Catherine Lauga Du Plessis
Catherine Lauga Du Plessis
Negro, chien de combat à la retraite, doit affronter ses vieux démons pour sauver ses amis disparus. Une aventure canin-humaine où loyauté, humour et violence se mêlent dans un monde sans pitié. Et si les vrais héros n’étaient pas ceux qu’on croit ?
David Lurie, professeur au Cap, voit sa vie basculer après une liaison interdite avec une étudiante. Dans une Afrique du Sud post-apartheid, ce roman puissant explore la chute, la rédemption et les fractures d’une société en crise.
Il aura fallu attendre 1999 pour que J. M. Coetzee, aussi réputé pour ses romans que pour sa réticence à parler de lui, sorte de l'ombre et décide dans un premier récit autobiographique, Scènes de la vie d'un jeune garçon, de nous restituer la fraîcheur, la spontanéité de son enfance sud-africaine, entre deux langues et plusieurs cultures. Dans le deuxième volet, Vers l'âge d'homme, le futur auteur de Disgrâce poursuit sa quête identitaire, s'exilant à Londres pour échapper au carcan familial, fuir les tensions de son pays déchiré par l'apartheid, consacrer enfin sa vie à l'art. Malgré la frustration et la solitude, c'est le temps des révélations ̶ celle, notamment, de Samuel Beckett, modèle ultime de l'œuvre à venir. Troisième saison : dans L'Été de la vie un universitaire anglais entreprend d'écrire la biographie posthume de " Citizen Coetzee " (supposé mort en Australie en 2003, l'année de son prix Nobel !) en interrogeant ceux qui l'ont connu dans les années soixante-dix. Au fil de cette traversée romanesque, perçant la cuirasse de la pudeur et explorant toutes les provinces d'un cœur tourmenté, l'un des plus grands écrivains de notre temps se dévoile sous un jour rare, souvent poignant, parfois malicieux, toujours passionnant. " Ce triptyque mérite une place de choix dans la littérature mondiale contemporaine. " The New York Review of Books L'oeuvre de J. M. Coetzee a été récompensée par le prix Nobel de littérature en 2003.
" On ne cesse de parler de crise des institutions, de l'école, de l'hôpital, du travail social... et, à terme, de la République. Il faut aller au-delà de cette plainte et de cette nostalgie. Longtemps, le travail sur autrui, le travail consistant à éduquer, à former, à soigner, s'est inscrit dans ce que j'appelle un programme institutionnel : le professionnel, armé d'une vocation, appuyé sur des valeurs légitimes et universelles, mettait en œuvre une discipline dont il pensait qu'elle socialisait et libérait les individus. Les contradictions de la modernité épuisent aujourd'hui ce modèle et les professionnels du travail sur autrui ont le sentiment d'être emportés par une crise continue et par une sorte de décadence irréversible. Dans Le Déclin de l'institution, j'ai voulu montrer que cette mutation procédait de la modernité elle-même et qu'elle n'avait pas que des aspects négatifs, qu'elle n'était pas la fin de la vie sociale. Plutôt que de se laisser emporter par un sentiment de chute parce qu'il n'imagine pas d'autre avenir qu'un passé idéalisé, il nous fait essayer de maîtriser les effets de cette mutation en inventant des figures institutionnelles plus démocratiques, plus diversifiées et plus humaines. " F. D.
Vol plané au ralenti après le choc initial et retombée brutale sur le bitume d'un carrefour d'Adélaïde : mis à bas de son vélo par un jeune chauffard puis amputé d'une jambe, le sexagénaire Paul Rayment reprend connaissance d'un moi diminué sur son lit d'hôpital. Il refuse l'équilibre factice d'une prothèse, s'empêtre dans ses béquilles. Il lui faut désormais une auxiliaire de vie pour veiller au ménage et soigner le moignon. Marijana Joki(...), l'immigrée croate, s'acquitte au mieux de sa tâche, mais ranime, à son corps défendant, le coeur en souffrance de Paul Rayment. Il va jusqu'à offrir de prendre tous les Joki(...) sous son aile. À la réalité inerte d'un membre artificiel, Paul substitue la chimère d'une famille fantôme qui prolongerait son monde rétréci. C'est alors qu'Elizabeth Costello frappe à sa porte. Prompt à le rappeler à l'ordre, ce double féminin bavard, intempestif et omniprésent s'acharne sans relâche à élaborer une fiction d'un homme amoindri et indûment épris qui aborde la vieillesse. La vie passée du jeune garçon transplanté d'Europe en Australie et le progrès difficile vers l'âge d'homme, entre deux langues et deux cultures, font place, dans la dignité précairement conservée et avec un humour résigné, à un questionnement sur le crépuscule qui nous attend. L'oeuvre de J. M. Coetzee a été récompensée par le prix Nobel de littérature en 2003.
Le jeune garçon est devenu jeune homme. John a échappé à sa famille étriquée et à l'amour étouffant de sa mère. Tout en achevant ses études de mathématiques, il dévore la littérature mondiale et caresse son grand projet: quitter l'Afrique du Sud au bord de la révolution et se consacrer à l'art et à l'amour qui fera crépiter la flamme de la création. Mais Londres, c'est sa saison en enfer. Dans la ville cruelle où il reste un étranger, un colonial indésirable, il fait l'amer constat que le malheur est son élément: manque d'aplomb, d'ardeur, d'élan, manque de coeur. Échec et mat et fin de partie beckettienne. Cet autoportrait de l'artiste comme jeune homme, crispé et méfiant, éclaire la genèse de l'oeuvre de J.M. Coetzee par l'évocation de ses vastes lectures, de ses découvertes en musique et en peinture contemporaines. Célèbre pour sa réticence à se livrer, l'auteur confesse ici avec une impitoyable lucidité ses rêves d'amour fou, ses solutions farfelues aux crises d'un monde en proie à l'apartheid, à la Guerre froide ou au conflit du Vietnam. Analysant les souffrances du jeune Coetzee, il a le cran de nous laisser sourire, et même rire, de ses interrogations et de ses mécomptes. Mais au-delà de l'échec du poète féru de Pound, d'Eliot, de Neruda et de Brodsky, se profile le romancier qui écrira Terres de crépuscule et Disgrâce: l'Afrique du Sud, blessure qui n'en finit pas de faire mal. Traduit de l'anglais (Afrique du Sud) par Catherine Lauga du Plessis L'oeuvre de J. M. Coetzee a été récompensée par le prix Nobel de littérature en 2003.
Un spécialiste américain de la guerre psychologique transcende ses rancœurs et ses angoisses en concevant un vaste plan macabre pour remporter la victoire pendant la phase 1973 de la guerre du ViêtNam, et en arrive à commettre un acte de violence odieux. C'est un cheminement identique qui amène un Boer à imaginer l'extermination des Noirs qu'il rencontre lors de son expédition vers le nord en 1760, après s'être vengé, dans un déferlement de violence et de meurtre, des Hottentots qui l'avaient humilié. Dans ces deux courts romans, son premier ouvrage romanesque publié en Afrique du Sud en 1947, l'auteur explore avec détachement en apparence ironique, glacial, et déjà une étonnante maîtrise technique l'âme de deux personnages mégalomanes, à la frontière où l'on rencontre l'autre et où on l'extermine, exprimant ainsi la mort et la folie qu'on a peur de détecter en soi. L'oeuvre de J. M. Coetzee a été récompensée par le prix Nobel de littérature en 2003.