Bertrand Blier
Bertrand Blier
Le cinéaste Bertrand Blier est aussi un écrivain, ironique, tendre, insolite. Depuis 1972 (Les Valseuses), il a publié plusieurs livres. Trois d'entre eux ont connu un immense succès. Dans ce nouveau récit, il raconte une enfance à la fois réelle et réinventée, celle d'un futur cinéaste, un fils d'acteur... " fragile des bronches ".1956. À quinze ans, il grandit sans enthousiasme, malade un jour sur deux, des quintes de toux à n'en plus finir, et traîne avec son copain Blumberg. Son père, acteur célèbre, est souvent en tournée. Sa mère, délaissée, est neurasthénique. Le médecin les envoie aux sports d'hiver. Entrent en scène un play-boy des montagnes et une jeune beauté. Toutes les cellules vont se recomposer.Des terrasses ensoleillées de l'hôtel Arbois Bettex aux déambulations dans le Paris de la Nouvelle Vague, de concerts de jazz à l'Olympia aux studios de la Victorine à Nice, des réceptions bourgeoises du 16e arrondissement à La Colombe d'Or à Saint-Paul-de-Vence, Bertrand Blier réinvente son enfanece. " Ça tire vers l'autobiographie, prudemment ", dit-il. Dans ce récit tiraillé entre mémoire et imaginaire, son sens de l'absurde et de la provocation s'exprime pleinement ; il laisse aussi paraître sa dimension la plus sensible.
Le livre culte de Bertrand Blier réédité pour les 50 ans de sa première parution.Les Valseuses raconte le périple de deux copains, deux petits délinquants, Jean-Claude et Pierrot, sur la route, à travers la France. Objectif principal: échapper à la prison. Objectifs secondaires : conduire des voitures et rencontrer des filles. Ils entraînent Marie-Ange, une shampouineuse, dans leur cavale. Écrit avec une inventivité fougueuse, dans une langue qui doit autant à Céline qu'à la Série noire, Les Valseuses a pu choquer en 1972; ce roman exprimait surtout un goût absolu pour la liberté: Son succès a été éclipsé par celui, encore plus grand, du film qui en a été tiré. Cinquante ans après sa première parution, cette réédition vient rappeler quel écrivain est Bertrand Blier. " C'est l'histoire de deux types qui courent. Ils fuient quelque chose, mais ils ne savent pas quoi. Ils se demandent aussi ce qui les attend. Ne comptez pas sur nous pour vous le révéler. Il y a du suspense dans Les Valseuses. [ ... ] L'ensemble pétarade. C'est un mélange de brutal et de raffiné. Le stylo claque des doigts. L'encre bouillonne. Une verve communicative éclaire ces pages. Blier alterne les dialogues à la mitraillette et de longues coulées de mélancolie, de brusques accès de poésie. [ ... ] Le français est sa cour de récréation. Il innove, renouvelle, ne cesse d'inventer. " Extrait de la préface d'Éric Neuhoff
A cause d'un obscur décret, une bourgeoise et une clocharde partagent le même morceau de moquette. Une main tendue et tout bascule, celle de la rue prend la place de l'autre, bien au chaud. La bourgeoise voit sa vie (et son homme) sous un nouvel angle, tandis que la clocharde passée du bon côté regrette son clochard divinement membré. PERSONNAGES : 2 femmes, 3 hommes. DURÉE : 1 h 30.
Après Les Valseuses et Fragile des bronches, les éditions Seghers publient un autre ouvrage de Bertrand Blier. " J'ai toujours été fasciné par les soutiens-gorge. Déjà, en culottes courtes, quand je rentrais de l'école, je ne manquais pas de passer, avec mon gros cartable, devant le magasin Thirion, articles pour dames, dans la vitrine duquel, sur des bustes sans têtes, resplendissaient d'admirables soutifs. Je ralentissais le pas, et la tête retournée vers les bonnets sublimes, je me remplissais les yeux jusqu'à l'évanouissement. Des imbéciles toujours prêts à se dévouer m'allongeaient sur un banc et me tapotaient les joues. Furieux d'être extirpé de mon rêve satiné, je leur balançais mes bottines dans la gueule. "Ce n'est que le début... Le gamin, élevé dans une famille très bizarre, développe ce goût immodéré pour le soutien-gorge dans l'âge adulte. Il faut dire que, d'abord représentant en lingerie féminine, il devient directeur des Ressources humaines d'une fabrique de soutiens-gorge. Grand baiseur, oui, mais ses désirs sont essentiellement d'ordre esthétique : c'est le soutien-gorge qui le stimule, ou le sein pris dans le soutien-gorge (et pas de n'importe quelle marque), et non le sein nu. Lorsque l'idiote, pour étaler tous ses charmes, fait sauter son soutien-gorge, c'est fini : il l'étrangle... Il en étranglera un bon tas. Ce livre est fou et sublime de vraie provocation, d'excès, de délire, de beauté sulfureuse, de franche horreur, d'un humour plus noir que noir. Ceux qui aiment les films de Bertrand Blier ne seront pas tellement surpris, tout en avouant que jamais il n'a été si loin ni si fort - les mots sont beaucoup plus puissants que les images. Et c'est ici qu'il faut dire que toutes ces folies sont racontées d'une plume magnifique, constamment jubilatoire, - telle que le cher Rabelais reconnaîtrait avec bonheur son héritier dans les élucubrations de l'abominable Bertrand Blier.
Hitler, connais pas, si étrange, si neuf dans la production cinématographique actuelle, vient de tomber comme un aérolithe dans la mare aux grenouilles des bonnes consciences. On y découvre, avec le plaisir de la lucidité, ou l'indignation de la pruderie, l'aspect insolite d'une certaine jeunesse. Le réalisateur Bertrand Blier et le producteur A. Michelin nous ont communiqué non seulement les textes du film mais encore la totalité des confidences recueillies dont n'avait pu être utilisée, au tournage, qu'une faible partie. "Voici Témoignages" se devait de faire connaître ces documents saisissants et significatifs au public et plus particulièrement à ceux qui ont des responsabilités envers la jeunesse, à ceux qui veulent savoir pour prévoir.
Nouvelle édition !Nombreux sont ceux qui connaissent par coeur les tirades inoubliables des Valseuses, de Buffet froid ou encore de Tenue de soirée. Dialoguiste parmi les plus brillants du cinéma français contemporain, Bertrand Blier n'est pas un auteur " correct ". Iconoclaste et provocateur, il puise volontiers sa verve dans le trivial et trouve la beauté là où d'autres ne la perçoivent pas. Et, ses mots sont ceux d'un authentique écrivain. Prenant la suite des Prévert, Jeanson ou Audiard, il a donné au cinéma français de ces quarante dernières années ses dialogues les plus originaux et les plus drôles. Avec ce recueil de ses Pensées et répliques les plus percutantes, nous retrouvons, intact, son univers si particulier. - À quoi ça ressemble un bon souvenir ? - C'est quelque chose, quand on y pense, ça donne envie de pleurer. - Et un mauvais, qu'est-ce que ça fait ? - Un mauvais ça fait rien. Tu te marres et puis c'est tout. * C'est la contemplation de la connerie qui donne la vocation du pouvoir.