Charles Le quintrec
Charles Le quintrec
Ouvrons les yeux L?amour est une autre planète Stances du verbe aimer Le pays du bonheur n?a ni princes, ni prêtres Ni drapeaux déployés? Charles Le Quintrec a fait de sa poésie « un château d?amour » et ses écrits mélangent avec bonheur poésie, voyages, histoire, Bretagne et spiritualité.
L?enfance est inépuisable. Celle de Charles et de René dans les landes d?un petit village de l?entre-deux-guerres est à l?image de ce bonheur dont on dit qu?il est dans le pré. L?Armorique immémoriale avec ses antagonismes religieux et politiques, ses génies et ses fées, ses magies issues d?un quotidien toujours transfiguré, forme le cadre de la chronique attachante d?un enfant pauvre dans une Bretage encore très rude où l?imaginaire et la poésie côtoient la dureté de la vie et donnent des ailes à ceux qui veulent la changer. Barde de l?épopée bretonne, chantre des humbles et des simples, Charles Le Quintrec confirme avec Les Nuits du Parc-Lann son extraordinaire talent de conteur. Grand Prix international de poésie, Prix Apollinaire, Grand Prix de poésie de l?Académie française, Charles Le Quintrec a publié de nombreux romans dont Le Christ aux orties et Chanticoq aux Éditions Albin Michel.
Comme tant d'autres, je me veux sorti du peuple, surgi des ronces et des illettrés. Comme tant d'autres avant moi, j'ai souffert dans ma passion de poète. Un poète qui ne souffre pas, qui n'assume pas, qui ne se sent pas menacé dans les pays perdus qui sont les siens, est un voyou. Il est vrai que pour moi la poésie n'a jamais cessé d'être un combat contre l'obscur. Un combat noir qui demande pas mal de courage et d'inconscience. Pour s'épouser royalement, disons jusqu'au vertige, les mots exigent une présence totale, une plus haute respiration, un gouvernement de soi-même qui ne manque pas d'osciller entre l'équilibre des astres et le dérèglement de tous les sens - dérèglement raisonné - prôné, prophétisé par l'enfant de Charleville. N'eussé-je pas eu la poésie, que je fusse devenu un bien pauvre homme avec au bout du chemin un bout de ruban et la retraite des cadres. Mais le besoin de bondir, de chanter, de vibrer, d'espérer, de faire de ma vie quelque chose de pas trop indigne de mon idéal, m'a jeté dans des aventures plus secrètes, plus voilées, mais non moins réelles les unes que les autres. La poésie, qu'on me croie ou qu'on me démente, n'est pas un jeu de société, mais une façon d'être soi-même en face de soi-même avec quelque chose de son cadavre sur les bras. C'est en ceci qu'elle fait peur. Charles Le Quintrec
Plongez dans La Marche des arbres, un recueil de poésie envoûtant où Charles Le Quintrec mêle amour, nature et spiritualité.
Le petit village de Labrit n'aurait pas eu d'histoire si, au XVIe siècle, n'y était né chez les Maufrais un enfant qu'on appela Médée. Tout de suite il entendit des voix et fit naître sous ses doigts des sources miraculeuses. Les temps alors allaient aux superstitions, au merveilleux, au tumulte et à la violence des bandes armées qui terrorisaient le pays. L'une d'elles, menée par un certain Horus, en enlevant Anne-Sophie la jeune cousine de Médée, lança celui-ci sur les routes. D'auberges en châteaux, de confessions publiques en prêches clandestins, aux côtés de personnages inoubliables et extravagants - Jeantet, Jummes et Versaline, ses futurs compagnons d'armes, Grélito, l'étrange voyageur qui dit avoir traversé les siècles et être Barrabas, le terrible inquisiteur don Vicente de la Feria, la belle Francesca de Lorn auprès de qui Médée tentera de trouver le bonheur -, tout un peuple plein de piété et d'intolérance, de révolte et d'amour se manifeste sous nos yeux. Autour de Médée Maufrais, le chevalier au coeur pur, c'est la sensibilité et les convulsions de la France de la Renaissance et des guerres de religion que restitue le nouveau roman de Charles Le Quintrec avec un souffle extraordinaire : roman foisonnant, débordant de passions exacerbées, charnelles, mystiques, diaboliques, porté par une langue tour à tour truculente, rabelaisienne et tendre, presque évangélique, toujours inspirée. La Querelle de Dieu est assurément un des chefs-d'oeuvre de l'auteur de Chanticoq.
Autrefois le pain avait l'odeur des froments de Dieu et la couleur de l'amour. C'est à la fraction du pain - après que le père l'avait signé - qu'on se reconnaissait d'une certaine famille. Alors le monde prenait le mouvement même des moissons. Et rien de ce qui avait été battu dans l'aire et moulu au four banal ne devait se perdre. Les miettes ne tombaient que de la table des riches ; à celles des pauvres, il arrivait qu'elles fussent déjà un festin. Charles Le Quintrec a été ce jeune garçon à qui l'on a refusé le pain sacré, le sacrement du pain. Il s'en souvient dans le présent ouvrage qui nous conduit de ses jeunes années à notre époque, à travers la royale gueuserie de ceux qui, manquant de tout, ont cru à l'essentiel. Pain perdu comporte trois parties : un récit d'enfance avec le portrait de la mère traité à la manière de Rembrandt ; une évocation de la vie parisienne dans les années 50 ; des notes et des chants pour Elisane, femme idéale et peut-être image même de la poésie. Livre de tendresse, mais aussi de révolte, avec ses pages aiguës, lucides, que traverse le cri de tous ceux qui ont faim - pas seulement de justice... Pain perdu est une oeuvre grave, de cette gravité mystérieuse que seuls savent avoir l'enfant, l'amant ou le poète.
« La poésie, c'est ce qui nous permet d'aller vers les autres avec ce que nous avons de meilleur en nous et d'attendre de nos semblables ce qu'il y a de moins falsifié en eux. La poésie est amour. Ce n'est plus le temps des voyelles voyageuses et des consonnes contestataires jetées sur la page mallarméenne que sa blancheur ne défend plus, c'est le temps de la vérité, de la fraternité, c'est le temps de la PAROLE.<br/>Il ne faut pas avoir honte de ses bons sentiments, mais entrer dans la fête et appeler les mots de la tribu pour les noces. Notre pouvoir en ce domaine serait infini si nous avions la volonté de puiser largement dans les dictionnaires de la ferveur. Je rêve d'une poésie à l'usage de l'homme. Je rêve d'un chant qui pourrait être repris par tout un peuple. Je rêve de ces mots très simples, très lisses, qui étaient ceux des premiers hommes qui, eux, n'avaient besoin de rien d'autre pour glorifier la vie que d'eau, de pain, de lait et de lumière. Charles Le Quintrec Grand Prix international de poésie, Prix Apollinaire, Grand Prix de poésie de l'Académie française, Charles Le Quintrec est regardé comme l'un des meilleurs poètes contemporains. Il a publié deux volumes de poésie aux Editions Albin Michel : La Lumière et l'Argile, Grand Prix de la Société des Gens de Lettres, et Le Règne et le Royaume, et de nombreux romans dont Le Christ aux orties, Chanticoq et Les Nuits du Parc-Lann.
Chassé par sa mère, brutalisé par son parrain, le jeune Yann rencontre Maljean et le suit . Commence une aventure douloureuse et bouleversante dans une Bretagne encore plongée dans le drame de la séparation de l'Eglise et de l'Etat et de ce qu'on a appelé les Inventaires. Les longs chemins de Yann et Maljean, de La Jatte et de Marité, de Jeanne Thérèse et de ses enfants sont ceux de la grande pauvreté de ce temps-là, de la joie de vivre malgré tout, de l'amour qui n'osait guère s'exprimer, et de la mort. Ici, les passions sont le ressort même d'une quête qui ressemble à une terrible initiation. C'est toute une époque que Charles Le Quintrec fait revivre à travers des personnages émouvants, vrais, d'un charme prenant ou d'une truculence folle, qui collent à une terre qui ne saurait mentir. Une prodigieuse joie de conter soulève ce beau roman: un roman qui fait rire et pleurer comme il sied qu'on rie et qu'on pleure quand arrive pour chacun de nous le temps de comprendre et d'aimer.
« Voici le poème d'Elisane. Je l'ai chanté pendant des lustres. Elisane, je ne sais plus si je l'ai rencontrée chez les hommes ou adorée chez les anges. Ce que je sais, c'est que je lui devais cet hommage. Elle est fille de Lespugue, d'Akademios et de Sion. Au long des siècles, elle a été célébrée en des chorégies et des pastorales dont nous avons aimé les tableaux merveilleux. II y a un chant d'amour qui remonte au Cantique des cantiques. Ayons nous aussi les mots de la tendresse et de la ferveur dans notre bouche, nous n'aurons que plus de lumière dans notre coeur Ce chant d'Elisane est suivi de poèmes qui m'ont été donnés par surcroît et d'un Chemin de Croix qui témoigne de la grâce ressentie de par l'efficace du Verbe Amour. En vérité, poésie est amour et c'est en cela qu'elle est immortelle. »
Un homme, sur le versant de lge, choisit de vivre prs de la mer et de passer une anne entire dans la compagnie de Chateaubriand. Mais trs vite sa solitude lui pse et l'arrive de Marella, jeune, jolie, pleine de cette joie de vivre qui ajoute la beaut, ne sera pas regarde comme sacrilge, au contraire ! C'est Marella que l'homme maintenant va se confier. C'est elle qu'il va parler du jeune Franois-Ren et du vieux vicomte, de l'enchanteur et du chteau de Combourg, mais aussi de sa Bretagne, de ses contemporains et de quelques-uns parmi les plus clbres de ceux-ci : Malraux, Guhenno, Brel, Prvert... On trouvera encore dans cet ouvrage qui n'est ni un roman, ni un essai, ni un journal, ni un recueil de souvenirs, mais un livre d'heures d'une relle qualit littraire, tous les enthousiasmes et toutes les colres de Charles Le Quintrec, un Le Quintrec assez diffrent de ce qu'on croit savoir de lui, mais dont le style possde toujours la mme puret profonde et la mme frmissante sduction.
Après Les Ombres du jour (1970-1980) et Les Lumières du soir (1980-1985), Charles Le Quintrec avec L'Espérance de la nuit nous donne le troisième tome de son journal. Il y aborde et amplifie les thèmes qui lui sont chers : poésie, Bretagne, famille, amours, amitié, bonheurs et malheurs d'un monde de plus en plus fermé. C'est à travers des années d'épreuve et souvent très malade, qu'il note au jour le jour ses joies, ses peines, ses enthousiasmes, ses admirations et ses colères. On trouvera ici les pages rouges de la « chute de la Maison Staline » ; les pages vertes de l'enfance bienheureuse ; les pages roses de ses admirations littéraires : Chateaubriand, Renan, Flaubert, Verlaine, Valéry. Homme de culture profondément habité par la terre natale et la poésie, Charles Le Quintrec nous dit qu'il nous faut construire notre bonheur comme on bâtit sa maison et nous rappelle le mot de Claudel : « Le bonheur est notre devoir et notre patrimoine. »
Une fois de plus les hommes se sont installés dans la violence. Du Caucase à la Bretagne, c'est la guerre. Pendant plus d'un an encore l'ennemi va bétonner le mur de la mer, se retrancher derrière lui... Lorsqu'enfin les chars de Patton arriveront, une autre guerre naîtra de la guerre moribonde, celle qu'on se fait de père à fils, de famille à famille. Ce sera la fin d'un cauchemar dans un cauchemar. Seul, Mathurin Laurent, le maître du Moustoir, travaille pour que l'aurore des épis mûrs et des blés moissonnés revienne, que le domaine échappe à la destruction. Folie ou pas folie, la terre doit tenir. La Maison du Moustoir, c'est quelque part sur la côte le lieu virgilien où le bonheur serait possible. Mais il faut compter avec les événements, avec les hommes. Et soudain, Français, Anglais, Allemands, Russes, Américains, ils sont tous là, à deux pas de chez Mathurin Laurent, pour un drame à résoudre. Aussi à l'aise dans la réalité que dans le fantastique, mêlant constamment le quotidien et l'imaginaire, Charles Le Quintrec a refait avec vingt ans de recul le chemin difficile et souvent cruel de notre délivrance. Rien de folklorique ici à moins que le sang ne soit mensonge, mais le ton du témoignage et l'émouvante clarté d'un style transcendé par la poésie.
Dune grande beaut, Marion ds son plus jeune ge est confie par sa mre, mercire ambulante, aux deux sueurs Pabic de Portsall qui lui donnent une ducation de demoiselle. Elle a quinze ans lorsque surgit au manoir des Bleuets Charles-douard de Lampierre, un chevalier d'industrie qui va devenir son me damne. Sduite, initie au brigandage, elle s'enfuit Paris o, par la faveur royale, son destin va prendre une ampleur inattendue. Celle qui, enfant, puis adolescente, rvait de venir en aide aux pauvres reviendra pourtant en Bretagne se mettre au service des plus dshrits. Mais la Rvolution gronde, qui prne des mthodes plus radicales... Charles Le Quintrec brosse ici le portrait d'une femme trs en avance sur son sicle, sensible, sduisante et idaliste. Avec les qualits de conteur qu'on lui connat, l'auteur de Chanticoq, Les Nuits du Parc-Lann, La Querelle de Dieu, recre travers cette hrone hors du commun le climat social d'une Bretagne misrable la veille de la Rvolution.
Le Chemin noir c'est celui qui nous conduit jusqu'au parvis du temple. Reste le chemin rouge prendre vers Pques, et le chemin violet emprunter pour voir descendre du ciel les langues de feu de la Pentecte. Dans le roman de Charles Le Quintrec, le chemin noir c'est celui de Yosef qui part la recherche de son pre ; qui voudrait rendre Flora, sa soeur infirme, l'usage de ses jambes. Au sortir de l'adolescence, Yosef pressent en lui une force extraordinaire qui va jusqu'au don de gurir. C'est qu'il en est encore lge o l'on croit que les batailles se gagnent, que l'on sort victorieux de son combat contre l'obscur. Mais une si belle confiance se dgrade bientt. Il est vrai que le narrateur entre dans le monde des adultes. Yosef et ses compagnons : Lazare, l'ami des pauvres ; Samas, le pre infidle ; lodie et son amour; Samson, l'aubergiste et ses parodies ; Elymas, le magicien, nu comme un squelette ; le grand vieillard et son livre d'ternit, voil dans son paysage trange, les principaux personnages d'une fresque pourpre accroche ct rosace de la cathdrale du monde pour que le mystre prenne possession des coeurs et que la qute spirituelle - pour chacun d'entre nous - soit toujours recommencer. Avec Le Chemin noir, c'est l'heure oecumnique un grand roman chrtien, un livre de rvolte et de foi que nous offre Charles Le Quintrec.
Aujourd'hui encore - d'o l'actualit de ce livre - le monde est plein de pauvres. On en dnombre des milliards. Au XVIIe sicle, dans la priode o se passe ce rcit, Thophraste Renaudot pouvait lancer Louis XIII : Sire, vos Franais sont des gueux ! Il entendait par l attirer l'attention du roi sur la misre de ses sujets. Ce sont ces gueux, ces gens de rien, mais capables de tout - le meilleur et le pire ! - que Thibaud de Locmaria, le hros de Charles Le Quintrec, veut aimer. C'est eux qu'il va consacrer sa vie ardente et passionne aprs avoir dpens le sel de sa jeunesse dans les crimes de la dissipation. Vrai rcit de chevalerie, ce roman historique va sa course haletante avec une force extraordinaire. L'amour, la foi, les grands du royaume commencer par le Cardinal de Richelieu, mais aussi et surtout le peuple, sont ici convoqus avec une violence de couleurs et de situations tout fait exceptionnelle. C'est la marche vers la lumire, la qute totale dans un contexte qui n'est pas exactement celui de l'Eglise. En cela, Thibaud de Locmaria annonce ces sortes de saints lacs dont on trouve trace jusque dans lceuvre d'Albert Camus. Que de personnages inoubliables autour du hros primordial ! Avec les bonheurs d'criture qui sont les siens, les doutes et les lans de spiritualit qui sontsa marque, Charles Le Quintrec, on pourra juger sur pice - nous donne le livre que nous attendions de lui depuis vingt ans : un grand livre ?
« Le Château d'amour » ressemble au château du Graal. C'est au plus profond de la forêt légendaire qu'il nous le faut bâtir. C'est la maison de lumière que nous portons en nous et dans laquelle nous voudrions offrir à ceux que nous aimons un peu de ce bonheur dont Claudel disait qu'il est notre devoir et notre patrimoine. C'est donc vers le château d'amour que marchent Jean-Martial et son mentor, le barde Yvonnig ar Bot. Pour y parvenir, ils traverseront la Bretagne du quotidien jusqu'à la légende, et celle des réalités jusqu'au mystère. Plus qu'une quête, ce roman est une initiation à la fois joyeuse et tourmentée, insolite et insolente, angoissante : mais délivrée par le verbe. On y parle le langage des grands espaces et des rêves toujours recommencés. Rien ici qui sente la civilisation du béton, mais une flambée d'arbres en marche. Nous sommes sur la voie royale de l'imaginaire, au coeur d'une terre qui permet toutes les métamorphoses. S'il y a une actualité et une pérennité de la Bretagne, elles sont ici tout entières. Le livre de Charles Le Quintrec bénéficie d'un souffle qui le porte. C'est le livre du pays retrouvé et de la terre promise ; le livre de toutes les terres du monde qui se font et se défont dans les ciels de ceux qui mettent leur imagination au service des enchantements dont ils sont les héritiers et les zélateurs.
Le jeune Blaise Lamour rêve d'une nouvelle Chevalerie, fait le serment de rester fidèle à la jeunesse du monde, à sa jeunesse. Blaise ne se plaît qu'à cheval. Mais il lui arrive fréquemment de chevaucher sur deux plans, de passer du dos de son fidèle Fangio à celui d'un cheval d'imagination qui se moque bien des obstacles de cette terre d'amertume. Cette longue chevauchée mène Blaise de sa douzième à sa dix-huitième année, de l'amitié de Quatorge, l'homme de nulle part et des Vaucouleurs, à l'amour de la tendre Louisa, la fille du maquignon Lebrec. Blaise, Louisa, Quatorge, Lebrec, Finette, la Mulotte, Baptiste Lamour : l'oncle au grand caeur, maire du village des Belléans, autant de personnages vrais, pittoresques, baignés par une lumière d'arbres et d'aube susceptible de les sauver malgré leurs misères, leurs imperfections. Avec ce roman, Charles Le Quintrec a écrit un livre d'amour en même temps qu'une chronique villageoise, aussi à l'aise dans le quotidien que dans le fantastique. Ceux qui ont aimé Les Chemins de Kergrist trouveront dans ce nouvel ouvrage les mêmes qualités de pudeur, de fraîcheur, le même don d'enfance et de poésie.
« Monté à Paris », le jeune Ulysse regarde les murs de la ville où il est venu pour apprendre à souffrir. Pour un temps la navigation fabuleuse est interrompue. C'est que l'enfance est finie et qu'à l'horizon de la mer font place les murs de la rue Saint-Sauveur sur lesquels sont inscrites les luttes, les défaites, les misères d'un peuple obscur, sans cesse renouvelé. Cependant, même face aux obstacles, Ulysse poursuit son rêve et pense trouver refuge dans l'amour de Myriam. Mais l'amour est-il encore possible là où les hommes par millions se manipulent avec cette effrayante légèreté ? Ulysse, Myriam... Mais aussi Jean-Thomas, l'inventeur d'Avant-Théâtre, mais encore Labrador le poète de la « Léprure » mais également Le Bastard, l'homme aux mille métiers et Mme Brolles, la concierge au grand coeur, mais surtout Paris, capitale des reines et des goulues. Paris le long de ses ruelles visqueuses et de ses rues balafrées, comme le personnage de la complainte, de la chanson, du poème, personnage de purgatoire qui tend à imposer moins sa haine que sa révolte, moins sa misère que la malice, la verve, le parler d'or de sa réalité. Sur cette trame, Charles Le Quintrec a écrit le livre d'un terrible apprentissage, apprentissage commun à tous ceux qui doivent quitter la blouse des champs pour les oripeaux de la ville. Passé par le feu d'une certaine expérience, il fallait que le romancier des Chemins de Kergrist, le poète des Noces de la terre, nous donnât ce témoignage au ton inimitable.
En 1834, un jeune noble, Cyril de Plessac, persuadé que le christianisme libéral prôné par Félix de Lamennais peut seul sauver le monde, se rend en Bretagne pour y rencontrer son maître. Si l'auteur de Paroles d'un croyant, excommunié par Rome, n'est pas au rendez-vous, il trouve en Alcémie, jeune servante d'auberge, son idéal de pureté et de beauté. Mais l'amour et la foi, pour un être épris d'absolu, ont parfois des exigences contraires qui peuvent mettre en péril le bonheur le plus serein...
La posie, s'il me fallait la dfinir mais elle chappe toutes les maximes et formulations , je dirais que c'est un battement d'toiles dans une nuit sans limites. C'est aussi un art de vivre. Le pote va au-devant des autres avec ce qu'il a de meilleur en lui, et attend des autres sublime rciprocit ce quelque chose d'indicible, ce peu de lumire qui leur vient de l'me. Charles Le Quintrec
Premier roman de Charles Le Quintrec, Les Chemins de Kergrist a été publié en 1959 par les Editions Albin Michel et salué par une presse enthousiaste comme une oeuvre très attachante. Ces chemins mènent au coeur d'une Bretagne que l'auteur, enfant du bocage, ne peut oublier. Témoin d'un monde rural en pleine mutation et d'une paysannerie encore moyenâgeuse sur le point de disparaître, Guillerme, le jeune narrateur compte sur l'amour de Thérèse, orpheline de l'Assistance publique, pour trouver le courage de partir vers la ville et de changer de vie. Ce roman d'enfance à la limite des féeries et des marais, traversé par tout un peuple haut en couleurs de paysans, de métayers, de saisonniers, de trimardeurs et de vagabonds, est avant tout celui du premier amour dont on ne guérit jamais. Dès cette première oeuvre, Charles Le Quintrec se révèle comme le conteur inimitable qui sera plus tard celui de Chanticoq ou des Nuits du Parc-Lann.
Notre mère disait : « Aussi vif qu'on soit à mener tout son travail, le soir arrive alors qu'on n'a pas fait la moitié de sa tâche. Ce monde, j'en ai peur, ne sera jamais fini... » « Me voici à penser comme elle. Le soir qui vient, je le perçois jusque dans ma chair. Il y a des choses que je ne fais plus; des projets que je laisse à d'autres; des élans qui me sont interdits. Le grand jour est passé, la nuit vient, mais j'espère que le soir me reposera longtemps avant le sommeil. » Ainsi parle Charles Le Quintrec dès l'ouverture d'un livre tendu et douloureux où plusieurs intrigues, dans le sens romanesque du terme, se tissent et s'entrecroisent. Ce journal c'est aussi un théâtre habité par de très nombreux personnages. Ce sont eux qui entraînent le lecteur et, presque toujours, le fascinent. Certains sont totalement inconnus et « montent » de l'enfance; d'autres sont célèbres : Hervé Bazin, Robert Sabatier, Jean-Edern Hallier, Louis Guilloux, Jean Follain, Jean Guéhenno, Maurice Genevoix, Maurice Fombeure, Georges Bernanos; d'autres enfin appartiennent à la galerie des ancêtres dont Charles Le Quintrec ne cesse de se réclamer : Chateaubriand, Hugo, Lamartine, Sainte-Beuve, Flaubert, Verlaine. Ce livre est saisi entre deux moments de la vie de l'auteur : la mort de son frère et l'accident survenu à sa fille. Mais la douleur y est toujours purifiée par la passion et les lumières du soir révèlent finalement moins d'amertume que de ferveur. Livre d'heures d'un romancier et d'un poète soulevé par son art et sublimé par la vie.
Plongez dans Les Ombres du jour, le journal intime et poétique de Charles Le Quintrec, où l'auteur partage ses réflexions, ses rencontres et sa quête de ferveur littéraire.
La posie, s'il me fallait la dfinir - mais elle chappe toutes les maximes et formulations -, je dirais que c'est un battement d'toiles dans une nuit sans limites. C'est aussi un art de vivre. Le pote va audevant des autres avec ce qu'il a de meilleur en lui, et attend des autres - sublime rciprocit - ce quelque chose d'indicible, ce peu de lumire qui leur vient de lme. On le verra tout au long de ces pages, je me suis servi du verbe Amour pour essayer de donner corps mon rve. C'est dire que j'ai toujours rv d'une posie l'image et l'usage de l'homme ; d'une posie qui marquerait les joies et les peines de son existence. Charles Le Quintrec
Lorsqu'il débarque en 1948 à Paris, le jeune Charles Le Quintrec n'a pour bagage que ses illusions, ses espérances et l'amour de sa terre natale, la Bretagne. Rue Saint-Joseph, dans le Sentier, une autre vie l'attend, entre misère et bohême. Employé de banque le jour, le jeune homme arpente et découvre Paris la nuit. Il y croise Hervé Bazin, Robert Sabatier ou Maurice Fombeure. Ses dieux s'appellent Chateaubriand, Villon, Verlaine, Apollinaire et Michaux. Comme eux, il a lâme d'un poète. Puis il y a ses muses, Jacqueline, Jeannette et bientôt Violette. Loin de l'existence si simple qu'il a connue, le jeune homme s'émerveille des lumières prometteuses de la ville... Après Une enfance bretonne qui évoquait la Bretagne paysanne des années trente, Charles Le Quintrec ressuscite le Paris populaire et littéraire de sa jeunesse et brosse l'émouvant portrait d'un écrivain qui croyait en l'avenir, la littérature et l'amitié.
Antoine est un enfant des bois qui vit oubli de tous, au fond de la fort. Sa rencontre avec l'abb Chesnel, esprit libre s'il en est dans cette Bretagne profonde de la fin du second Empire, va changer sa vie. Son ducation faite, bien qu'ayant trouv lme soeur en la personne de la jeune Argeline, il s'engage contre les Prussiens et rejoint le camp des Croisties, prs du Mans, o des milliers de Bretons vont mourir du typhus. Et le jeune intrpide au coeur pur qui tait parti en aventure dcouvre l'horreur des camps et des guerres. Il lui faut ds lors, mri et dsabus, refaire le chemin inverse vers ceux qu'il aime et dont il ne sait ce qu'ils sont devenus. ducation sentimentale, voyage initiatique, chanson de geste et d'amour courtois, vocation du gnocide breton qui eut lieu pendant la guerre de 1870, L'Empire des fougres est aussi empreint de tout le merveilleux breton qui hante encore le bocage. L'auteur de Chanticoq, des Nuits du Parc Lann et de La Traverse du lac, par une langue riche, lyrique et habite, rend merveille les lumires et les ombres d'une terre laquelle il est profondment attach.
Dans la Bretagne des années trente, Julien, un adolescent rêveur et rebelle, livré à lui-même, est recueilli au château de la Boulardaie pour y poursuivre ses études à demeure avec les deux enfants du domaine. Mais l'appel de la forêt, la magie de la lande bretonne, où circulent nuitamment héros des légendes celtiques, bandes de mauvais garçons et saltimbanques, l'entraînent souvent hors des sentiers battus. Les années de guerre et l'arrivée des Allemands vont précipiter le destin de cet « enfant couvert de lunes »... « Un élan et une puissance qui subjuguent le lecteur » Ouest-France. « Un roman magnifiquement écrit. » La Manche Libre.
Dans les premières années du XVIIe siècle, les temps sont à la superstition, aux querelles religieuses, aux accusations de sorcellerie et l'ombre du bourreau est omniprésente. Pour avoir défié celui des Miollis, le jeune Albaran doit fuir vers Paris. Il y découvre toute une population en proie au fanatisme, à la débauche et aux complots politiques ; on ne compte plus les illuminés qui parlent de tuer le roi et Albaran malgré lui côtoie celui qui y parvient. Lui qui n'a d'autre rêve que d'amour parfait se retrouve traqué, et atteint en chevalier errant le Grand Ouest qu'il parcourt, de Belle-Ile à Combourg, en quête d'un idéal bien éloigné de la folie des hommes.
L'enfant né à l'orée de la forêt de Brocéliande grandit entre le rêve des vieux Celtes et une réalité souvent douloureuse, d'une pauvreté extrême, où l'on faisait festin de trois pommes de terre. Entre misère et merveilleux, le destin d'un enfant dans la Bretagne des années trente, qui réenchante le quotidien des légendes rapportées par les aïeux, des livres de l'école communale, des promenades sur la lande, de la rencontre avec des êtres singuliers habités par les génies des lieux. Un peuple pittoresque et disparu de paysans, d'artisans, de saisonniers et de poètes vagabonds qu'évoque avec émotion Charles Le Quintrec, qui puise aux sources de sa mémoire vive, celle de l'enfance qui nourrit son imaginaire et son oeuvre littéraire.
Les images de manifestants mettant à terre une statue du marchand d'esclaves Edward Colston au Royaume-Uni ou celles de la grue soulevant de leur piédestal le général confédéré Robert E. Lee et son cheval aux États-Unis ont fait le tour du monde. L'attention extraordinaire portée par le public et les médias à ces déboulonnages suggère que nous sommes témoins d'un moment charnière dans la politique mondiale de la mémoire. En faisant appel à près de cinquante historiens et historiennes, sociologues, anthropologues du monde entier, Sarah Gensburger et Jenny Wüstenberg invitent à saisir, sur le temps long, les nombreuses formes de cette « dé-commémoration ». La suppression de symboles publics n'est ni une pratique nouvelle, ni une singularité occidentale, ni, nécessairement, l'action de militants luttant contre les héritages racistes et coloniaux. Elle est le résultat d'idéologies et d'intérêts politiques très différents comme, parfois, la conséquence de phénomènes plus ordinaires. Des statues de Lénine en Ukraine à celle de Joséphine de Beauharnais en Martinique, des noms de rues en Algérie ou à Vichy au cimetière de Khavaran en Iran, en passant par les monuments coloniaux en Namibie ou l'acte de voter aux États-Unis, le mouvement se révèle complexe et diversifié. Une réflexion essentielle sur la manière dont les sociétés peuvent transformer, ou non, le passé. Sarah Gensburger est politiste et sociologue, directrice de recherche au CNRS, à Sciences Po Paris. Elle a publié de nombreux ouvrages parmi lesquels, avec Sandrine Lefranc, À quoi servent les politiques de mémoire ? (Presses de Sciences Po, 2017), traduit depuis en quatre langues, et Qui pose les questions mémorielles ? (CNRS Éditions, 2023). Jenny Wüstenberg est professeur d'histoire et d'études de la mémoire à l'université de Nottingham Trent et cofondatrice de la Memory Studies Association. Elle a publié plusieurs ouvrages, dont Civil Society and Memory in Postwar Germany (Cambridge University Press, 2017) et Handbook of Memory Activism (co-direction, Routledge, 2023).
Que se passe-t-il quand un homme, père de famille, tente de sortir d'une relation sous emprise et que tout s'effondre autour de lui ? Dans Survivre, l'auteur raconte la chute intime et sociale d'un homme pris dans une relation toxique où l'amour se transforme peu à peu en prison. Harcèlement psychologique, procédures judiciaires interminables, séparation douloureuse d'avec ses enfants, perte de repères et effondrement identitaire : la violence ne crie pas toujours, elle s'organise, elle isole, elle détruit lentement. Ce livre met des mots sur une souffrance masculine largement invisibilisée. La peur de perdre ses enfants, la honte de ne plus être cru, le silence imposé à ceux qui devraient rester forts. Sans posture victimaire ni règlement de comptes, l'auteur explore de l'intérieur les mécanismes de l'emprise, de la manipulation et de l'autodestruction. Mais Survivre est aussi un récit de résistance intérieure et de reconstruction. Quand tout vacille, certains se brisent. D'autres découvrent une force inattendue. À travers une écriture brute et incarnée, ce livre ouvre un chemin de dignité, de lucidité et de résilience pour celles et ceux qui traversent des épreuves similaires, ou cherchent à comprendre ce qui se joue derrière le silence.
Ce deuxième numéro de la série Rabinal et la vallée moyenne du Chixoy, publié en 1980 dans le cadre des cahiers de la RCP 500, comprend quatre articles organisés en deux volets : l'un archéologique, l'autre historico-ethnologique. L'article de Marie-France Fauvet-Berthelot, basé sur les fouilles qu'elle a dirigées en 1979 et 1980, apporte des données nouvelles sur l'artisanat au Postclassique tardif. Alain Ichon étudie quant à lui une collection de 40 sceaux d'argile, retenant l'hypothèse de leur usage rituel, mais purement domestique, à l'échelon familial. Les deux articles suivants concernent l'histoire religieuse et le fonctionnement des confréries de culte à Rabinal. Nicole Percheron analyse les conditions dans lesquelles fut menée la "conquête spirituelle" de la Tierra de Guerra, qui allait devenir celle de la Verapaz. Alain Breton mène une description systématique de la fête de San Pedro Apóstol, patron de l'un des quatre quartiers du village de Rabinal, en tant que "fait social total" exemplaire.