Anne Dufourmantelle
Anne Dufourmantelle
Tout à la fois épopée initiatique et roman philosophique, cette oeuvre ultime d'Anne Dufourmantelle, magistrale et prémonitoire, nous mène aux confins du temps et de la terre. Deux quêtes s'y font écho, à des siècles de distance : quittant ses montagnes de l'Altaï, un roi mongol entreprend une expédition par-delà la Chine et l'océan Pacifique jusqu'aux rives de l'Equateur tandis que, de nos jours, un groupe de chercheurs, fasciné par son périple, tente d'en reconstituer le récit. D'un bord à l'autre du monde, entre le XIVè et le XXIè siècle, ce roman nous fascine, nous captive, nous trouble profondément, tel un rêve chargé de vérité.
Pour les tenants du New Age, les prouesses macroéconomiques auxquelles les États-Unis nous habituent ne sont pas le produit d'une politique habile, encore moins celui d'un hasard heureux : ils sont la preuve d'une profonde transformation industrielle et institutionnelle. Une double révolution - électronique et libérale - est venue élever significativement et durablement le potentiel de croissance et abolir définitivement les tensions cycliques. Faut-il vraiment, pour comprendre la faiblesse de l'inflation américaine ou l'importance des créations d'emplois, faire référence à un « nouveau paradigme » ? Constate-t-on effectivement l'accélération des gains de productivité annoncée par les prophètes du New Age ? Telles sont quelques-unes des questions que ce livre cherche à éclairer. Loin de conclure sur un péremptoire « A l'ouest, rien de nouveau », il montre que les changements les plus significatifs ne sont pas forcément les plus soulignés. Il insiste aussi sur les problèmes auxquels l'économie américaine est confrontée. La manière dont elle y fait face ne peut, en Europe au moins, laisser indifférent : dans une large mesure, ces problèmes seront aussi, demain, les nôtres.
Connaissez-vous l'histoire du monsieur qui préfère chercher ses clés à la lueur d'un réverbère parce que là il voit plus clair que dans les recoins obscurs où il les a perdues ? Ce monsieur, c'est vous et moi. Cherchant les clés de l'avenir, nous observons, fasciste la pâle clarté du lampion européen, détournant nos yeux du sud sombre et compliqué où bon nombre d'entre elles restent à trouver, pour le mieux et pour le moins bien. Nos pères étaient victimes de leurs idées courtes. Nous leur ressemblons. Incontournable leur paraissait la ligne Maginot, « incontournable » nous paraît la dernière idéologie, celle du « tout Europe ». Pour la servir, les Français ont revêtu leur costume national, fait de probité candide et de lin blanc, si seyant pour leur angélisme. Qu'il est doux de laisser les autres décider pour nous, agréable de jouer franc jeu sans observer si les cartes ont été biseautées, reposant de suivre des élites cooptées sans s'interroger sur leur culture, leur civisme ou leur clairvoyance ! Simpliste et arrogant, le modernisme en vogue est-il le mot de la fin, la voie unique pour l'avenir des nations ? Allons-nous, au contraire, vers des carrefours enchevêtrés à la signalisation brouillée ? Que nous réserve l'époque postmoderne ? Sur cette époque, le lecteur disposera sans doute, le livre refermé, d'amorces de réflexion propres à faire sauter quelques idées reçues. À lui de juger, et par lui-même.
« Les grands incendies sont une espèce en voie de disparition. Ils se propagent à la vitesse du vent et de la nuit. Leur souveraineté soumet l'espace. Pareils aux météorites et au désir, leur dangerosité, leur degré de combustion, leur trajectoire sont imprévisibles.Dévastation. Régénération.Nous sommes de même nature ; des feux. » Thriller psychanalytique, roman initiatique, histoire d'une passion, quête de soi, labyrinthe de mensonges et de faux-fuyants, de souvenirs écrans, ce suspense qui emprunte les arcanes de l'analyse nous mène de Brooklyn jusqu'aux confins du Caucase à la poursuite d'une mystérieuse disparue.Le premier roman de l'auteur de En cas d'amour et de Défense du secret nous fascine et nous trouble jusqu'au vertige.
On se hisse à mains nues au-dessus des remblais, et là, vertige. Le rêve commence. Le rêve a ce pouvoir d'annoncer ce qui arrive, et de mettre entre nos mains la possibilité d'y répondre. S'ouvrir à l'intelligence du rêve, à sa promesse, c'est d'abord le distinguer du fantasme et de ses dédales, c'est surtout l'envisager comme une révélation intime, le signe d'une possible liberté qui advient par la voie du désir. L'auteur interroge aussi les figures symboliques de l'ange, du génie poétique et du daimôn, mesagers de la parole comme le rêve l'est de notre plus secrète identité.
De l'hospitalité fut à l'origine de cet échange, et d'abord un oui à l'invitation. Anne Dufourmantelle assiste au séminaire de Jacques Derrida. Il y traite de l'hospitalité, justement, mais aussi de l'hostilité, de l'autre et de l'étranger, comme de tout ce qui aujourd'hui arrive aux frontières. Sensible à l'actualité des thèmes, à la force et à la limpidité du langage, Anne Dufourmantelle invite le philosophe à lui confier deux séances datées. On pourra suivre ainsi le rythme insolite, tour à tour patient ou précipité, d'un enseignement gardé intact. Sont médités, comme en aparté, de page en page, des griefs, des plaintes et des souffrances de notre temps. Le séminaire leur donne quelques noms : Antigone en 1996 ou le deuil impossible, oedipe à Colone et les « télétechnologies », E-mail ou Internet, le procès de Socrate et les funérailles de Mitterrand à la télévision, la guerre et le marché des langues, les butées de la citoyenneté, la machine policière, l'interruption du chant, l'interception de la parole.
"En réunissant ici les chroniques qu'elle a données à Libération, on donne à tous les lecteurs la possibilité de voir comment la psychanalyste et la philosophe a su, dès leur apparition symptômale, déceler les pathologies, les travers, les difficultés que connaît une société, et qui pour se révéler empruntent parfois les voies les plus inattendues." (Robert Maggiori) Toutes les chroniques qu'Anne Dufourmantelle a écrit pour Libération (2015-2017) présentées par Robert Maggiori. Du Taser, à la valeur du travail, des Pokemon ou l'art de l'enfance, on retrouve toute l'acuité et la subtilité qui ont fait son succès.
Une réflexion essentielle sur le rôle et la place des femmes avant, maintenant et après... On a sacrifié les femmes au nom d'à peu près tout : morale, religion, politique, amour, maternité... Malgré les discours d'émancipation, persistent viols, harcèlements, sévices conjugaux, interdits et humiliations. Le destin de la féminité en Occident serait-il sacrificiel ? En témoignent ces grandes héroïnes qui foisonnent dans les textes fondateurs de notre culture. Elles ont pour nom Iphigénie, Hélène, Juliette, Iseut ou encore Jeanne d'Arc. De quelle façon ces figures emblématiques influencent-elles notre inconscient ? Dans un essai de mythologie quotidienne, Anne Dufourmantelle interroge ces destins spectaculaires en les confrontant à ceux, anonymes, parfois tragiques, de nos amies, soeurs, voisines, ces femmes inconnues croisées tous les jours dans la rue... D'une écriture subtile, elle approche la secrète texture de nos névroses et déploie la dramaturgie, aussi énigmatique que salvatrice, d'une véritable érotique du sacrifice au féminin.
Une réflexion essentielle sur le rôle et la place des femmes avant, maintenant et après... On a sacrifié les femmes au nom d'à peu près tout : morale, religion, politique, amour, maternité... Malgré les discours d'émancipation, persistent viols, harcèlements, sévices conjugaux, interdits et humiliations. Le destin de la féminité en Occident serait-il sacrificiel ? En témoignent ces grandes héroïnes qui foisonnent dans les textes fondateurs de notre culture. Elles ont pour nom Iphigénie, Hélène, Juliette, Iseut ou encore Jeanne d'Arc. De quelle façon ces figures emblématiques influencent-elles notre inconscient ? Dans un essai de mythologie quotidienne, Anne Dufourmantelle interroge ces destins spectaculaires en les confrontant à ceux, anonymes, parfois tragiques, de nos amies, soeurs, voisines, ces femmes inconnues croisées tous les jours dans la rue... D'une écriture subtile, elle approche la secrète texture de nos névroses et déploie la dramaturgie, aussi énigmatique que salvatrice, d'une véritable érotique du sacrifice au féminin.
Une psychanalyse est une enquête risquée, sans assurance d'arriver jamais au terme de la recherche. Pas de certitude d'être dans la vérité d'une origine ni de résolution définitive à l'angoisse. Et pourtant il est question de se trouver. Une trouvaille pareille à nulle autre. Parce qu'il faut du courage pour l'entreprendre, et parce qu'il y a de la douceur aussi dans le cheminement de cette rencontre avec soi. À partir des souffrances et des angoisses mais aussi des espérances que notre société entretient, Anne Dufourmantelle répond aux questions de Laure Leter. Ce dialogue passionnant explore de nombreuses situations cliniques et les nouvelles maladies de l'âme, comme la fatigue, la solitude affective, l'angoisse, les insomnies... Comment la psychanalyse, tant décriée aujourd'hui, peut-elle encore nous aider à moins souffrir ? En quoi peut-elle donner du sens à ce que nous vivons ?
Tout doit-il être montré, dit, vu ? Face à la tyrannie de la transparence, l'auteur d'Éloge du risque et de Puissance de la douceur propose une apologie du secret comme dernier rempart de l'intimité, un lieu de renaissance toujours possible : celui de l'intériorité du sujet, son for intérieur.
Blind date... se dit d'un rendez-vous à l'aveugle entre deux êtres susceptibles de s'aimer, organisé par un autre qui les connaît tous deux et ne sera pas là. La philosophie... commence avec l'étonnement (Aristote), se déclare science de l'être, s'espère soin de l'âme, s'étymologise amour de la sagesse, se voudrait éducation spirituelle, se rectifie en logique des propositions, s'attarde dans les manuels scolaires, s'écrit dans toutes les langues mais ne penserait qu'en une seule, s'éteint doucement. Le sexe... finit quand il faut s'expliquer, ne se commente qu'en disparaissant, bouleverse toute scénographie qui voudrait en isoler les effets, est là partout, tout le temps, manque partout, tout le temps. Le rendez-vous fut pris, dit-on, il y a trois mille ans. Officiellement du moins. Fut sans cesse reporté depuis.
Toute mère est sauvage. Sauvage en tant qu'elle fait serment, inconsciemment, de garder toujours en elle son enfant. De garder inaltéré le lien qui l'unit à son enfant dans cet espace matriciel à laquelle elle-même, petite, fut livrée. Ce serment se perpétue ainsi, secrètement, de mères en filles et en fils, jusqu'à l'étouffement et parfois même le meurtre, si de la différence ne vient pas en ouvrir le cercle, et briser l'enchantement. C'est ce serment, que doit rompre l'enfant pour devenir lui-même, accéder à sa vérité, son désir. Le risque qu'il affronte, pour pouvoir aimer, c'est d'abandonner la mère à la mélancolie et de traverser la peur d'être lui-même abandonné. Comment des individus exposés avec une violence particulière à cette sauvagerie s'en sortent-ils ? Pourquoi la parole et l'écoute psychanalytique peuvent elles ouvrir un nouvel espace de vie chez ces êtres menacés d'ensevelissement ?