Charles Zorgbibe
Charles Zorgbibe
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Le Club de Rome et le Chef de l'État l'ont affirmé : nous entrons dans l'ère du "mondialisme", ou plutôt de la "mondialisation" des problèmes. Mais cette prise de conscience, loin d'annoncer le temps des "conciliations idylliques", éclaire de nouvelles formes de contradictions et de conflits. Aux manifestations classiques de la puissance, les modernes nations de proie préfèrent des actions plus discrètes dans les arènes politiques nationales ou les confrontations économiques internationales. Le but de ce livre est donc de montrer comment et pourquoi les impérialistes demeurent, et qu'il appartient aux citoyens des temps nouveaux de rejeter les combinaisons de l'équilibre et la diplomatie du "réalisme". C'est de nous que dépend, finalement, l'approfondissement, par-delà les frontières, de l'exigence démocratique.
1871.« L'unification allemande fut une folie de jeunesse que la Nation commit sur ses vieux jours » (Max Weber). Triple-Alliance, traité des trois Empereurs... Apogée du systèmede Bismarck ? « La machine est si bien montée qu'elle marche toute seule », écrit le chancelier. Mais, déjà, le système européen évolue au fil de l'expansion économique et coloniale. Européanisation consciente du monde : la suprématie européenne est maintenue, mais avec de nouveaux centres de pouvoir, une nouvelle répartition des forces...
Autour des deux irréductibles Grands, deux alliances à vocation mondiale prennent forme : la communauté socialiste s'affirme, et déborde largement le champ est-européen ; malgré des hésitations sur le modèle à atteindre, une communauté occidentale pluraliste et décentralisée se dessine. La communauté socialiste repose sur la restructuration à l'identique (J.-L. Martres) des États alliés, sur le modèle de l'État-chef de file. Elle n'est plus bâtie sur la seule contiguïté territoriale - encore que celle-ci continue de revêtir une grande importance dans la vision des dirigeants soviétiques - et elle a largement essaimé dans le tiers monde, où elle présente bien des séductions : d'une part, l'U.R.S.S. est parfaitement à même de distribuer des primes à ses satellites, qui sont autant de moyens de puissance qu'ils n'auraient jamais pu attendre de leur seule puissance - ainsi, de la fonction militaire déléguée à Cuba, pour l'arc Caraïbe et l'Afrique, au Viêt Nam, pour la péninsule indochinoise ; d'autre part, le marxisme rudimentaire, auquel adhèrent nombre de dirigeants d'États socialistes, est un merveilleux instrument, sinon d'analyse, du moins d'action, qui exprime leurs pulsions nationalistes. En Occident, sévit toujours le débat central entre une représentation mythique de l'indépendance et les intérêts collectifs. Il est vrai que le sentiment national spontané est le meilleur obstacle à l'alourdissement de la tutelle soviétique dans l'hémisphère sud et qu'il a probablement constitué, à côté de l'idéologie, un aiguillon dans la montée du conflit sino-soviétique. [...] À l'Ouest, une démarche individualiste, fondée sur une indépendance nationale idéale, est plus aisée qu'au sein du pacte de Varsovie, mais elle exprime une visée non pas stratégique mais simplement tactique, elle relève de la diversion spectaculaire plus que de l'analyse réelle des rapports internationaux.
La sécurité collective a connu quatre grandes révolutions depuis la fin de la guerre froide : le retour au directoire des Grands, la nouvelle alliance entre l'ONU et les structures régionales, telles que l'OTAN, les avancées de l'ingérence humanitaire, la transformation des opérations de maintien de la paix (de la simple interposition des forces à l'imposition de la paix, à la recherche d'un règlement). Pourtant, le moment semble venu de s'interroger sur l'adaptation de la stratégie des Nations Unies au nouveau contexte international. Comment éviter l'enlisement du maintien de la paix, sur le fâcheux exemple yougoslave ? Charles Zorgbibe avance dix propositions concrètes - de la résurrection du Comité d'État-major de l'ONU à l'élargissement du Conseil de Sécurité, de la clarification du mandat de l'ONU aux forces de maintien de la paix à l'établissement de coalitions interétatiques (sur le modèle des conflits de Corée et du Golfe), du dialogue avec la nouvelle Russie sur l'étranger proche à la création d'une force interafricaine, etc. Des propositions qui trouvent leur origine dans un rapport demandé par le ministre de la Défense à l'auteur...
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
La Méditerranée, nouvelle ligne de front ? La Méditerranée, ligne du front Sud, alors qu'à l'Est l'ennemi a disparu ? Le même constat est martelé par des personnalités aussi diverses que le sociologue Edgar Morin ou Régis Debray. La Méditerranée redeviendrait-elle une frontière - ce que niait Fernand Braudel, pour qui la Méditerranée était contact et berceau ? Au lendemain de la guerre du Golfe, la rupture est d'abord psychologique. C'est à la périphérie de l'ensemble arabo-islamique, particulièrement au Maghreb, que les passions sont les plus exacerbées. Les opinions publiques négligent, avec une stupéfiante précipitation, le caractère interarabe de l'origine du conflit, l'invasion du Koweit, les menaces sur l'Arabie saoudite. Dans le nouvel ordre mondial, elles ne voient que manipulation des États-Unis. Dans l'opération de police contre l'Irak, elles discernent une agression contre le monde arabe. L'onde de choc prend forme : elle est près de tourner au séisme politique avec la vague islamiste en Algérie.
Digne successeur de Talleyrand et de Metternich, Henry Kissinger, jeune juif allemand réfugié à New York, est devenu l'un des plus grands acteurs de la politique étrangère du xxe siècle. Virtuose de la diplomatie, il permit, par sa stratégie intrépide, en pleine guerre froide et aux côtés de Richard Nixon, le retournement de la Chine et l'entrée dans un nouvel ordre international. Théoricien et praticien de la diplomatie de l'équilibre, il négocia la paix au Vietnam, les premiers règlements israélo-arabes et la limitation des armements avec Moscou. Avec tout son talent, Charles Zorgbibe nous fait redécouvrir l'itinéraire de ce personnage riche et complexe. Une véritable légende.
Dans le théâtre politique, conseillers de l'ombre, égéries et mentors travaillent dans le secret et se tiennent derrière les puissants. Charles Zorgbibe leur consacre quatorze portraits qui les placent en pleine lumière. Qui sont-ils, ces conseillers de l'ombre qui tirent les ficelles et façonnent des destins ? De l'extravagant Jean-Baptiste Cloots, baron prussien et porte-parole de la Révolution française, à Chamfort, la « tête la plus électrique » que Mirabeau ait jamais connue, en passant par Barras, le « vicomte jacobin », Louise de Prusse, l'héroïne romantique qui défia Napoléon ou Adélaïde d'Orléans, « l'esprit gardien » de Louis-Philippe et jusqu'à Madame de Staël qui imposa Talleyrand, leurs noms sont familiers. Mais combien de ces existences demeurent teintées de mystère ? Comme celle de Louis-Nathaniel Rossel, parti rallier la Commune de Paris, ou de T. E. Lawrence, agent britannique au Caire et stratège de la révolte arabe. Ou encore de Michel Jobert, Pierre Lazareff, Georges Mandel ou William Hechler, le chapelain anglican qui voulait reconstruire le temple de Jérusalem. Qu'ils assurent l'éducation des princes ou qu'ils chuchotent à leur oreille, voici les mentors, égéries et conseillers de l'ombre dévoilés par cette magistrale galerie de portraits qui nous invite dans les coulisses de l'histoire. Ancien professeur à la Sorbonne, recteur de l'académie d'Aix-Marseille et doyen de la faculté de droit de Paris-Sud, Charles Zorgbibe a publié de nombreux ouvrages dont Talleyrand, Les Éminences grises et dernièrement Entre despotisme et démocratie aux Éditions du Cerf.
Si la politique est un théâtre, le rôle d'éminence grise est l'un des plus convoités. L'expression remonte au règne de Louis XIII, où elle désigna le père Joseph, conseiller officieux du cardinal de Richelieu. Elle franchit ensuite les frontières, en Allemagne pour désigner le baron Holstein, proche du Kaiser Guillaume II, ou aux États-Unis pour qualifier Harry Hopkins, « le Raspoutine de la Maison Blanche ». Mais elle a aussi pu s'appliquer, ponctuellement, à des figures aussi variées que Beaumarchais, Rudyard Kipling, André Gide ou encore Jean Monnet. Il fallait tout le talent de Charles Zorgbibe pour nous dévoiler, en seize portraits brillants, vifs et savoureux, l'action discrète de ces personnages qui, dans l'ombre des puissants, ont infléchi le cours de l'Histoire et contribué à façonner notre monde.
La France ou le grand laboratoire des régimes politiques... Lui faut-il un monarque ou un président ? Une assemblée ou deux ? Un suffrage censitaire ou universel ? Un vote unique ou à plusieurs tours ? Des parlementaires insurgés ou godillots ? Un élu providentiel ou des partis dominateurs ? Des consultations référendaires ou des juges suprêmes ? De charte en loi fondamentale et en constitution, des États généraux de 1789 aux Cahiers de doléances de 2019, la France n'en finit pas de définir et redéfinir la règle commune. Comment sacrer la volonté populaire ? Comment organiser la représentation nationale ? Comment permettre au pouvoir exécutif de tenir et de se maintenir ? Et comment comparer cette genèse française perpétuellement recommencée aux modèles qui ont prévalu à l'étranger ? Charles Zorgbibe décrypte avec savoir et passion la chronique mouvementée d'un pays qui, depuis la décapitation de Louis XVI, a connu pas moins de onze constitutions écrites. Passant du temps des révolutions au temps des restaurations, du cycle des superpositions au cycle des synthèses, c'est cette quête éperdue qu'il retrace. Sur deux siècles et demi, la France aura blâmé les rois, acclamé les empereurs, proclamé les républiques sans toujours éviter les dictatures et pour voir, lors de chaque grand rendez-vous électoral, revenir le fantôme de la démocratie directe. Peuple politique par excellence, les Français ne cessent d'inventer leur être pour continuer de réinventer leur devenir. Cette somme capitale, brossée à la manière d'une fresque historique, leur tend le plus parfait des miroirs.
« J'en ai assez de mignoter les Soviets ! » lance, exaspéré, Harry Truman, dans un mémorandum du 5 janvier 1946. En mars, le rapport de George Kennan annonce l'entrée dans la guerre froide et « l'endiguement » du communisme. Seize ans plus tard - pendant treize longues journées d'octobre 1962 -, John Kennedy défie Nikita Khrouchtchev : la crise des missiles de Cuba conduit les deux blocs au bord de la guerre nucléaire. Mais la division radicale du monde se révèle décidément impossible : l'alerte cubaine met un terme à la « première » guerre froide, cet affrontement virtuel de deux États en instance d'empires.
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Ses adversaires ont raillé le « complexe du martyre » de Wilson, son « désir inconscient d'être Jésus-Christ trahi » (Freud). Mais le président américain fut d'abord un combattant au service d'une cause : la sécurité collective. Treize ans plus tard, dans une Europe « d'empires morts et de républiques malades », l'avènement de Hitler signifie la poursuite de la domination mondiale par la ruse et la violence, au nom d'une vision de la hiérarchie des peuples et des ethnies.
La vie de M. Duchesne est une grande et belle page de l'histoire de la Bibliothèque impériale. C'est beaucoup, et l'on pourrait se dispenser d'y chercher autre chose, tant les souvenirs de l'homme sont inséparables de l'intérêt qui s'attache à ce grand établissement. M. Duchesne l'aimait, comme les bons moines aimaient autrefois le couvent dans lequel ils avaient fait profession, où ils étaient entrés un jour pour ne plus jamais avoir la pensée d'en sortir.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
De sa pacification par les Britanniques à son épopée pétrolière, le Golfe, ensemble de royaumes de l'or noir, est devenu l'épicentre des conflits du tiers-monde. « Copyright Electre »
L'impérialisme est le comportement d'un Etat qui tend à imposer sa souveraineté à d'autres Etats ou territoires : il reflète cette faim de territoires que partagent, à travers les siècles, tant d'entités politiques que souveraines. « Copyright Electre »