Christian Prigent
Christian Prigent
La dilatation d'un câble au Saint-Gothard a coupé un jour les liaisons électriques à travers l'Europe et plongé Rome dans le noir. Illustration fulgurante de la complexité du marché de l'énergie. Besoin universel et précarité. Le problème posé, c'est aussi l'avenir de la planète et un choix parmi ses ressources: certaines s'épuisent ou détraquent le climat. Face à de grandes controverses, ce livre clarifie les principaux concepts du domaine énergétique. Il expose les faits, innovations techniques, organisation des marchés. Il cerne les incertitudes. Il montre les Etats élaborant des scénarios selon des 'bouquets' de ressources disponibles ou hypothétiques. Il décrit les choix passés, présents et futurs de la Suisse. L'auteur donne son opinion, mais permet surtout au lecteur de fixer la sienne.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Et si la passion était notre ultime refuge ? Roman de Roberte plonge au cœur d’une quête identitaire où l’amour, la perte et la résilience s’entremêlent. Une œuvre intense, à lire pour ceux qui cherchent à comprendre ce qui nous définit vraiment.
Découvrez Voilà les sexes, une sotie poétique et provocante où Christian Prigent joue avec les mots pour explorer la sexualité, ses stéréotypes et ses ratages.
Juillet 1990, Alpes en feu : Christian Prigent capture l’effervescence du Tour de France, entre klaxons, silence des pelotons et poésie des paysages.
Zapper (délier) et zipper (re-lier) : principe du ' journal '. Souci central : le langage poétique. Parfois il faut en parler frontalement. Souvent ça s'amène en douce : à propos de peinture, de cinéma, de sport, de rêves, de moeurs, de politique. Pari : entre frontalité et surprise il y a un espace pour des réflexions non contraintes au suivi (mais ne s'en privant pas forcément), non tenues de conclure, ici et là ornées de brèves incrustations qui se voudraient ' poèmes '.
Zapper (délier) et zipper (re-lier) : principe du ' journal '. Souci central : le langage poétique. Parfois il faut en parler frontalement. Souvent ça s'amène en douce : à propos de peinture, de cinéma, de sport, de rêves, de moeurs, de politique. Pari : entre frontalité et surprise il y a un espace pour des réflexions non contraintes au suivi (mais ne s'en privant pas forcément), non tenues de conclure, ici et là ornées de brèves incrustations qui se voudraient ' poèmes '.
Mauvais flic et mauvais flic. En suivant la journaliste Balconi qui veut réaliser un reportage sur l'exploitation d'une nouvelle énergie, le gaz de Shit, Spoon se retrouve à MudTown, petite ville perdue du Kentucky. Il y a « grandi » et toute sa famille y vit encore. Persuadé que Balconi est venue dans ce trou paumé pour demander sa main à son père, Spoon en fait trop. Il met à mal la nouvelle industrie gazière, la tranquillité familiale et le reportage de son aimée. Les pires flics que la NYPD ait jamais comptés parmi ses rangs sont de retour !
Chino fait poète s'inscrit à la suite de quatre livres publiés chez P.O.L. Leur personnage central est l'alter ego de l'auteur. Les Enfances Chino (2013) a évoqué ses commencements ; Les Amours Chino (2016) sa vie érotique ; Chino aime le sport, (2017) ses engouements sportifs ; Chino au jardin (2021) quelques lieux émouvants de sa vie. Devenu un vieil homme, Chino fait du rangement dans sa tête : où fut, pour lui, l'essentiel ? quelle était au fond sa question ? Seul le mot « poésie » lui fournit une réponse : sans doute n'a-t-il jamais écrit que pour savoir ce qu'est le langage poétique, quel rôle il tient dans le monde, comment il y agit. C'est une bonne raison pour revenir au poème. Par exemple à la bonne vieille bucolique : extases paysagistes, émois devant des flores et des faunes, fusion des climats du dedans avec ceux du dehors. Mais quoi de moins naturel que l'élaboration formelle du langage poétique ? Quoi de plus séparé des choses de la nature - de ce que Ponge appelait « le monde muet » ? Chino fait poète essaie, comme on dit, de « faire avec ». On y propose d'abord quelques promenades au grand air : le sentier d'un cap armoricain, un bocage d'Arcadie paradisiaque, une plage. La nature y est moins regardée qu'éprouvée. Et on note ce que cette épreuve fait à la langue. C'est cela que Chino appelle poésie. Mais on fait aussi un peu d'histoire : aperçus bouffons sur l'éveil d'une vocation ; quelques étapes du parcours ; salut à des amis, qui en furent (par exemple ceux de la revue TXT). L'ensemble est monté par séquences alternées (promenades / histoires / saluts).
Chino fait poète s'inscrit à la suite de quatre livres publiés chez P.O.L. Leur personnage central est l'alter ego de l'auteur. Les Enfances Chino (2013) a évoqué ses commencements ; Les Amours Chino (2016) sa vie érotique ; Chino aime le sport, (2017) ses engouements sportifs ; Chino au jardin (2021) quelques lieux émouvants de sa vie. Devenu un vieil homme, Chino fait du rangement dans sa tête : où fut, pour lui, l'essentiel ? quelle était au fond sa question ? Seul le mot « poésie » lui fournit une réponse : sans doute n'a-t-il jamais écrit que pour savoir ce qu'est le langage poétique, quel rôle il tient dans le monde, comment il y agit. C'est une bonne raison pour revenir au poème. Par exemple à la bonne vieille bucolique : extases paysagistes, émois devant des flores et des faunes, fusion des climats du dedans avec ceux du dehors. Mais quoi de moins naturel que l'élaboration formelle du langage poétique ? Quoi de plus séparé des choses de la nature - de ce que Ponge appelait « le monde muet » ? Chino fait poète essaie, comme on dit, de « faire avec ». On y propose d'abord quelques promenades au grand air : le sentier d'un cap armoricain, un bocage d'Arcadie paradisiaque, une plage. La nature y est moins regardée qu'éprouvée. Et on note ce que cette épreuve fait à la langue. C'est cela que Chino appelle poésie. Mais on fait aussi un peu d'histoire : aperçus bouffons sur l'éveil d'une vocation ; quelques étapes du parcours ; salut à des amis, qui en furent (par exemple ceux de la revue TXT). L'ensemble est monté par séquences alternées (promenades / histoires / saluts).
Retour aux jardins. Ceux des enfances délicieuses ou suppliciées. Puis leurs restes encroûtés de zones, parkings, hypermarchés. Partout, un monde fou : postiers ivrognes, jardiniers pensifs, poètes bocagers, galopins des friches, épouvantails et revenants. Corps, âmes, arbres, bêtes, outils, étoiles, cailloux, tout parle. De quoi ? Terre et ciel, fééries, peurs, vocations, amours pas qu'enfantines. L'Histoire marque à la culotte les morts et les vivants qui passent : la guerre d'Indochine, les Glorieuses puis le règne des Gorgibus bancaires. Jusqu'aux Gilets jaunes campés sur des ronds-points autrefois horticoles. Mais ça n'est pas fait pour arrêter ces images. Plutôt pour mêler les temps et les tons, faire bouger vite les décors et embarquer des mondes revécus dans le charroi d'un phrasé qui les mène joyeusement au fossé d'oubli.
Gertrude Stein, Vladimir Maïakovski, Vélimir Khlebnikov, William Burroughs, Edward Estlin Cummings, Pierre Jean Jouve, Antonin Artaud, Francis Ponge, Pier Paolo Pasolini, Jude Stefan, Bernard Noël, Jean-Pierre Verheggen, Hubert Lucot, Valère Novarina, Christophe Tarkos (etc.) : de quoi parlent ces auteurs qui nous mènent, comme disait Georges Bataille, au bord des limites où toute compréhension se décompose ? quel réel représentent leurs langues monstrueuses ? de quelle nature est la jouissance sidérée qu'elles provoquent en nous ? de quels outils disposons-nous, et quels autres devons-nous forger, pour en déchiffrer les intentions ? en quoi ce déchiffrement peut-il nous aider à mieux évaluer ce dont on parle quand on parle de littérature (la plus ancienne comme la très contemporaine) ?
Gertrude Stein, Vladimir Maïakovski, Vélimir Khlebnikov, William Burroughs, Edward Estlin Cummings, Pierre Jean Jouve, Antonin Artaud, Francis Ponge, Pier Paolo Pasolini, Jude Stefan, Bernard Noël, Jean-Pierre Verheggen, Hubert Lucot, Valère Novarina, Christophe Tarkos (etc.) : de quoi parlent ces auteurs qui nous mènent, comme disait Georges Bataille, au bord des limites où toute compréhension se décompose ? quel réel représentent leurs langues monstrueuses ? de quelle nature est la jouissance sidérée qu'elles provoquent en nous ? de quels outils disposons-nous, et quels autres devons-nous forger, pour en déchiffrer les intentions ? en quoi ce déchiffrement peut-il nous aider à mieux évaluer ce dont on parle quand on parle de littérature (la plus ancienne comme la très contemporaine) ?
Ce livre fait suite à Les Enfances Chino, roman publié chez POL en 2013. À la fin du précédent volume, le "héros", Chino, est parvenu au sommet de la pente dite "enfance". Dans Les Amours Chino, il a basculé sur l'autre versant puis dévalé, longuement, d'adolescence à sénescence, vers les passions (amoureuses, érotiques). Les grandes et les petites. Les « fleur bleue » comme les pornographiques, les durables et les furtives, les douloureuses et les joyeuses, les exotiques et les banales. De l'évocation de ces épisodes, toujours datés, Christian Prigent a fait un roman, en dix-huit chapitres. On n'y suit pas l'ordre linéaire du temps. Les actions ne surgissent que sous la dictée d'émotions non assignées à une logique de récit. Plusieurs époques, plusieurs scènes, plusieurs objets d'amour s'y trouvent recomposés sans souci de reconstitution. C'est que tout remonte en vrac du feuilleté de la mémoire qu'on a gardée des corps, des paroles, des sites, des instants. Et s'embrouille dans l'afflux de bien des agitations sensuelles. Pour arrêter ce mouvement sur quelques images à peu près nettes et pour encadrer cet afflux, on a voulu une forme découpée en spots brefs, concentrée, régulière : explicitement artificielle. Ce pourquoi ce roman est en vers. C'est un vers sévèrement compté - impair, pour éteindre la mélodie trop chantonnée. Ostensiblement rimé (même si parfois de façon acrobatique, voire clownesque). Et emporté par un train obstiné de quatrains (trois à chaque fois). Les Amours Chino est le vingt-et-unième livre de Christian Prigent chez P.O.L où il a publié recueils de poèmes, essais et romans depuis 1989, avec le bien nommé Commencement.
Ce livre fait suite à Les Enfances Chino, roman publié chez POL en 2013. À la fin du précédent volume, le "héros", Chino, est parvenu au sommet de la pente dite "enfance". Dans Les Amours Chino, il a basculé sur l'autre versant puis dévalé, longuement, d'adolescence à sénescence, vers les passions (amoureuses, érotiques). Les grandes et les petites. Les « fleur bleue » comme les pornographiques, les durables et les furtives, les douloureuses et les joyeuses, les exotiques et les banales. De l'évocation de ces épisodes, toujours datés, Christian Prigent a fait un roman, en dix-huit chapitres. On n'y suit pas l'ordre linéaire du temps. Les actions ne surgissent que sous la dictée d'émotions non assignées à une logique de récit. Plusieurs époques, plusieurs scènes, plusieurs objets d'amour s'y trouvent recomposés sans souci de reconstitution. C'est que tout remonte en vrac du feuilleté de la mémoire qu'on a gardée des corps, des paroles, des sites, des instants. Et s'embrouille dans l'afflux de bien des agitations sensuelles. Pour arrêter ce mouvement sur quelques images à peu près nettes et pour encadrer cet afflux, on a voulu une forme découpée en spots brefs, concentrée, régulière : explicitement artificielle. Ce pourquoi ce roman est en vers. C'est un vers sévèrement compté - impair, pour éteindre la mélodie trop chantonnée. Ostensiblement rimé (même si parfois de façon acrobatique, voire clownesque). Et emporté par un train obstiné de quatrains (trois à chaque fois). Les Amours Chino est le vingt-et-unième livre de Christian Prigent chez P.O.L où il a publié recueils de poèmes, essais et romans depuis 1989, avec le bien nommé Commencement.
Le maître du suspense dévoile ses secrets d'écriture, à travers la voix enveloppante de François Hatt !Depuis Nymphéas noirs Michel Bussi enchaîne les best-sellers. Dans un récit captivant, cet " inventeur d'histoires " nous invite au coeur des mystères de l'écriture, depuis les premières intrigues imaginées durant l'enfance en Normandie jusqu'à l'écriture du premier livre et l'euphorie des premiers succès. Un voyage littéraire dans les secrets d'écriture de l'auteur avec les quarante " commandements " du suspense et du twist..." J'ai accumulé depuis quarante ans un nombre considérable d'histoires, d'embryons de récits, de points de départ intrigants... Tout un stock d'envies que j'ai développées pour mon seul plaisir, persuadé qu'elles ne deviendraient jamais des livres publiés. À ma plus grande surprise, année après année, ces histoires rêvées, ces personnages fantasmés, ces aventures qui me hantent depuis des décennies prennent vie. Ce stock de récits dormant dans ma mémoire est loin, très loin, d'être épuisé. "Ce titre fait partie de la collection SECRETS D'ÉCRITURE, consacrée à l'art d'écrire. L'ambition est de rassembler dans une collection référente les plus grands auteurs et autrices de la littérature contemporaine francophone et de dévoiler la fabrique de la création littéraire dans toute sa richesse. Récit intime retraçant le parcours de l'auteur, depuis la naissance de l'écriture jusqu'au succès, chaque livre, signé des plus grandes plumes d'aujourd'hui, est écrit comme un roman - preuve que l'aventure de l'écriture est aussi captivante que la fiction ! "Table des matières :Premier temps : Dans la fabriqueDeuxième temps : La fabrique du suspenseTroisième temps : L'art du twistEpilogueMon Petit Robert
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Le conseiller financier Julien Pardo a récemment acquis une solide réputation dans le monde des affaires et de la Bourse. Il ne manque jamais une occasion de doubler ses investissements, et tout le monde cherche à obtenir ses précieux conseils. Pourtant, il y a peu, personne ne l'écoutait, et sa situation frisait la ruine. On dit que sa réussite tient en grande partie à son nouvel associé Mr. Davis, un Britannique que personne n'a jamais rencontré ni même aperçu... Jenaro Prieto érige un monument de la littérature classique chilienne. Dressant une satire et un portrait détaillé de la société chilienne de son époque, il dévoile tantôt avec humour, tantôt sur un ton tragique, les problèmes sociaux et politique alimentés par le gouvernement en place. Le roman sera adapté de nombreuses fois à l'écran. Jenaro Prieto (1889-1946) est un auteur chilien connu pour son oeuvre « Mon Associé Mr. Davis », faisant partie des grands classiques de la littérature chilienne. La majeure partie de ses ouvrages offre une réflexion sur la société chilienne de son époque, et critique le gouvernement en place, mais toujours avec humour et une intention satirique. On retiendra sa phrase iconique : « dire la vérité avec le sourire ».
"Actualités régionales, Agora, Le Coin du poète, Émois et transports, Home cinéma, Hygiène et santé, Loisirs créatifs, Le Monde des lettres, Musique et chanson, Sports, Tourisme et villégiature, Vie des plages... : "nul n'échappe, décidément, au journalisme". En voici donc quelques pages : questions d'actualités, mes pensées du jour, anecdotes marrantes, souvenirs littéraires, vues sur le nombril, résidus d'Éros, émotions paysagères, crises de théorie, ruminés ronchons. Interludes : haïku pour rire, mirlitonades fastoches. Et "l'écriture", dans tout ça? Sous roche, comme l'anguille. Prête à filer dans les courants pour expirer en douce quelques bulles de "poésie" - ou presque." Christian Prigent.
Ferenc Puskás et la Hongrie révoltée de 1956, Rachid Mekhloufi et la guerre d'Algérie (1958), Tommie Smith, John Carlos et l'action 'Black Panthers' à Mexico (1968), Mark Spitz et l'attentat des J.O. de Munich (1972)... Et Charly Gaul, Lev Yachine, Tom Simpson... ; ou, plus près de nous, Djibril Cissé, Yohann Gourcuff, Christopher Froome... : Chino légende (en vers) des croquis de ses idoles sportives. Au passage, vus par ce petit bout de lorgnette, quelques épisodes marquants de la 'grande' histoire 1945-2015.
Ferenc Puskás et la Hongrie révoltée de 1956, Rachid Mekhloufi et la guerre d'Algérie (1958), Tommie Smith, John Carlos et l'action 'Black Panthers' à Mexico (1968), Mark Spitz et l'attentat des J.O. de Munich (1972)... Et Charly Gaul, Lev Yachine, Tom Simpson... ; ou, plus près de nous, Djibril Cissé, Yohann Gourcuff, Christopher Froome... : Chino légende (en vers) des croquis de ses idoles sportives. Au passage, vus par ce petit bout de lorgnette, quelques épisodes marquants de la 'grande' histoire 1945-2015.
En 1791, se formèrent dans la Drôme de nombreux bataillons de volontaires pour la défense de la patrie et des acquis révolutionnaires. Deux siècles après, Michel Garcin nous relate par cet ouvrage remarquablement documenté, ce que fut la véritable histoire des bataillons de volontaires et des généraux drômois de 1791 à 1794. Puisant directement aux sources, dans les archives municipales et départementales, dans les lettres de volontaires ou bien les témoignages de l'époque, l'auteur, avec enthousiasme mais aussi rigueur et objectivité, nous fait revivre la vie quotidienne de ces Drômois qui chargèrent au cri de « Vive la Nation ! » sur les principaux champs de bataille de l'Europe. Complété par une biographie de tous les généraux drômois de la Révolution et de l'Empire, cet ouvrage intéressera les lecteurs de la Drôme, et passionnera aussi les autres, car au-delà de son importance régionale, La patrie en danger de Michel Garcin est une précieuse contribution à notre connaissance générale de la Révolution française.
D'autres, jadis, ont dit Nature, Dieu. Voire, plus récemment, Choses, Corps, Réel... Ou encore l'innommable. Ainsi ma-mère, icône opaque. Ce qui jette moi à la jouissance mélancolique du monde et, simultanément, à la manie d'expression. Cette manie est peut-être la poésie : défi à l'idole, paradoxale force d'oubli, passion idiote ressassée pour poncer et exiler l'affect.
D'autres, jadis, ont dit Nature, Dieu. Voire, plus récemment, Choses, Corps, Réel... Ou encore l'innommable. Ainsi ma-mère, icône opaque. Ce qui jette moi à la jouissance mélancolique du monde et, simultanément, à la manie d'expression. Cette manie est peut-être la poésie : défi à l'idole, paradoxale force d'oubli, passion idiote ressassée pour poncer et exiler l'affect.
Le jeune Chino descend dans un tableau de Goya. Les figures s'animent. Entre des lavandières au fond et deux jeunes filles sur la colline d'en face : 2 km, une demi-journée. Rencontres : copains, fillettes, saints guérisseurs, âmes en peines, vieilles tordues, chiens qui parlent, jardiniers ivrognes, champions idolâtrés. Formes : aquarelles de sites, blasons météo, chansons paillardes, dialogues socratiques, opérettes en kit, livrets de ballet, fabliaux, lais et mirlitonades. Sujets : démêlés avec la parentèle, violences aux animaux, deuils, controverses sur l'école, la société, le sexe. L'Histoire s'inscrit sur des plaques de rues, des tombes, des feuilles de journaux. Des mondes à la fois bouffons et effrayants roulent dans les chutes rythmiques. Et peu à peu, dans l'inachevé de l'enfance, coagule l'achèvement adulte : rideau.
Dans les 'langes' des 'coupures de journaux', disait Blaise Cendrars, nous arrive 'le bébé aujourd'hui'. Le voici, tout juste démailloté. Son lange est un journal, avec ses rubriques (société, politique, sports, sciences, gastronomie, météo, culture...). Chacune d'elles est recomposée en vers satiriques. Mais moins pour 'châtier les moeurs' que pour dire, bouffonnement, une stupéfaction un peu effrayée.
Dans les 'langes' des 'coupures de journaux', disait Blaise Cendrars, nous arrive 'le bébé aujourd'hui'. Le voici, tout juste démailloté. Son lange est un journal, avec ses rubriques (société, politique, sports, sciences, gastronomie, météo, culture...). Chacune d'elles est recomposée en vers satiriques. Mais moins pour 'châtier les moeurs' que pour dire, bouffonnement, une stupéfaction un peu effrayée.
«Je suis de ces écrivains qu'on dit difficiles, voire illisibles. Ce n'est pas être en mauvaise compagnie. Mais qu'est-ce qu'être illisible? qui en décide? sur quels critères? et qu'est-ce que ce langage littéraire vraiment incompréhensible dont Antonin Artaud nous assurait qu'il était en même temps (voire : pour cette raison) incompréhensiblement vrai? de quelle vérité son obscurité a-t-elle vocation et peut-être pouvoir de nous faire part? À partir de ces questions et au travers de quelques oeuvres emblématiques (Philippe de Beaumanoir, Mallarmé, Artaud, Beckett, Gertrude Stein...) ou symptomatiques des interrogations de notre présent (D. Roche, 0. Cadiot ...), une réflexion sur cet obscur mouvement (la littérature, peut-être) qui route la langue dans la langue et refait à chaque fois, sans issue vers le ciel de l'imaginaire ni vers la terre de la paisible mimésis, la démonstration de notre paradoxal statut de séparés par les mots.»
Il ne s'agit pas d'un essai de plus (savamment pensif, forcément critique) sur la télévision. Plutôt de la confession d'un qui, presque chaque soir (aux heures les pires, celles dites «de grande écoute»), se vautre devant la boîte à vider les cerveaux. Allumer le récepteur, c'est ouvrir une encyclopédie des idées reçues, des idolâtries et des violences du siècle. Rien de plus navrant que la vie et le monde vus à la télé. Mais, à ce point de bêtise et de crudité, rien non plus de plus marrant. Suffit de recopier, en à peine accéléré, pour tout faire tourner en farce : JT saucissonnés, séries en solde, pubs bouffonnes, céérmonies météorologiques, sitcoms ménagers, feuilletons tiroir-caisse, docu-fictions en peau de lapin pour les presque nuls. Et hop, zapping, moteur : c'est guignol, c'est carnaval!
Le Groupe de Coppet est une constellation non organisée d'intellectuels que les circonstances ont réunis autour de Mme de Staël entre la Révolution française et les débuts de la Restauration. Parmi les plus fidèles et les plus significatifs, on trouve Benjamin Constant, Jean-Charles-Léonard Simonde de Sismondi, Charles-Victor de Bonstetten, Auguste Guillaume Schlegel, sans que leur mention ne doive effacer les nombreux autres personnages, penseurs, poètes ou grands princes, qui ont tous participé à l'effervescence exceptionnelle de ce groupe. Leur rôle dans l'histoire des idées a été capital. A cette époque charnière entre les Lumières et le Romantisme, dans la confusion post-révolutionnaire comme sous la dictature de Napoléon, ils ont oeuvré à la formation et à la diffusion des idées nouvelles dans plusieurs domaines : la politique, l'économie, la religion, la littérature, le théâtre. Leurs conceptions - notamment celles de l'histoire, de la liberté, de l'individu ou de l'Europe - ont largement contribué à l'établissement du monde moderne. Les principes qu'ils ont défendus sont encore d'actualité aujourd'hui, de même que les tensions, les contradictions et les difficultés auxquelles il se sont confrontés.