Catherine BREILLAT
Catherine BREILLAT
« L... sait refuser sèchement en plissant ses yeux et en ouvrant ses narines comme une barbare ; mais lorsqu'il roule par côté pour lui échapper, L... redevient petite fille et l'agrippe par-derrière avec une hypocrisie totale et innocente. Quand il ferme les yeux, il s'aperçoit que c'est pour ne plus sentir que sa cuisse nue et son ventre délibérément appuyé contre lui, tellement bien qu'il distingue les poils crêpelés de son sexe et que cela tend la peau de son ventre comme celle d'un tam-tam. Il suffirait qu'on l'effleure pour qu'il hurle et c'est ce qui l'attend. » !
"Belleville, c'est mon quartier, quinze ans que j'y respire le même air que les voyous. Tous ceux que j'ai arrêtés, y'a longtemps qu'ils sont tous ressortis. C'est vraiment pas la peine de jouer les méchants. Et l'entrée de la B.T. aussi, je peux vous dire que je la connais vraiment par coeur. Quinze ans que je suis arrivé simple stagiaire. Je n'ai jamais eu envie de changer. J'ai fait tout mon chemin ici, dans ce blockhaus. Mon chemin complet d'ailleurs. Maintenant qu'on m'a nommé chef de groupe, je suis au sommet. Ça paraît drôle à trente-deux berges, se dire qu'on va pas évoluer jusqu'à l'âge de la retraite. Mais je trouverai bien quelque chose. Je passerai commissaire, même si personne n'y croit". Héros d'un polar ? Plutôt d'une "chronique policière", d'un document choc qui nous montre une réalité d'aujourd'hui. Un univers où tout le monde a le même langage, le même argot, le même comportement douteux. Flics, truands, avocats véreux, jeunes délinquants. Un vrai sac d'embrouilles du côté de la Goutte d'Or.