Aurelie Lanctot
Aurelie Lanctot
Et si la justice féministe devait se libérer de la violence de l’État ? Personne ne s’excusera interroge notre dépendance au système pénal et propose des voies de réparation radicalement nouvelles.
Le féminisme est à la mode. Par l'intermédiaire de vedettes affichant fièrement leurs couleurs ou encore par le biais du mouvement «#AgressionNonDénoncée», il s'impose à nouveau dans l'espace public et médiatique. Mais ces deux phénomènes répondent-ils de la même logique? Entre la démocratisation longtemps souhaitée de la pensée féministe et sa simple récupération marchande, il persiste une tension difficile à désamorcer.
Quelque part en 2015, chacun de notre côté, puis petit à petit, ensemble, nous, les signataires de cet ouvrage, avons commencé à sentir le besoin de convoquer quelque chose comme une tempête publique - pour défiger l'air du temps un peu. Nous souhaitions entendre tous ceux qui avaient envie de chercher avec nous comment se sortir de cette ankylose. Comment danser sur nos embâcles. Cela a donné la tournée «Faut qu'on se parle», lancée à l'automne 2016 et dont le succès a dépassé toutes nos attentes. Pas moins de 166 assemblées de cuisine, et 18 consultations publiques, qui ont réuni des milliers de Québécois. Qu'est-ce que vous nous avez donc tant raconté, pendant ces jours gris d'automne où nous avons sillonné les routes du Québec pour aller à votre rencontre dans vos cuisines, dans vos salons, dans ces salles communautaires que vous avez ouvertes tout grand pour nous? Vous nous avez confié de grandes, mais surtout de petites choses. Et le miracle tient à la prodigieuse simplicité de ce qui vous tient à coeur : continuer d'être, ensemble, ici. Juste ça. Mais tout ça. Voilà ce que raconte ce livre. En somme, vous nous avez dit ceci : ne renonçons ni à ce que nous avons été ni à ce que nous sommes, et surtout ne renonçons pas à nous battre pour ce que nous pouvons encore devenir. Ne renonçons à rien.