Bernard Bourdin
Bernard Bourdin
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Lorsque Jacques VI d'Écosse succède en 1603 à la reine Élisabeth d'Angleterre sous le nom de Jacques Ier, il est déterminé à mettre en pratique la théorie du droit divin. L'occasion lui est donnée à la suite de plusieurs complots contre sa personne, notamment le complot des poudres (Gunpowder plot) le 5 novembre 1605. Il impose un serment d'allégeance afin de s'assurer de la loyauté des catholiques anglais. Ce serment met à nouveau à jour leurs divisions internes, et ce d'autant plus que la papauté intervient pour les décourager de le prononcer. Commence alors une controverse qui va prendre une ampleur européenne, par la parution de l'Apologie pour le serment d'allégeance du roi Jacques, le Triplici nodo, Triplex cuneus. Contre ce texte qui dévoile en contexte catholique ses conceptions théologico-politiques du pouvoir royal, le pape Paul V demande au cardinal jésuite Robert Bellarmin de répondre. Par la structure argumentative par laquelle s'opposent les deux protagonistes pour justifier leur plaidoyer en faveur, l'un, de la monarchie de droit divin, l'autre, de la papauté, ce sont deux interprétations des rapports du temporel et du spirituel qui sont en jeu.
Indésirables ? Malvenus ? Contemporains insignifiants ? Acteurs publics de seconde classe ? Juste bons à être relégués à leurs querelles de clocher ? En France prévaut l'idée reçue selon laquelle les catholiques n'ont rien à faire et à dire en politique. Et que s'il en est parmi eux qui désirent s'engager dans la cité, il leur faut laisser leur foi au vestiaire.Analysant et dénonçant ce tabou hexagonal, le philosophe Bernard Bourdin montre en quoi être pleinement chrétien et pleinement citoyen ne s'opposent pas. À rebours de composer une politique sainte tirée de l'Évangile, il éclaire le besoin crucial qu'a notre société d'une voix dissonante, venue d'ailleurs et portant au-delà, sans laquelle se perd la conception même du bien commun.Dominicain, professeur à l'Institut catholique de Paris, auteur d'une oeuvre théorique traduite en plusieurs langues, Bernard Bourdin conseille régulièrement les médias sur les questions politico-religieuses dont il est un expert réputé internationalement.
Ne faut-il pas que Dieu soit « dé-coïncidence », c'est à- dire dé-coïncide de toute nature ou codification de Dieu, pour que Dieu s'active et se promeuve en Dieu ? Et n'est-ce pas où peuvent se croiser hébraïsme, catholicisme et protestantisme quand ils dés-adhèrent de leur attachement coïncidant, enlisé, avec eux-mêmes, et cela sans forcer quelque oecuménisme ? À travers le prisme de la dé-coïncidence, Bernard Bourdin éclaire ici d'un nouveau jour la pensée théologicopolitique. Un penseur juif - Pierre Abraham - et deux théologiens protestants - Elian Cuvillier et Rudi Popp - réinterrogent de façon féconde la puissance de leur tradition religieuse. Jean-Pierre Bompied, Alain Douchevsky et Benoît Mathot apportent également un éclairage philosophique décisif sur les fi ls tirés par François Jullien pour interroger « Dieu ». Dans un monde devenu si indifférent à l'idée de Dieu, autant de chemins de rencontre qui, dans la tolérance, redonnent à « Dieu » de la saillance. Bernard Bourdin est professeur de philosophie politique à l'Institut catholique de Paris (faculté des sciences sociales). Il est notamment l'auteur, aux Éditions du Cerf, de Le christianisme et la question du théologico-politique (2015) et Le Chrétien peut-il aussi être citoyen ? (2023).
Y a-t-il incompatibilité entre la loi de Dieu et la loi de la République ? Non répond l'auteur ; les deux lois ne sont pas du même ordre et les Chrétiens sont à même d'être non seulement des citoyens de plein exercice, mais les moteurs d'une démocratie renouvelée. Nous vivons aujourd'hui, en France et en Europe, une double crise. D'une part, une crise du régime démocratique, qui ne parvient plus à accomplir sa tâche, à bâtir une société autour d'un bien commun. D'autre part, une crise du christianisme, et notamment de l'Église catholique, qui n'arrive plus à transmettre son message spirituel au sein de ces mêmes démocraties libérales occidentales. Plusieurs facteurs viennent encore compliquer cette double crise : mondialisation accélérée, urgence des débats écologiques... Que peuvent faire les chrétiens face à ces enjeux ? Ont-ils encore leur mot à dire pour construire la politique de demain ? Ou sont-ils condamnés à l'insignifiance et à rester enfermés dans le passé d'une chrétienté révolue ? Dans cet ouvrage, Bernard Bourdin nous propose de penser ce que peut être, ce que devrait être un citoyen-chrétien. Il convoque pour cela les ressources bibliques et théologiques du christianisme, tout en les articulant à la vie démocratique. Cette dualité, apparemment inconciliable, est en réalité productrice d'une tension féconde. Le citoyen et le chrétien ne pouvant ni s'ignorer ni se réduire l'un à l'autre, l'activité politique peut retrouver son ancrage historique, et la tâche spirituelle sa solidarité avec les questions communes à tout citoyen. Un livre essentiel pour mieux comprendre les urgences d'aujourd'hui et pour construire le bien commun de demain.
Le " problème " autour duquel tourne ce colloque tenu les 13 et 14 janvier 2022 à Paris est celui de la forme que les rapports entre l'Église catholique romaine et l'État ont prise en France : les " libertés de l'Église gallicane ", autrement dit, le " gallicanisme " selon le néologisme forgé au cours de la querelle qui renaît à la suite de l'instauration du Concordat de 1801 signé entre Bonaparte et Pie VII. Ce néologisme accompagne la longue genèse de la séparation des Églises ou cultes et de l'État. Il n'achèvera de perdre sa pertinence polémique qu'après la loi de séparation du 9 décembre 1905. Des spécialistes issus de plusieurs disciplines s'interrogent sur les différentes figures qu'a connu, du Moyen Âge au xxe siècle, cette recherche d'une autre voie entre le catholicisme d'État, la monarchie confessionnelle espagnole et l'Église anglicane d'État, pour essayer de comprendre s'il existe ou non une spécificité du modèle d'équilibre français par rapport à d'autres manières nationales de régler les rapports entre l'Église catholique romaine et l'État.
Le problème théologico-politique, que l'on pensait résolu depuis le siècle des Lumières, la Révolution française et la laïcité, revient aujourd'hui avec force dans l'actualité. Une des raisons est la mondialisation des religions.Elles n'évoluent plus uniquement sur leurs espaces historiques traditionnels, mais dans des espaces à forte immigration. L'Europe se trouve être au centre de cette transformation de l'espace.Il en résulte, par voie de conséquence, un défi nouveau, celui du rapport de ce continent à son histoire. D'où la réactivation du problème théologico-politique et des multiples débats en cours sur la laïcité.Par rapport à ces défis, l'Europe doit réinterroger la relation du spirituel et du temporel telle que l'avait formulé le christianisme. C'est à la lumière de cette investigation qui s'étend du Moyen Âge tardif au XXe siècle quece livre posera les conditions de possibilités d'un nouveau rapport entre le christianisme et la sphère politique démocratique.Dominicain, Bernard Bourdin est docteur en philosophie et enseigne à l'Institut catholique de Paris. Il est l'auteur de La Médiation chrétienne (2009).
Qu'est-ce qui fonde la souveraineté ? De quand date-t-elle ? Quelle était sa place dans les régimes politiquesantérieurs à la Révolution française ? Pour répondre à ces questions, un économiste laïque, Jacques Sapir, et unphilosophe dominicain, Bernard Bourdin, se confrontent.Quand le premier évoque les fondements du pouvoir à Athènes, dans la Rome impériale et au Moyen Âge, l'autre revient aux origines de la notion de peuple dans l'Ancien Testament, sur l'essence de l'autorité papale et la doctrine de La Trinité. C'est aussi l'occasion pour eux de dialoguer avec d'illustres penseurs : Platon, saint Augustin, Bodin, Hobbes, Spinoza, Locke ou encore Marx.Cette réflexion d'ordre historique et philosophique montre qu'il n'y a pas d'humanité sans racines, sans origines, sans legs, que ce soit pour celui qui croit au ciel comme pour celui qui n'y croit pas.Un ouvrage indispensable pour comprendre les enjeux de la souveraineté nationale dans son rapport au phénomène religieux en Occident.Entretiens menés par Bertrand Renouvin Économiste, Jacques Sapir est l'un des penseurs reconnus de lasouveraineté. Il a publié aux Éditions du Cerf L'Euro contre la France, l'euro contre l'Europe (2016).Philosophe, Bernard Bourdin est un des plus grands spécialistes de la théologie politique. Il a publié aux Éditions du Cerf Le Christianisme et la question du théologico-politique (2015).
Considérer que l'Etat moderne a d'abord une configuration théologico-politique peut apparaître anachronique, tant ce concept est désormais très lié à sa formation démocratique et libérale. La controverse qui éclate entre Jacques Ier et le cardinal Bellarmin après l'attentat manqué contre le roi en 1605, témoigne magistralement d'un double contentieux, poltique et ecclésiologique, pour savoir qui détient la souveraineté absolue de droit divin, le roi ou le pape ? Sa résonance en France est capitale, en témoignent l'assassinat d'Henri IV et les Etats généraux de 1614. La maîtrise politique d'une société sur elle-même implique un Etat souverain écartant toute ingérence étrangère, y compris au nom du salut des âmes. Thomas Hobbes accréditera philosophiquement cette thèse.