Anne Gotman
Anne Gotman
Si la volonté de ne pas engendrer, attestée depuis l'Antiquité, n'est pas inédite, le choix de ne pas avoir d'enfant a ceci de moderne qu'il est désormais socialement accepté, assumé et même revendiqué comme tel. Loin de se penser comme des femmes et des hommes singuliers ou marginaux, les sans-enfant proactifs considèrent en effet qu'ils sont au centre d'une rationalité proprement contemporaine fondée sur le libre choix et dont ils représenteraient l'avant-garde. Érigé en cause, le choix de ne pas avoir enfant ni descendance n'est pourtant pas univoque, et les aléas de l'inscription généalogique y ont toute leur part. Comme y ont aussi leur part les valeurs libérales dont se réclament des hommes et des femmes à la fois résolus à soulager la planète de son excédent démographique et à s'affranchir de toute obligation intergénérationnelle. Qu'ils soient décidés de tout temps à ne pas avoir d'enfant ou qu'ils se découvrent à l'âge adulte dépourvus d'attirance pour la vie de famille, on se demandera qui sont les sans-enfant volontaires, ce qu'ils ont de commun, quelles sont leurs raisons, ce qu'ils nous disent de la société contemporaine et ce qui fait de ce choix une détermination à ne pas perpétuer l'espèce humaine.
On entend régulièrement parler d'un « retour du religieux », mais qu'en est-il en réalité ? Qu'en est-il des formes de vie et des motivations des personnes qui, sans être particulièrement dévotes, demeurent attachées à leur religion et à ses traditions ? Au travers d'une enquête sociologique aussi sensible que minutieuse, Anne Gotman dresse les portraits d'une dizaine d'hommes et de femmes de confession catholique et juive dont les degrés d'adhésion et de fidélité religieuses sont d'intensité variable - plus souvent faible et moyenne que forte - mais dont les opinions religieuses ont une relation directe avec leur conduite quotidienne et leurs priorités intellectuelles effectives ; des personnes ayant décidé à un certain point que la spiritualité en tant que quête valait la peine d'être activement poursuivie, en y consacrant le temps et l'énergie jugés nécessaires. Nous découvrirons dans ce livre non seulement « ce que la religion fait aux gens » mais aussi, et surtout, ce que les gens eux-mêmes en font. Car, à l'âge séculier qui est le nôtre, les personnes religieuses ne croient plus naïvement mais savent désormais que leur croyance est une façon de voir qui se réfléchit sur d'autres façons de voir.
Bien que l'armée française soit l'institution en laquelle les Français ont le plus confiance, elle reste tout à fait mystérieuse voire secrète pour la plupart des citoyens. Depuis le début de la guerre en Ukraine, des craintes sont nées : nos hommes vont-ils eux aussi devoir se battre ? Il n'en a jamais été véritablement question, pourtant la question demeure dans certains esprits, mettant ainsi l'armée au centre de bien des questionnements. Or, que sait-on vraiment d'elle ? Comment est-elle composée ? N'est-il pas étonnant qu'elle fonctionne selon des valeurs inverses à celles de notre société ? Ce livre est une plongée passionnante dans un continent inconnu peuplé d'hommes et de femmes terriblement humains. Alors que le monde plonge dans une guerre, ce livre est un indispensable. Anne Gotman est sociologue, auteure, directrice de recherche émérite au Centre de recherche sur les liens sociaux de l'université Paris Descartes et du CNRS.
En donnant la parole à ceux qui ont vécu des expériences parfois extrêmes d'accueil de réfugiés, de personnes atteintes du sida ou encore de membres de l'entourage, l'ouvrage dévoile les rapports de sexe, de territoire, de pouvoir et d'identité qui se jouent entre hôtes, ainsi que les contradictions entre logiques privée, marchande, associative, ou d'Etat. Par la confrontation d'approches historique, littéraire et empirique, il révèle les multiples facettes politiques, psychologiques, sociologiques d'un phénomène peu exploré par les chercheurs en sciences sociales au coeur des problèmes sociétaux. SOMMAIREPremière partie : L'hospitalité, la communauté et ses étrangersI -- L'hospitalité, déclin ou histoire ? II - Hospitalité et inhospitalité, les frontièresDeuxième partie : L'hospitalité envers les proches et les règles de l'hospitalité privéeIII - L'asymétrie, entrée, séjour IV - La territorialisation de l'hôte V - Il y a toujours plus hospitalier que soi VI - L'hôte et le système domestique VII - L'hôte entre les relations familiales VIII - La production et la régulation des altérités IX - Le sens de l'hospitalitéTroisième partie : Un homme à la porte. L'hospitalité envers des inconnus X - L'hospitalité échouée des réfugiés du Kosovo XI - Expulser les Juifs de France ou l'hospitalité à reboursQuatrième partie : L'hospitalité, condition de l'urbanité XII - Définition d'un lieu de halte XIII - Les limites du modèleConclusion - Annexe méthodologique - Bibliographie
Affaire de famille et fait de société, l'héritage est une notion complexe : si la succession et la dévolution sont juridiquement encadrées, l'idée de transmission laisse percevoir les significations économique mais aussi politique ou sociale dont l'héritage est porteur. C'est un bien autant qu'un lien dont la valeur est matérielle et dont le sens relève d'un entrelacs de symboles culturels. En interrogeant la notion d'héritage dans ses dimensions, juridiques, socio-économiques ou encore anthropologiques, cet ouvrage souligne la permanence de cette institution qui, comme droit attaché à la naissance, contredit pourtant les valeurs égalitaires et méritocratiques des sociétés modernes.
L'hospitalité n'est pas seulement une valeur traditionnelle. Elle est aussi, dans le contexte municipal, un ensemble de pratiques plus ou moins codifiées, destinées à encadrer l'arrivée et le séjour de l'étranger, réglant ainsi les frontières de l'intégration. Ces pratiques, à la fois politiques, juridiques et sociales, s'adressent elles-mêmes non seulement aux étrangers stricto sensu (l'étranger national), mais à tout groupe, famille ou individu considéré comme « autre » en vertu de sa provenance, sa mobilité, sa culture ou sa religion. Où commence cette altérité ? En vertu de quelle légitimité est-elle ainsi définie ? Quel régime lui applique-t-on ? Quelles sont les contradictions et les conséquences de la division entre « ressortissants » et « non ressortissants », consubstantielle à la pensée d'État ? C'est en convoquant des approches disciplinaires diversifiées - en particulier historiques, sociologiques et juridiques - que le présent ouvrage entend clarifier ces questions pour percevoir, sous les logiques affichées, les ressorts normatifs de l'accueil des « étrangers » qui incombent aux municipalités, responsables de fait de la cohésion sociale.