Carlo Gozzi
Carlo Gozzi
Venise, 1762 : un roi maudit, une princesse enlevée, un magicien vengeur. Le Corbeau de Carlo Gozzi mêle tragédie et merveilleux dans une fable théâtrale sombre, où l’amour et la folie s’affrontent sous le ciel vénitien.
Une belle créature, mi humaine mi fée, qui renonce par amour à son statut d'immortelle ; un prince amoureux fou de cette créature, qui laisse le royaume de son père aux mains d'un despote sanguinaire ; un mage démoniaque qui a lancé contre eux une terrible malédiction. Ce trio est au centre de La Femme serpent, fable théâtrale tragicomique que Carlo Gozzi offre avec succès au public de Venise en octobre 1762, peu après Turandot. Transformations, apparitions, disparitions, déchaînement de tonnerre et d'éclairs, palais merveilleux succédant à un désert rocailleux, grottes peuplées de monstres hideux. À partir de sources diverses, françaises et italiennes, Gozzi déploie toute sa science de la scène et de l'écriture, et mêle avec brio le merveilleux, le tragique, le pathétique et le comique hérités de la commedia dell'arte. Les amants réussiront-ils à surmonter les épreuves imposées par le mage ? Le prince sauvera-t-il son royaume ? La fée deviendra-t-elle humaine ?
L'Oiseau vert (1765) est la neuvième des dix fables théâtrales que l'écrivain vénitien Carlo Gozzi, invente pour triompher de l'autre Carlo, Goldoni, adversaire honni contre lequel il se déchaînait depuis dix ans. Il la nomme fable philosophique pour souligner l'importance du message allégorique qu'il y développe, et répondre à ceux qui trouvaient ses intrigues de conte de fées trop puériles et « fondées sur le faux ». Il y donne un destin à la fois tragique, pathétique et burlesque aux protagonistes de sa première fable, L'Amour des trois oranges (1761), et porte à sa perfection une écriture-centaure qui traduit sur la page la subtile articulation entre dramaturgie d'auteur et dramaturgie d'acteur propre à la commedia dell'arte. Son contemporain Giuseppe Baretti voyait en Gozzi un nouveau Shakespeare. Avait-il tort ? Avait-il raison ? Cette traduction à lire et à jouer qui se démarque des versions scéniques modernes pour revenir à la lettre de l'original permettra de trancher la question.