, 2004, en 2011. Ces derniers nous ont associées à la publication des fascicules XXXVII (2003), 2009 et XXXVIII (2004), 2011, puis nous ont demandé d'assurer la publication de la BAAA à partir de 2012 (fasc. XXXIX, 2005). Depuis 2014 (fasc. XLII, 2008), nous avons associé à notre tour Lluís Pons Pujol au titre de collaborateur, et depuis 2017 (fasc. XLV, 2011), l'équipe s'est enrichie de nouveaux collaborateurs, Laurent Callegarin, Mathilde Cazeaux, Elsa Rocca, remplacée cette année par Hernán González Bordas, Thomas Villey et Stéphanie Guédon. Depuis le volume XLVI (2012), 2018, celle-ci fait désormais partie des rédacteurs.
Ce volume de la B.A.A.A. permet de rattraper plusieurs lacunes des deux volumes antérieurs puisque le travail de notre équipe a repris plus aisément avec la fin de la crise sanitaire. Nous observons cette année l'abondance des travaux de géographie historique, en particulier ceux qui sont à la croisée des sources pour identifier les peuples et les cités d'Afrique. Nous déplorons comme chaque année le nombre très faible des publications de numismatique, alors même que la documentation est abondante et les réserves des musées maghrébins très riches. Nous plaidons pour que leur accès aux chercheurs de toute origine soit facilité, au nom de l'intérêt scientifique général.