Cédric Gruat
Cédric Gruat
Découvrez Pico Bogue - Tome 9 - Carnet de bord, un album drôle et tendre où l’enfant terrible de la BD tient son journal intime.
En juin 1941, à Madrid, la France et l'Espagne signent un accord portant sur un échange d'archives et d'oeuvres d'art majeures, parmi lesquelles figurent un Murillo (L'Immaculée Conception), un Vélasquez, un Greco et la célèbre Dame d'Elche. Fruit de longues et difficiles tractations entamées un an plus tôt entre les régimes de Pétain et de Franco, cette négociation est présentée comme une manifestation de l'amitié franco-espagnole. En réalité, elle s'inscrit dans un véritable rapport de force aux enjeux opposés. Pour la France, il s'agit de s'assurer de la neutralité de l'Espagne et de l'empêcher de se rapprocher de l'Allemagne nazie. De son côté, l'Espagne cherche à régler un vieux contentieux avec sa voisine et à s'affirmer comme une nation forte de son identité. À travers une plongée dans les archives tant espagnoles que françaises, ce livre nous dévoile pour la première fois les ressorts et les arcanes de cette incroyable négociation. La replaçant dans la perspective plus large des relations tumultueuses entre les deux pays au fil des siècles, il soulève, depuis Napoléon, l'épineuse question du devenir des oeuvres d'art sorties de leur territoire d'origine.
On connaît les formules célèbres du général de Gaulle, ses bons mots, ses propos qui ont fait mouche. On sait qu'il fut un homme de communication et qu'il incarna la République du verbe. On se souvient moins de ses discours prononcés, en langues étrangères lors de ses nombreux voyages officiels à travers le monde. Que ce soit en allemand lors de son voyage outre-Rhin en 1962, en espagnol pendant ses séjours au Mexique et en Amérique latine en 1964, en russe au cours de son déplacement en URSS en 1966, ou encore en polonais l'année suivante, en roumain et en turc en 1968... Comment expliquer ce recours systématique aux langues du monde chez un homme soucieux de la défense du français et dont le patronyme renvoie au nom ancien de notre territoire national ? Une coquetterie ou une excentricité de sa part ? Non, plutôt une habitude. Un président polyglotte alors ? Aucunement, de Gaulle ne maîtrisait que la langue allemande. A moins qu'il s'agisse d'une exigence du protocole de l'époque ? Nullement, le Général fut, avec le pape, le seul chef d'État à agir de la sorte. Une marque de fabrique ? Davantage un principe, une doctrine. En tout cas, un phénomène unique en son genre. A l'image du personnage. A travers une plongée dans les « langues du Général », ce livre dresse un portrait original de l'homme de Gaulle, toujours soucieux de se démarquer et de frapper les esprits en tout lieu et en toute latitude. Instrument de communication de premier plan au service du rayonnement de la France, ce recours aux langues étrangères fut surtout l'expression de sa conception des relations internationales fondée sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, tout comme un moyen symbolique de lutter contre la prédominance dans le monde de la langue anglaise. Une langue dans laquelle de Gaulle prit soin de ne jamais s'exprimer au cours de sa présidence...