Aurore Mréjen
Aurore Mréjen
En 1995, lors d'un périple d'un mois en Tunisie pour actualiser le Guide Bleu, un rédacteur se retrouve pris, à la frontière algérienne, entre les mailles d'un groupe de jeunes rebelles qui voient en lui une proie inespérée. Va-t-il leur échapper, s'adapter à ce brusque changement de cap qui le scotche au seuil d'un épisode de bascule ? L'auteur, en s'appuyant sur d'autres situations à forte tension, dissèque les coulisses d'un tel instant crucial et les ressorts conduisant, quand le choix n'est plus une option, à un supplément d'âme. Ce faisant, il dresse un portrait bienveillant du pays du jasmin tout en faisant découvrir les coulisses du travail d'un rédacteur « de terrain ». Le récit, avec une dramaturgie grandissante au fil des pages, nous ramène à ces instants de vie où tout a, ou aurait pu, vaciller en une fraction de seconde. Les routes toutes tracées n'existent pas.
Née en 1906 à Hanovre dans une famille juive, Hannah Arendt fuit l'Allemagne nazie en 1933 pour se réfugier à Paris avant d'émigrer aux États-Unis en 1938. Des Origines du totalitarisme (1951) à Eichmann à Jérusalem (1963), elle tente de comprendre le mal totalitaire et ce qu'elle appelle la fabrication de la superfluité humaine. Sa réflexion, toujours soucieuse de partir de l'événement et d'y rester liée, appréhende la destruction de l'humain tout en interrogeant l'expression de sa singularité, non seulement par l'action et la parole dans l'espace public, mais aussi à travers les activités de penser et de juger, révélatrices de la personne morale. Dans le contexte de rupture du fil de la tradition, Arendt examine les crises caractéristiques de la société moderne et l'évolution des activités humaines ayant conduit notamment à favoriser le travail et la consommation au détriment de l'action, qu'elle décrit comme incarnation de la liberté dans l'espace public. Cet ouvrage propose d'explorer les dimensions politique et morale de la pensée d'Arendt, qui demeure d'une grande actualité pour comprendre nos sociétés contemporaines.
Comment les réflexions d'Arendt sur la condition humaine peuvent-elles nous aider à comprendre la société dans laquelle nous vivons ? Hannah Arendt est l'une des plus importantes philosophes du XXe siècle. Elle a analysé les événements de son époque : les totalitarismes, la crise des droits de l'homme, le phénomène du mal absolu ou encore la société de masse moderne. Ses réflexions politiques ont été déterminantes et contribuent aujourd'hui encore à penser le monde dans lequel nous vivons. En suivant sa biographie, cet ouvrage analyse son oeuvre, des Origines du totalitarisme, livre publié en 1951, à La Vie de l'Esprit (1978). Une excellente façon de comprendre la pensée politique d'Arendt.
Mon visage, est-ce moi ? Des photos d'identité à la reconnaissance faciale, tout semble indiquer que c'est bien dans le visage que notre identité transparaît. Pourtant, cette supposée évidence est le fruit d'une longue construction sociale et culturelle. À partir du XVIe siècle, avec l'émergence du concept d'individu, le visage devient l'emblème de la singularité, le miroir des émotions. D'aucuns prétendent pouvoir y lire le caractère ou la criminalité future d'un individu. Alors que ces théories sont aujourd'hui largement disqualifiées sur le plan scientifique, elles n'en demeurent pas moins fermement ancrées en nous. Mais que deviennent ces certitudes lorsque le visage est défiguré, greffé ou transformé ? Est-il toujours si facile d'y trouver les traces d'une identité ? En croisant la pensée de Lévinas avec l'histoire, la photographie ou le cinéma, Aurore Mréjen examine la signification du visage et la façon dont il nous appelle dans la rencontre avec autrui.