Choukri Ben Ayed
Choukri Ben Ayed
L'école est le lieu de nombreuses transformations politiques et institutionnelles qui se sont accélérées ces dernières années. Ces transformations s'inscrivent dans un large mouvement de réforme des services publics et de reconfiguration du rôle de l'État dans la régulation des politiques publiques, cette recomposition massive prenant même pour certains des allures de révolution. Cet ouvrage part du constat selon lequel l'accumulation de nombreuses politiques, menées depuis les années 1980, a contribué en France à l'émergence d'un "nouvel ordre éducatif local". Quelles en sont les modalités, les significations, les implications politiques et idéologiques ? Quelles en sont les conséquences sur l'expérience des "acteurs" éducatifs : enseignants, élus locaux, personnel d'encadrement, élèves et familles ? A partir d'un ensemble de recherches et d'enquêtes, l'auteur souligne les tensions et contradictions résultant de cette reconfiguration par le bas de la sphère éducative, montre la complexité de ce "nouvel ordre éducatif" orchestré par l'État d'où ressort une tendance lourde, celle qui consiste à substituer aux objectifs initiaux de démocratisation, des visées réformatrices d'inspiration libérale sur l'ensemble de l'institution scolaire. Cette évolution est le signe d'une érosion de la tradition républicaine favorisant l'émergence d'un "nouvel ordre éducatif local" hybride et complexe.
La mixité sociale à l'école est régulièrement mobilisée dans les débats scolaires comme une nécessité, sans pour autant se traduire en politique publique. Cette situation est d'autant plus préoccupante lorsque l'on connaît les préjudices associés à l'accroissement des ségrégations : inégalités accrues, sentiments de discrimination, tensions interethniques, montée du racisme et du rejet de l'autre. En dépit de ces enjeux, on observe un décalage considérable entre les discours politiques, qui louent les vertus de la mixité sociale, et les actions effectives sur fond de dérive des inégalités scolaires. Pourquoi un tel décalage, notamment depuis les mesures d'assouplissement de la carte scolaire ? En quoi ces évolutions ont-elles concouru à l'aggravation des ségrégations et des inégalités de réussite scolaire en France ? Dans ce contexte comment définir la mixité sociale à l'école, ses usages, ses fonctions ? L'auteur analyse des questions jusque-là peu traitées et montre que des perspectives d'actions en matière de réduction des ségrégations scolaires passent par un dépassement de l'opposition entre étatisme et localisme et par des modalités de réduction très significative des inégalités de conditions de scolarisation, dans les territoires les plus en difficulté.
Préscolarisation, traitement de la difficulté scolaire, choix d'une école, luttes scolaires : quatre parties pour un ouvrage collectif qui pose une réflexion sur la réforme de l'école aujourd'hui et propose des solutions d'actions. Pour que l'école offre les mêmes chances à tous ses élèves.