Bruno Bontempelli
Bruno Bontempelli
Dans la vie, on perd toujours quelque chose. C'est parce que Gauvin est à la recherche de ses bretelles, trésor inestimable, qu'il monte dans l'autocar en partance pour le Bureau des objets trouvés. Le véhicule brinquebalant conduit six autres passagers, qui ont tous leurs raisons, bien différentes, pour entreprendre le voyage de Saint-Chinéard. Et lorsque l'autocar tombe en panne en rase campagne, le voyage devient expédition, au point que l'on vient à douter de l'existence du Bureau. Ils parviennent pourtant à Saint-Chinéard et découvrent une citadelle labyrinthique où s'amoncellent tous les objets imaginables. Comment, dès lors, ne penseraient-ils pas y trouver ce que chacun d'eux recherche, et comment se laisseraient-ils inquiéter par les pièges et la menace des parapluies sauvages ? Aucun d'entre eux ne s'arrêtera en effet, car il est aussi inéluctable de chercher que de perdre. Et si la quête à laquelle nous convie Bruno Bontempelli passe du réalisme à la légende, celle-ci n'apparaît que pour accroître encore la richesse de ce roman et la précise beauté de l'écriture.
Frédéric vient d'emménager dans la nouvelle demeure familiale, le château La Férelle. Or, quand on a 13 ans, une âme d'aventurier et que vos parents vous offrent un jeu de piste grandeur nature, l'imagination court... Cadavres enfouis dans la cave, monstres moyenâgeux et spectres prisonniers des tours hantent l'esprit de l'adolescent. Mais toutes ces images sont-elles vraiment des chimères ? Frédéric est persuadé qu'une des pièces du château, dissimulée derrière une tapisserie, recèle un mystère. Il doit le percer à tout prix. Pourtant, ses découvertes nocturnes risquent de lui coûter cher, très cher...
Les petites et la grande histoire du sacre républicain.
Bruno Bontempelli est l'auteur de L'Arbre du voyageur (1992), qui connut un vrai succès en librairie, de Sang de plume (1995) et de Poisson-vinaigre (1999). Il est également compositeur de musique. Le Livre: Nous sommes à l'Alhambra de Grenade, deuxième moitié du XVème siècle, au moment où la civilisation arabe va connaître les assauts des chrétiens venus de Castille et d'Aragon. Le Sultan de Grenade, échappant à la guerre qui se prépare, s'initie à l'art de l'attouchement : rien qu'une femme caressée jusqu'à l'extase... Voici un extrait de ce roman moiré, sensuel, profond comme la surface de la peau. Le Sultan et son maître en plaisirs joignent leurs mains : « - Attouchons ensemble. Ce corps si amolli, si lâche, s'est mis à se gauchir, à former et défaire des courbes singulières. Peu à peu, ses vagues se sont emplies de nervures et d'arceaux. Des forces, qui semblaient insufflées par nos mains ont grandi et couru, allant ici et là nouer, cabrer, tendre les quartiers de chair suave... » Le contraire d'un roman historique, L'attouchement est une fable sur le plaisir et la violence, la visitation d'une société hédoniste au moment de son apogée. Bruno Bontempelli caresse les peaux dans une langue fruitée et fluide.
"J'étais grincheux. Des gargouillis avaient ruiné ma sieste à cause de ce poisson vinaigre dont j'avais abusé. Donc, d'humeur caillou, je sortis de la maison, mon chien lapin sous le bras, et me rendis chez les Gallaghers en passant par le trou de la haie. De ce côté-là, c'était un monde assez dépaysant, ne fût-ce qu'à cause des araignées de ferraille qui rouillaient dans du liseron et des deux grosses potiches où poussaient des choux géants noyés dans les lianes : mais j'en avais déjà deux mille fois fait le tour." Qui parle ? Un gamin de trois ans qui s'enfuit de chez lui, en compagnie d'un aïeul, ancien baroudeur sur le déclin. Les voici tous deux égarés sur les chemins du vaste monde. Tout est si étrange pour un enfant sans boussole et sans cartes, sous le ciel étoilé. Bruno Bontempelli, né en 1948, a publié chez Grasset deux romans : L'Arbre du voyageur (1992, Grand Prix du roman de la Société des gens et des lettres, Prix Giono) et Sang de plume (1995).
Julie, adolescente de quinze ans, s'échappe de la maison des Organdes, sorte de clinique pour aliénés. Hagarde, dans une nuit noire comme l'encre, elle trouve refuge chez sa grand-mère, en pleine forêt. Mais il n'y a personne. Elle s'abrite et attend, sent des présences étranges. Qui la persécute ? Serait-ce l'homme qui semble l'épier et qu'elle tuera d'un coup de fourche ? Ou serait-ce l'esprit fragile de Julie qui crée des ennemis imaginaires ? De quel dieu malin veut-elle si ardemment se venger ? De l'auteur de ses jours, c'est-à-dire l'écrivain ? Ce roman de la fuite et de l'attente se lit de deux manières, inséparables : comme un roman d'aventures, d'abord ; c'est le récit d'une escapade à travers une forêt magique, mouvante, qui déploie ses charmes et semble vivre. Mais derrière l'aventure de Julie, il y a un autre roman, auquel l'auteur prête toute son ironie. Bontempelli s'amuse à piéger le réel et ses personnages. On ne sait plus qui chasse qui. Réalité ou fiction ? Qui est paranoïaque ? Le lecteur ou Julie ? L'écrivain ou sa créature ?
Une île, proche mais inaccessible, ceinte d'une barrière de corail, c'est le sujet tout en désir, tout en tensions, de l'Arbre du Voyageur. Nous sommes au XVIIIe siècle, quelque part dans l'océan Indien. A bord de l'Entremetteuse, une flûte encalminée de sept cents tonneaux, l'équipage fatigué s'installe mollement dans l'attente. Ne devrait-on pas tenter une percée, narguer le récif de corail, agir enfin ? Le chirurgien du bord soigne gangrènes et plaies, le capitaine Bloche roule des yeux de fou, l'écrivain Malestro rêve à ce voyage en cul-de-sac, le chevalier Du Mouchet s'invente un destin de découvreur, entre Bougainville et La Pérouse. Rien n'y fait : l'île se refuse...