Antoinette Dilasser
Antoinette Dilasser
Années, laps de temps qui sépare la mort de Julien, mon père, et celle de Marie, ma mère. Encadré par ces deux bornes. Comme si ces morts m'avaient payé je ne sais quel ticket d'entrée, ou de naissance. Passer entre ces morts-là, les dates de ces morts, et les morts eux-mêmes, dressés comme des veilleurs, pas forcément tutélaires, à l'entrée de là où il faut s'engager, où il faut de toute évidence aller voir. Remonter le temps, réveiller jusqu'aux vieux visages à peine discernables, sauver les bribes de mémoire en danger de perte. Dire ce qui s'est passé, ne pouvoir s'en arracher avant d'avoir fini, et mis un semblant d'ordre dans ce qui en a peu, vies illogiques comme ce qui est vrai, absurdes, mal ficelées, mais qui ont, à l'opposé de la fiction, cette qualité stupéfiante d'avoir été.
Bruno Derrien, dont le best-seller A bas l'arbitre (janvier 2009) a fait l'effet d'une bombe, s'amuse à compiler les déclarations ironiques, piquantes ou décalées, voire cyniques du a petit monde de l'arbitrage, actuellement en grande crise du sifflet. Il le fait avec humour, ne s'épargnant pas lui-même au passage. Vous trouviez les arbitres incompétents, les joueurs grossiers, les entraîneurs aussi énervants qu'énervés, les présidents discourtois, les journalistes impertinents ? Ce Bêtisier répond à vos impressions de tribunes ou de vestiaires. Dernière perle, au coeur des conflits qui agitent les hommes en noir : celle de Frédéric Thiriez, président de la Ligue (LFP) s'adressant au syndicat des clubs professionnels (UCPF) : " Messieurs, nous sommes entre nous, l'arbitrage, c'est la chienlit. " (L'Équipe, 22 septembre 2009)