Camille Charvet
Camille Charvet
« Sous le grand porche du centre d'addictologie où je travaille, des jeunes couverts de piercings côtoient des mères de famille. D'anciens détenus partagent une cigarette avec des hommes en costume aux cheveux bien peignés. Plusieurs langues se mêlent, toutes les corpulences, tous les genres et tous les styles. Les patients que j'accompagne vont de l'alcoolique mondain cocaïnomane à l'adepte de pornographie compulsive, en passant par le fumeur de crack du quartier Stalingrad à Paris. Dans mon cabinet, j'entends parler de plaisir, mais surtout de honte, d'anxiété sociale, de solitude. A l'hôpital, je ne cesse d'être témoin de tentatives, parfois désespérées, pour rester vivant. » Camille Charvet est psychiatre. En s'appuyant sur l'histoire des patients qu'elle reçoit, elle montre que l'addiction ne peut plus être envisagée comme un simple désordre comportemental ou une maladie du cerveau. Recherche effrénée du plaisir, appui pour affronter la vie sociale, tentative de se supporter soi-même, médicament contre des souffrances, expérience-limite, ou paravent face à l'effondrement intérieur... l'addiction est protéiforme. Pour la comprendre, elle s'intéresse au circuit de la récompense comme à la philosophie antique, aux traumatismes de l'enfance et aux injonctions contemporaines de performance, à notre besoin de lien. « L'addiction m'est apparue non seulement comme un trouble, mais aussi comme un miroir. Un miroir de la souffrance psychique, bien sûr, mais aussi de notre époque, de ses injonctions, de ses dénis, de ses failles collectives. Elle est, peut-être, son symptôme le plus sincère. La personnalité addict, excessive, toujours trop, assoiffée et insatiable, nous parle de nous tous ».
Une grande fresque romanesque aux couleurs du Midi avec à l'honneur la batellerie sur le Rhône et la vigne en Vaucluse.Il aura suffi d'un moment d'inattention dans l'épais brouillard qui parfois enserre le fleuve. Un jour terrible de 1830, Jérôme Sénéchal, batelier du Rhône comme l'ont été son père et son grand-père avant lui, disparaît avec son train de " barques " et leur chargement. Une famille, Manon sa femme et Antoine leur très jeune fils, sombre dans la ruine. Manon et Antoine devront se bâtir une nouvelle vie à Caderousse. Du bagne de Toulon aux vignes de Châteauneuf-du-Pape, les destins s'entrecroisent à une époque où les femmes rebelles étaient montrées du doigt. Eternel recommencement entre deux mondes, celui de l'eau et celui de la terre, dans une Provence détentrice de lourds secrets.
À la rencontre d'un homme et d'un champion d'exception. Préface : Jean Galfione et Renaud Lavillenie Introduction : Bernard Amsalem président de la FFA (partenaire de l'ouvrage). C'est le roman authentique d'un très jeune athlète couronné champion olympique de la perche en 1984 à Los Angeles. Il a tout pour lui. Sourire lumineux, visage d'ange, voix incroyablement douce... c'est un esthète à la volonté de fer. Son physique de jeune premier, son charme et son intelligence attirent. À 22 ans, la gloire est entrée en accéléré dans sa vie. Recordman du monde en 1983, à Cologne, champion olympique à L.A. en 1984. Seuls avant lui, depuis la dernière guerre, en athlétisme, Alain Mimoun (1956), Colette Besson (1968) et Guy Drut (1976) ont connu l'honneur d'un couronnement olympique aussi fastueux. Pierre a atteint le rêve de tous les sportifs. Mais ce rêve est-il trop beau, trop grand pour lui ? Déjà, il refuse de monnayer sa gloire. À l'époque de sa splendeur, la perche française illumine l'athlétisme mondial avec d'autres champions, Abada, Bellot, Vigneron, Ph.Houvion, Collet... Une saga qui va se prolonger avec deux héritiers de prestige : Jean Galfione (JO Atlanta 1996) et Renaud Lavillenie (JO Londres 2012). Aux commandes, alors, deux patrons renommés : Maurice Houvion et Jean-Claude Perrin. Et les exploits s'ajoutent aux exploits... En 2014, cela fera 30 ans que Pierre Quinon a décroché l'or olympique. En 30 ans, c'est la France qui aux JO a obtenu le plus de titres olympiques à la perche (3 titres) ! Pierre Quinon a ouvert cette voix royale. Il a ébloui toute une génération Mais, derrière la cuirasse du champion audacieux et conquérant, perce la fragilité d'un jeune homme romantique et artiste, très introverti, trop réfléchi, soudain exposé à l'indifférence, aux doutes, à l'ascension du phénomène Bubka et à trop de blessures. Son destin va basculer. Il se cherche. Il végète. Il est déstabilisé. Sa famille éclate. Et dans sa fuite éperdue malgré l'aide de ses proches, il sombre... Il s'évade quelque temps dans la peinture mais son état dépressif s'avère inguérissable. Le 17 août 2011, comme son inspirateur, le peintre Nicolas de Staël, Pierre Quinon s'est envolé définitivement dans la nuit immaculée de ses splendeurs et le paradis bleu de ses victoires passées, en se jetant d'une fenêtre. Cette disparition douloureuse d'un champion olympique en quête d'absolu suscite aussi, à côté de l'aventure magique, une question abordée dans " Le paradis bleu de Pierre Quinon " : la célébrité olympique peut-elle devenir aussi trop pesante ?